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8 juillet 2017

Magie Verte, les herbes et les arbres enchantés

Magie Verte, les herbes et les arbres enchantés
Cet ouvrage est né d’une association mère et fille. Nous avons conjugué nos envies et nos savoir-faire le temps d'un livre consacré aux plantes et aux arbres liés aux rituels de la Saint-Jean, au monde de féerie, aux légendes celtes et à la mythologie....
19 février 2026

Le Martinet noir, le roi des airs

Il passe la plus grande partie de son existence dans les airs et ne se pose presque jamais à terre à cause de ses petites pattes qui l’empêchent de repartir. En effet, il a les pieds si courts qu’il peut à peine marcher ou se poser, mais seulement s'agripper maladroitement aux vieux murs et aux parois rocheuses. On dit qu’il peut rester dix mois sans toucher le sol. Le martinet ne s’arrête jamais de voler, il boit en rasant la surface de l’eau, mange et s’accouple en vol. Son corps effilé et ses ailes en forme de faucille en font l’un des oiseaux les plus rapides, il peut atteindre la vitesse de deux cents kilomètres-heure. Le martinet noir au vol vif et nerveux qui s’agite au gré des courants aériens dort en volant, aucun oiseau ne passe plus de temps dans le bleu du ciel. Souvent confondu avec les hirondelles, son plumage est entièrement noir à l’exception d’une tâche blanche sous la gorge. A l’arrivée de l’été, ils se poursuivent par troupe dans le vague des airs en poussant des cris stridents. Ordinairement, il habite des lieux élevés et pond ses œufs dans les trous des murailles des vieux édifices. Extrêmement précis et rapide, il rejoint son nid par un petit orifice sans diminuer son allure. Le martinet noir symbolise l’été, il est « le porteur du jour », du renouveau, de l’espoir et de la liberté. Cet oiseau se joue sans cesse des caprices de l’air, vole jour et nuit avec aisance et se perd dans les régions de l’atmosphère où aucun oiseau ne peut le suivre, ni l’œil le voir !

Illustration : Martinet noir (Cypselus apus), 1873, par John Gerrard Keulemans.

 

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​​​Magie Verte, les herbes et les arbres enchantés

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Ces œuvres sont protégées par une certification CLEO qui confère à son auteur une date de création certaine sur son œuvre. Une signature numérique atteste de cette antériorité. Elle est soumise aux dispositions du Code de la Propriété Intellectuelle. Toute reproduction ou représentation totale ou partielle doit faire l’objet d'une demande d'autorisation auprès de l’auteur. Concept et titres déposés et enregistrés à l'INPI: Institut National de la Propriété Industrielle.

