Elles président aux arts, à l’éloquence et à la poésie, chantent les merveilles de la nature et réjouissent la cour céleste par la douceur de leurs mélodies. Elles célèbrent les louanges des dieux et les exploits des héros. On peint les Muses, jeunes, belles et modestes, agréablement vêtues et couronnées de fleurs. Elles se plaisent dans la solitude des lieux élevés. Leurs demeures favorites sont le Parnasse, le mont Hélicon et le Pinde. Dans ces lieux, environnés de palmiers et de lauriers, elles puisent l’enthousiasme et le génie dans le frémissement des sources et des fontaines aux eaux argentées qui leur sont consacrées. Apollon, dieu de la lyre, préside à leur assemblée, l’Amour et les Grâces habitent à leurs côtés. On prétend que le cheval ailé Pégase leur servait de monture. Ce coursier merveilleux fit jaillir d’un seul coup de sabot l’Hippocrène une source limpide où les poètes, dit-on, viennent chercher l’inspiration. Cependant, quiconque se hasardait à les défier dans leur art était sévèrement puni. C’est ainsi que les Sirènes furent toutes dépouillées de leur beau plumage par les Muses pour avoir osé témérairement leur disputer le prix du chant. Privées du don de voler, elles se réfugièrent dans la houle ténébreuse, non loin des écueils de Charybde et Scylla. Les orgueilleuses Piérides, neuf sœurs fières de leur nombre et de leurs talents, osèrent se comparer aux Muses et les défier au prix du chant. Vaincues, elles s’emportèrent en invectives contre leurs rivales. Les dieux les changèrent aussitôt en Pies. Sous cette forme nouvelle elles gardèrent leur incessant bavardage et leur vanité. Les anciens croyaient vivement à l’origine divine des élans d’inspirations poétiques et vouaient à ces divinités, si célèbres chez les poètes, un culte particulier. On les invoquait au début et à la fin de chaque chant. Aussi, des sacrifices leur étaient offerts dans plusieurs endroits de la Grèce, qui consistaient en libations d’eau, de miel et de lait. Ces filles de Zeus et de Mnémosyne, déesse de la Mémoire, étaient surnommées aussi Mnémosynides. On compte ordinairement neuf Muses :

Uranie la savante, est la muse de l’astronomie et de l’astrologie. Le front ceint d’un diadème au croissant argenté, elle est vêtue d’une robe d’azur parsemée d’étoiles brillantes. On lui donne un compas et un globe qu’elle semble mesurer, des  instruments de mathématiques sont épars à ses pieds. Elle est assistée des Ouranies, les nymphes célestes.

Dans son rapide essor, Uranie à nos yeux,
Dévoile la nature et le secret des dieux.*

Calliope est la muse de l’éloquence et de la poésie héroïque. Le front ceint d’une couronne d’or, d’une main elle tient une trompette et de l’autre un poème épique. A ses pieds on peut voir l’Iliade, l’Odyssée et l’Enéide. Calliope est la mère d’Orphée, poète et musicien qui subjuguait les plus insensibles et les choses inanimées par ses poésies et sa lyre enchantée. Les bêtes sauvages suivaient ses mélopées envoûtantes, les fleuves arrêtaient leur cours pour l’écouter et les Dryades quittaient leurs arbres qui, eux-mêmes, se penchaient pour entendre l’ivresse des accords qui sortaient de son instrument.

Calliope accordant sa lyre avec sa voix,
Eternise en ses vers d’héroïques exploits.

Clio, couronnée de lauriers, préside à l’Histoire. Elle tient dans ses mains une trompette et un livre. Elle tient parfois le plectre et le luth. Elle conserve le souvenir des actions des héros et des grands hommes.

Des empires divers, Clio chante la gloire ;
des rois, des conquérants elle assure la mémoire
.

Thalie préside à la comédie à l’épigramme et à la joie. Couronnée de lierre elle a l’air folâtre. Chaussée de brodequins, elle tient un casque à la main. Quelquefois un singe se tient à ses côtés, symbole de l’imitation satirique.

D’un spectacle agréable employant l’artifice,
Thalie en badinant, sait démasquer le vice.

Melpomène préside à la tragédie, elle chante des vers héroïques. Superbement vêtue, et chaussée de cothurnes, elle apparaît l’air sérieux tenant dans une main des sceptres et des couronnes et de l’autre des poignards.

Melpomène avec pompes étalant ses douleurs,
Nous charme en nous forçant de répandre des pleurs.

Erato préside aux poésies légères, aux chansons amoureuses et à l’élégie. Près d’elle se tient l’Amour avec une torche allumée. Couronnée de myrtes et de roses, elle tient dans sa main une lyre et de l’autre un archet.

Erato des amours célèbre les conquêtes,
Se couronne de myrte et préside à leurs fêtes.

Euterpe préside à la musique, inventrice de tous les instruments à vents, couronnée de fleurs, elle tient dans la main une flûte. A ses pieds sont posés des partitions de musique et des objets de son art.

Euterpe a de la flûte animé les doux sons,
Aux plaisirs innocents consacré ses chansons.

Polymnie préside à la poésie lyrique, au dithyrambe et aux chansons et passait pour avoir inventé l’harmonie. Vêtue de blanc et couronnée de pierreries, la main droite comme pour imposer le silence et la gauche armée d’un sceptre.

Polymnie a du geste enseigné le langage,
Et l'art de s'exprimer des yeux et du visage

Terpsichore vive et enjouée, préside à la danse. Couronnée de guirlandes, elle tient dans sa main une harpe ou un tambour au son duquel elle dirige ses pas en cadence.

Terpsichore excitée au bruit des instruments,
Joins à des pas légers de justes mouvements.
Agile, et surtout leste, elle embellit la danse,
Et se plaît d’en régler les pas et la cadence.

* Précis de mythologie grecque et romaine, contenant des quatrains par Georges Verenet, 1859.

The Dance of the Muses Joseph Paelinck BDThe Dance of the Muses, 1832 - Joseph Paelinck.


Magie Verte, les herbes et les arbres enchantés


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