Moins léger que le feu, mais plus léger que l'onde,
Le fluide des airs environne le monde.
C'est là qu'il suspendit les nuages mouvants,
La foudre, effroi de l'homme, et l'empire des vents.
Mais celui qui des airs leur a livré les plaines,
Asservit à des lois leurs bruyantes haleines ;
Et rendant leur discorde utile à l'univers,
Relégua chacun d'eux en des climats divers.
L'impétueux Borée envahit la Scythie ;
L'Eurus oriental régna sur l'Arabie :
Les bords où le soleil éteint ses derniers feux,
Echûrent à Zéphyr ; et l'Autan nébuleux
Souffla sur le Midi la pluie et les orages.
Par-delà le séjour des Vents et des nuages,
S'étend dans l'empyrée un espace azuré
Où nage de l'Ether le fluide épuré.

Les métamorphoses d'Ovide, livre premier, Les Vents.

Les Vents tumultueuxKupferstich (1795) von Tommaso Piroli (1752 – 1824) nach einer Zeichnung (1793) von John Flaxman (1755 – 1826).