10 janvier 2026

Prophétesses, sibylles, druidesses et prêtresses

Depuis la nuit des temps et aujourd’hui encore, chez tous les peuples, on croit à la divination. Leurs interprètes ; prêtresses, sibylles et druidesses douées d’un grand savoir et du don de prophétie, connaissent le passé et l’avenir et possèdent en elles tous les secrets de la nature. Très respectées pour leur science de la divination, on leur portait beaucoup d’estime et de vénération. A Delphes, dans le temple sacré du dieu Apollon, on consultait les oracles qui étaient dévoilés par la plus célèbre des prophétesses de la Grèce : la Pythie*. L’endroit où se donnait les réponses était un antre prophétique profond d’où s’exhalaient des vapeurs inquiétantes regardées comme un souffle inspirateur divin. Assise sur un trépied en or recouvert de la peau du serpent Python* tué par Apollon, la Pythie mâchait des feuilles de laurier et rendait les oracles des dieux qui parlaient à travers elle. Les prêtresses recueillaient les paroles désordonnées de la prophétesse et les traduisaient en vers. Vénérée pour sa sagesse et redoutée pour sa clairvoyance, elle pouvait se montrer vengeresse des crimes et des sacrilèges. La Pythie a exercé une grande influence morale dans la Grèce antique. Les Princes et le peuple à qui elle donnait des réponses, témoignaient de leur reconnaissance par de riches offrandes. On dit que les sibylles* étaient des devineresses semblables à la Pythie de Delphes. Elles se multiplièrent à l’époque romaine. Ces vierges inspirées prophétisaient des événements extraordinaires et cachés en usant d’une variété infinie de pratiques. Agitées par le souffle divin, elles devinaient par le feu, l’eau, les entrailles des victimes, les simples, les cercles, les calculs, les signes célestes, le tonnerre, les éclairs, les lignes de la main et aussi l’ornithomancie ; pratique divinatoire sur l’observation du vol des oiseaux… Souvent accompagnées d’une lyre, elles déclamaient leurs prédictions en chantant des vers sibyllins. La plus célèbre d’entre elle fut la sibylle de Cumes qui rendait ses oracles dans un antre aux cent portes d’où autant de voix donnaient ses réponses. Quant aux druidesses*, elles jouissaient d’une réputation admirable. Elles surpassaient en renommée la Pythie des Grecs et les sibylles romaines. On venait des pays les plus lointains pour les interroger sur l’avenir et connaître les destinées. On leur attribuait le don de faire des choses mystérieuses et de connaître tous les secrets de la nature. Douées du pouvoir d’apaiser les vents et les flots ou d’exciter les tempêtes et de soigner les incurables par des conjurations, elles étaient capables de prendre à leur gré toutes sortes de formes d’animaux. Vouées à une perpétuelle virginité, elles s’enveloppaient de voiles, en accomplissant des rites étranges interdits aux hommes. Ordinairement, elles établissaient leur demeure sur la rive des eaux où elles rendaient leurs oracles. Les plus fameuses d’entre elles étaient au nombre de neuf et habitaient la petite île de Sein. Aussi habiles que les magiciennes de l’antiquité, les druidesses avaient le pouvoir de faire descendre la lune du ciel pour danser avec elle ! Toutes les sources du merveilleux, des fées, de la magie, des esprits et de la féerie tirent leur origine de la foi et de l’inspiration de ces prophétesses anciennes que la légende a rendu célèbres et que l’antiquité a vénéré, invoqué, écouté ou redouté !

*Prophétesse ou Pythonisse en Grèce, parce qu’elle s’asseyait sur la peau du serpent Python pour rendre les oracles dans le temple sacré d’Apollon. *Le serpent Python : dragon monstrueux qui infestait les alentours de Delphes et que le dieu Apollon tua de ses flèches. *Sibylle en Italie et *Druidesse chez les Celtes et les Gaulois.

Priestess of Delphi (1891) by John Collier, showing the Pythia sitting on a tripod with vapor rising from a crack in the earth beneath her.

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​​​Magie Verte, les herbes et les arbres enchantés

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29 décembre 2025

Thémis, allégorie de la Justice

Fille du Ciel et de la Terre, cette vénérable déesse au regard sévère, préside à la justice humaine et fait régner l’ordre dans le ciel. Elle personnifie l’équilibre de l’univers. Haute et majestueuse, Thémis siège à côté de Zeus à qui elle prodigue des conseils pleins de sagesse. Elle a le pouvoir de convoquer l’assemblée des Dieux et préside à leur festin. La balance qu’elle tient dans une main pèse les arguments des parties adverses tandis que le glaive qu’elle tient dans l’autre représente l’exécution de la sentence. Thémis porte aussi le miroir de la Vérité. Parfois, on la représente avec un bandeau sur les yeux pour signifier son impartialité. Ses filles sont la Loi, l’Equité, la Paix, les Heures, les nymphes de l'Eridan, les Parques et l’aimable Astrée qui descendit du Ciel pour habiter la Terre pendant l’âge d’or des hommes. Mais cette dernière fut tellement effrayée par les crimes commis par les hommes pendant l’âge d’airain, qu’elle quitta la terre pour se réfugier dans les cieux parmi les constellations. Derrière Thémis se presse un cortège de divinités subalternes veillant à l’exécution de ses arrêts. Les ministres de ses desseins sont la Renommée qui proclame la honte des méchants, la Jalousie ou l’Envie, la Pudeur qui s’enveloppe d’un voile blanc en voyant les crimes des hommes, la Piété qui parcourt la terre en ne laissant échapper aucune parole orgueilleuse ou blasphématoire et le Serment, fils de la Discorde, qui frappe les hommes injustes et les juges iniques et tous ceux qui se rendent coupables de parjures.

