Fidèle compagnon des sorcières, le crapaud, au corps ventru couvert de verrues, évoque la laideur, les lieux humides et les marécages sombres et hantés. Il a le jour en horreur et vit ordinairement dans les lieux ombragés où il peut facilement se dérober à la clarté. Il passe l’hiver tapi sous des vielles pierres, dans des trous qu’il creuse et dans les fentes des rochers. Fort commun dans nos jardins, il fait bonne guerre aux cloportes, aux limaçons, aux mouches et aux cousins. Souvent, on le trouve à l’ombre de la sauge et de la ciguë dont il est friand. Quand on le surprend, il se gonfle aussitôt de l’air qui l’environne et lance des sucs fétides dont il est imbu. Principal ingrédient des potions magiques, le crapaud était considéré, autrefois, comme une créature mortifère. Cependant, les sorcières prenaient grand soin de ce démon familier qu'elles nourrissaient de leur propre main. Elles l’accoutraient d’un habit de velours vert et le paraient de clochettes pour aller danser les nuits de pleine lune. Toujours posé sur leur épaule gauche, cet animal que le diable en personne baptisait le jour du sabbat, assistait ces dernières dans la préparation de toutes sortes de maléfices. En effet, cette bête venimeuse, à la peau garnie de pustules, sécrète un fluide que les sorcières connaissent bien. Les propriétés de cet élixir batracien étaient employées dans la composition de l’onguent de vol qui leur permettait de rejoindre le sabbat. Au moyen-âge, on attribuait à ce « poison de crapaud » un grand nombre de crimes et d’empoisonnements. On dit qu'un crapaud séché, placé dans un pot enterré dans un champ, provoque la pluie et protège les récoltes des tempêtes et des vents mais déchaîne, parfois, des pluies de crapauds ! Capable de cracher son venin à la figure du vilain qui le tourmente, cet amphibien infernal peut faire évanouir celui qui le regarde fixement dans les yeux. Toutefois, cette créature hideuse peut se révéler, quelquefois, être un merveilleux prince charmant. Le crapaud doit être alors embrassé afin que le sort soit dissipé !

Kunstformen der Natur 1904 - Batrachia by Ernst HaeckelKunstformen der Natur, 1904 - Batrachia by Ernst Haeckel.

Die Gartenlaube_1873_The Garden ArborBild aus Seite 133 in "Die Gartenlaube".
Image from page 133 of journal Die Gartenlaube, 1873.

Selon Hildegarde de Bingen dans "Le livre des subtilités des créatures divines" : "Le crapaud a en lui une grande chaleur et une grande âcreté ; semblable aux vents dangereux qui accompagnent les éclairs, le tonnerre et la grêle, il a, dans sa verdeur, une sorte d'habileté diabolique. Il cherche à demeurer dans la terre et sous la terre : il cherche à rester à proximité de l'homme, et parfois se tient tout près de l'homme, véritable danger pour celui-ci..." 


Magie Verte, les herbes et les arbres enchantés


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