Autrefois, dans les terres de Carthée, errait un cerf fameux d’une extraordinaire beauté dont la tête s’ombrageait d’une haute ramure et de cornes dorées. Une étoile d’argent, retenue par des liens légers, ornait son large front. Sur son encolure flottait un collier resplendissant d’or et de pierreries et des anneaux délicats lui battaient les tempes quand il courait à travers champs. Enlevé à sa mère dès le plus jeune âge, ce cerf était consacré aux nymphes qui le chérissaient tendrement. Affranchi de toute peur, il côtoyait les humains et se laissait caresser docilement par leurs mains. Cependant, qui l’aima plus que le jeune Cyparisse ? Ce bel adolescent, favori d’Apollon, prenait grand soin de l’animal en peignant chaque jour son poil fauve, couronnant ses bois de fleurs fraîches et parfumées. Monté sur sa croupe, il le menait se désaltérer dans les ondes claires et limpides et paître dans les prés les plus verdoyants. Un jour pourtant, pendant les grandes chaleurs de l’été, le cerf chercha un peu de fraîcheur à l’abri d’un bois sombre pour goûter le repos et l’ombre. L’imprudent Cyparisse, voyant bouger les broussailles, lança un trait acéré et transperça par mégarde le cerf tant aimé. Voyant sa méprise, il souhaita se tuer lui-même. Il eut tant de regret qu’il pria les dieux de rendre sa douleur et ses larmes éternelles. Ses pleurs intarissables épuisèrent son corps livide et ses membres peu à peu verdirent, ses longs cheveux brillants qui tombaient en boucles sur son front se hérissèrent soudain et s’élevèrent en pointe vers le ciel. Témoin de cette métamorphose, Apollon plein de tristesse, regarda une dernière fois son ami et dit : « O toi que j’ai perdu ! Sois à jamais le symbole du deuil et l'arbre des regrets ». Depuis ce temps, le cyprès qui élance ses rameaux plaintifs dans les airs est devenu l’emblème de la mort et de la tristesse et sert d’ombrage aux tombeaux.

Cyparisse et son cerf - Gravure de Bernard Picart
Cyparisse et son cerf - Fables choisies tirées des Métamorphoses d'Ovide, 1878 - Gravure: Bernard Picart.


Magie Verte, les herbes et les arbres enchantés


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