Fille de la fée Prussine et d’un roi d’Albanie, Mélusine fut condamnée par sa mère, pour une faute ancienne, à se métamorphoser en serpent dans la partie inférieure de son corps un certain jour de la semaine, et d’être fée jusqu’au jugement dernier. Cette malédiction ne pouvait être levée que si elle trouvait un homme qui consentit à l’épouser et qui ne puisse jamais la voir sous cette forme. Dans une forêt, près de la fontaine des fées, le Chevalier Raimondin rencontra Mélusine. Sa beauté lui fit forte impression et il lui déclara son amour et sa passion. L’enchanteresse enchantée l’épousa en lui faisant promettre de ne jamais chercher à la voir le samedi du lever au coucher du soleil. Ils eurent une grande et illustre famille et c’est de Mélusine que tous les seigneurs du château de Lusignan tireront leur origine. Un jour pourtant, tourmenté par le démon de la curiosité, Raimondin oublia son serment. Il pénétra dans l’endroit secret où Mélusine prenait son bain et découvrit sa longue queue de serpent. Epouvanté devant ce prodige, Raimondin vit Mélusine qu’il aimait tant, s’élancer dans les airs et disparaitre à tout jamais sous la forme d’un serpent. La malédiction maternelle s’accomplit, Mélusine restera mi-femme, mi-serpent et fée pour l’éternité. Cependant, on assure qu’elle fait des apparitions funestes sur la plus haute tour du château de Lusignan qu’elle avait bâtit d’un coup de baguette magique. Ainsi, on entend les soupirs lugubres et les cris effroyables de Mélusine trois jours avant le trépas qui menace ses descendants. On raconte encore aujourd’hui qu’au milieu des nuits orageuses, on peut apercevoir l’ombre de Mélusine et entendre ses pleurs quand elle vient revoir son antique et belle demeure. Depuis ce temps, on attribue à cette aimable fée la production des orages et des nuées. Quand le vent souffle en tempête la nuit, c’est Mélusine qui pleure ses enfants !

Mélusine en son bain épiée par son époux RaimondinMélusine en son bain, épiée par son époux
Roman de Mélusine par Jean d'Arras. Manuscrit enluminé, XVe siècle.
Bibliothèque nationale de France, Manuscrits.
© Bibliothèque nationale de France


 Magie Verte, les herbes et les arbres enchantés 


Ces œuvres sont protégées par une certification CLEO qui confère à son auteur une date de création certaine sur son œuvre. Une signature numérique atteste de cette antériorité. Elle est soumise aux dispositions du Code de la Propriété Intellectuelle. Toute reproduction ou représentation totale ou partielle doit faire l'objet d'une demande d'autorisation auprès de l'auteur. Concept et titres déposés et enregistrés à l'INPI : Institut National de la Propriété Industrielle.