Le feu des étoiles commence à pâlir ;  
la Nuit dans ses voiles court s'ensevelir.  
L'ombre diminue, et comme une nue 
S'élève et s'enfuit : le Jour la poursuit ;  
Et par sa présence, chasse le Silence, 
Enfant de la Nuit...  
Mais déjà l'Auroredu feu de ses yeux 
Embellit et dore les portes des Cieux...  
Le dieu du reposcouvert de pavots
Remonte avec peine sur son char d'ébène.  
Dans les airs portés, 
Les aimables songessuivis des mensonges, 
Sont à ses côtés... 

Art poétique de Boileau, & divers morceaux choisis de poésie française

L'Aurore vers 1755-56 - Jean-Honoré Fragonard
L'Aurore vers 1755/56, Jean-Honoré Fragonard.