Scylla était autrefois une nymphe aimable qui inspirait de tendres sentiments à une foule de soupirants. Cependant, elle préférait se retirer dans son antre et se divertir en compagnie des néréides qui la chérissaient. Glaucus simple pêcheur, déposa, un jour de prise abondante, ses poissons sur le gazon du rivage. Aussitôt à terre, les poissons s'en retournèrent promptement dans la mer. Etonné de ce prodige, il goûta quelques brins de l'herbe enchantée et se sentit subitement attiré par l’onde profonde. Son corps se couvrit alors d'algues, se dépouilla peu à peu de son essence mortelle et se dota d'une queue de poisson. Glaucus prit l’aspect d’un vieillard à l'épaisse chevelure blanche et à la barbe humide. Ce nouvel habitant des eaux fut accueillit par Poséidon qui le compta parmi les divinités de l'Océan. Un jour pourtant, Glaucus aperçut la belle Scylla près de son rocher et l'admira. Touché par une indicible passion, il lui déclara son amour. Insensible, la nymphe le méprisa et s’enfuit dans son antre. Furieux et blessé, il se rendit au palais de Circé en implorant la déesse de rendre Scylla sensible à sa tendresse. Cependant, la redoutable magicienne s’enflamma pour ce nouveau dieu de la mer et lui conseilla d’oublier Scylla, mais Glaucus resta sourd aux avances de Circé. La déesse offensée se vengea cruellement en versant un poison dans l'eau où Scylla avait coutume de se baigner. A peine la nymphe mit-elle un pied dans la mer que tous ses attraits soudain disparurent. Son corps s’arma de douze bras aux griffes acérées. Sa taille s’entoura de six têtes de chiens aux gueules béantes pourvues de dents pointues et sanguinolentes. Effrayée d'elle-même, Scylla se précipita dans la mer et se transforma en un dangereux rocher où les vagues déferlent et s’écrasent dans un bruit assourdissant. Depuis ce jour, elle devint un terrible fléau qui épouvante les dieux et les mortels et fait trembler les nautoniers les plus chevronnés. Du creux de son rocher, elle sort ses horribles têtes et avale tous les vaisseaux et matelots qui passent près d’elle ! En face du rocher de Scylla, se trouve un abîme tumultueux nommé Charybde. Cette fille de Poséidon et de Gaia, fut foudroyée et métamorphosée en gouffre par Zeus pour avoir oser dévorer quelques bœufs du troupeau d’Héraclès. On dit que dans sa soif sans cesse renaissante et son appétit sans fin, la divine Charybde engloutit l’onde noire qui s'enfonce dans son abîme tournoyant, pour la vomir dans de terribles mugissements. Ces deux monstres marins qui habitent de part et d'autre du détroit de Messine entre Sicile et Italie, évoquent les courants impétueux des marées qui s’engouffrent en tourbillons rapides entre les rochers de cet étroit passage si célèbre par ses naufrages. Les marins qui s'aventurent sur ces périlleux rivages et tentent avec effroi d’échapper au gouffre écumant de Charybde, tombent assurément dans les bras dévorants de Scylla !

Le proverbe Tomber de Charybde en Scylla, usité chez les anciens, signifie tomber d’un péril dans un autre.

Glaucus et Scylla
Glaucus et Scylla - François Chauveau - 3e quart 17e siècle 


Magie Verte, les herbes et arbres enchantés


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