31 décembre 2014

L’infâme bouillon des sorcières de Macbeth

ACTE IV. Scène 1. — Une caverne sombre : au milieu une chaudière bouillante Tonnerre. — Les trois Sorcières entrent. Prem. sorc. — Au loin, déjà, le chat tigré trois foisA miaulé comme un enfant qui pleure. Sec. sorc. — Le hérisson à la même heureA gémi dans le fond des bois ! Trois. sorc. — Il est temps, il est temps, l’heure sonne. Prem. sorc. — Tournons en rond autour du chaudron qui bouillonne,Jetons-y  le poison d’immondes intestins…Crapaud, qui dormant sous la pierreAs durant trente jours échauffé tes... [Lire la suite]

03 avril 2014

L'Anémone et la Violette

L'anémone, au port orgueilleux, Jetait un regard dédaigneux Sur la modeste violette ; Celle-ci n'était point coquette ; Sans faste elle exhalait la plus suave odeur, Premier grief aux yeux de la superbe fleur. Elle osait vivre sans envie Et n'étalait qu'une couleur,  Autre grief ; et puis elle était, fi ! L’horreur ! En liaison avec l'ortie.  Précisément, le maître du jardin  Vint ce jour-là visiter son domaine ;  L'anémone lui plut, il la cueillit sans... [Lire la suite]
07 mars 2014

Le Chat et le Renard

Le chat et le renard, comme beaux petits saints,           S'en allaient en pèlerinage.C'étaient deux vrais tartufs, deux archipatelinsDeux francs patte-pelus qui, des frais du voyage,Croquant mainte volaille, escroquant maint fromage,           S'indemnisaient à qui mieux mieux.Le chemin étant long, et partant ennuyeux,           Pour l'accourcir ils disputèrent.           La dispute est d'un... [Lire la suite]
24 janvier 2014

La conjuration des quatre. Oraisons des Sylphes, des Gnomes, des Ondins et des Salamandres

Oraison des Sylphes Esprit de lumière, esprit de sagesse, dont le souffle donne et reprend la forme de toute chose ; toi devant qui la vie des êtres est une ombre qui change et une vapeur qui passe ; toi qui montes les nuages et qui marches sur l'aile des vents ; toi qui respires, et les espaces sans fin sont peuplés ; toi qui aspires, et tout ce qui vient de toi retourne à toi : mouvement sans fin dans la stabilité éternelle, sois éternellement béni. Nous te louons et nous te bénissons dans l'empire changeant de la lumière créée,... [Lire la suite]
06 janvier 2014

Philomèle et Progné par Jean de la Fontaine

Autrefois Progné l’hirondelle De sa demeure s’écarta, Et loin des villes s’emporta Dans un bois où chantait la pauvre Philomèle. Ma sœur, lui dit Progné, comment vous portez-vous ? Voici tantôt mille ans que l’on ne vous a vue : Je ne me souviens point que vous soyez venue, Depuis le temps de Thrace, habiter parmi nous. Dites-moi, que pensez-vous faire ? Ne quitterez-vous point ce séjour solitaire ? Ah ! reprit Philomèle, en est-il de plus doux ? Progné lui repartit : Eh quoi ? Cette musique, Pour ne chanter qu’aux animaux, Tout au... [Lire la suite]
11 novembre 2013

Les Vents, terribles puissances de l'air

Moins léger que le feu, mais plus léger que l'onde, Le fluide des airs environne le monde. C'est là qu'il suspendit les nuages mouvants, La foudre, effroi de l'homme, et l'empire des vents. Mais celui qui des airs leur a livré les plaines, Asservit à des lois leurs bruyantes haleines ; Et rendant leur discorde utile à l'univers, Relégua chacun d'eux en des climats divers. L'impétueux Borée envahit la Scythie ; L'Eurus oriental régna sur l'Arabie : Les bords où le soleil éteint ses derniers feux, Echûrent à Zéphyr ; et l'Autan nébuleux... [Lire la suite]

18 octobre 2013

Le Matin

Le feu des étoiles commence à pâlir ;  la Nuit dans ses voiles court s'ensevelir.  L'ombre diminue, et comme une nue S'élève et s'enfuit : le Jour la poursuit ;  Et par sa présence, chasse le Silence, Enfant de la Nuit...  Mais déjà l'Aurore, du feu de ses yeux Embellit et dore les portes des Cieux...  Le dieu du repos, couvert de pavots, Remonte avec peine sur son char d'ébène.  Dans les airs portés, Les aimables songes, suivis des... [Lire la suite]
15 octobre 2013

Le Chaos, mélange ténébreux et mystérieux

Avant la terre, et l'onde, et l'océan des airs, Et le ciel étoilé, voûte de l'univers, La nature sans vie, indigeste, uniforme, N'était qu'un tout confus, où rien n'avait sa forme. On l'appela Chaos, mélange ténébreux D'éléments discordants et mal unis entr'eux. Le dieu dont la clarté donne la vie au monde, N'épanchait point les feux de sa chaleur féconde ; Et le cours de Phœbé ne réglait point les mois. La terre dans le vide, où la soutient son poids, N'était point suspendue ; et pressée autour d'elle, Thétis n'embrassait point les... [Lire la suite]
30 septembre 2013

La Coquetterie : séduction accompagnée d’un déguisement

Un auteur moderne l'a peinte en ces termes : « La Coquetterie porte une robe parsemée de clinquants ; sa démarche est vive et légère, comme celle de Flore, quand elle agace le Zéphyr sur l'émail des prairies. Le miel est sur ses lèvres minaudières, et l'absinthe dans son cœur. Tantôt ses yeux étincellent des éclairs séduisants du désir ; tantôt ils se couvrent des nuages d'une langueur touchante. Les agaceries animent quelquefois son teint du vif éclat des roses ; quelquefois il est coloré des douces nuances d'une... [Lire la suite]
14 décembre 2011

L’hiver à la chevelure blanche et glacée

La nature qui s’éveille, s’épanouit et meurt selon les lois des saisons, cache maintenant dans l’ombre sa triste nudité. L’obscurité à triomphé du soleil, l’hiver sombre et neigeux a envahi le monde, il faut braver les tempêtes et les vents. C’est le temps des glaces et des neiges, des sombres crépuscules où une froide torpeur envahit nos corps et s’empare de nos âmes. Mais pendant cette saison morte et tranquille, le long sommeil nécessaire et le silence viendront réparer et renouveler la terre qui porte en son sein l'alchimie de la... [Lire la suite]