Le chaudron était, il y a bien longtemps, un instrument de sacrifice et de divination. On prédisait les destinées et les événements futurs selon la couleur de la mixture ou de son évaporation, et parfois même, selon la coagulation du sang des pauvres victimes. Depuis, les sorcières usent de cet objet magique pour leur cuisine maléfique et leur ragoût diabolique. C’est ordinairement dans une marmite de fer, de cuivre ou de fonte posée sur trois pieds qu’elles composent un brouet nauséabond fumant à gros bouillon pour accomplir toutes sortes de malédictions. Sur un feu ardent, à la lueur des éclairs, elles agitent l’infâme liquide avec de longues cuillères de fer et mêlent des herbes magiques, des crapauds gonflés de venin, des plumes de hibou, une aile de chauve-souris, des papillons de nuit, des entrailles de loup, des cornes de démons et mille autres horreurs encore ! Pour ensorceler le redoutable breuvage, elles entonnent une noire et mystérieuse prière au son du tonnerre et tournent autour de la chaudière en invoquant Hécate, la terrible déesse de la nuit et des arts de la magie. Apparaissent alors, dans les épaisses vapeurs, des spectres terrifiants et des esprits malfaisants aux formes étranges qui rejoignent l’horrible festin. Puis, dans une course folle, les sorcières quittent leur cuisine infernale pour s’envoler dans l’horreur de la nuit qui se remplit de monstres et de mauvais génies. Chevauchant leur balai, elles se rendent au sabbat et se livrent à leurs ébats jusqu’à une heure matinale avec tous les esprits du mal !

Cuisine des sorcières - Jacques de Gheyn le jeune 1565-1629
Cuisine des sorcières - Jacques de Gheyn le jeune, 1565/1629.


Magie Verte, les herbes et les arbres enchantés


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