 

Son Temple était ouvert. Pour avoir audience
On ne parcouroit point le dédale éternel
Tracé par la chicane et la jurisprudence ;
L’encre ne coulait pas encor sur son autel,
Et l’or ne faisait point trébucher sa balance.

Charles Albert Demoustier, 1818.

 

« Il faut que le bon juge ait l’âme et les mains pures
» S’il veut punir le crime, et venger les injures. »

Le Petit Trésor des Artistes et des amateurs des arts. Tome second, 1800.

 

Justice, Pierre Subleyras, 18th century. Musée Thomas-Henry.

 

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Magie Verte, les herbes et les arbres enchantés

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17 juin 2025

Le bleuet, une petite fleur qui aiguise la vue et l'esprit

Blavette, Fleur de Zacharie, Blavéole, Casse-lunettes, Bluet, Cornailles, Barbeau, Bleu-bleu, Aubifoin, Bleuet des champs... Cette jolie petite fleur d'un bleu céleste apparaît au printemps dans les prairies, les jardins et les champs de blé. On l’appelait jadis «Casse-lunettes» pour ses vertus à soigner l'inflammation des yeux et sa capacité à aiguiser la vue et l'esprit. L'eau de Bleuet versée délicatement autour des paupières rougies et fatiguées, redonnait un regard brillant et éclairé. On le nomme aussi Centaurée bleue en hommage au centaure Chiron, réputé pour son art à guérir par les plantes. Chez les anciens, les fleurs de Bleuet étaient récoltées après la rosée et mélangées dans les philtres d'amour. Symbole de la timidité et de la délicatesse, les jeunes filles glissaient discrètement un brin de Bleuet dans leur corsage ou dans leurs cheveux pour séduire et révéler leur beauté. Quelques gouttes d’eau de Bleuet dans la prunelle de vos yeux, vous accorderont un regard pétillant et malicieux !

Photo : ceciledecorniquetstudio

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Magie Verte, les herbes et les arbres enchantés

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27 avril 2025

La lavande, une plante aux pouvoirs nombreux !

Lavande vraie, Garde-robe, Barbe de bouc, Lavendule, Arbre aux laveuses, Fleur de reine, Lavandro, Toute-saine... Très recherché par les abeilles, cet arbrisseau buissonnant aux épis bleutés habite les lieux arides et ensoleillés. Les bienfaits de cette plante millénaire sont nombreux. Ses vertus antiseptiques et cicatrisantes apaisent les brûlures et les piqûres d'insectes. Jadis, on appliquait sur les morsures de vipère des brins de Lavande froissés. Employée dans le bain, en infusion ou en fumigation, cette plante aide à l’endormissement, soigne l’anxiété, les vertiges, favorise l’amour et les rêves prémonitoires. On lui confère aussi le pouvoir de purifier l’esprit et le corps. Une ancienne légende dit que celui qui mange des fleurs de Lavande à la tombée de la nuit dans une vigne oubliée depuis plus de vingt ans, verra apparaître fantômes et revenants. Récoltée, séchée et égrainée, la Lavande ravive dans nos mémoires, les couleurs et les douces senteurs qui embaumaient nos armoires !

Photo : ceciledecorniquetstudio

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Magie Verte, les herbes et les arbres enchantés

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21 avril 2025

L'euphorbe, l'herbe réveille-matin

Herbe pleureuse, Réveille-matin, Herbe aux verrues, Lait de bique, Herbe à purges, Réveille-lutins, Herbe à la biche, Chasse-puce, Trompe-tout, Lait de serpent, Herbe à la faux, Lait au diable... Cette plante très commune fleurit dans les jardins, les décombres et à l'orée des bois. Sa tige contient un abondant latex très irritant et toxique, provoquant brûlures et enflures mais qui à la vertu de faire disparaître les verrues. L'Euphorbe réveille-matin doit son nom à ses petites fleurs disposées en bouquet serré au-dessus d’une rosette de feuilles, qui se tournent matinalement vers les premiers rayons de lumière. Exposées à la chaleur du soleil les graines de l'Euphorbe, réputées chasser les taupes et les serpents, jaillissent de la plante en un claquement sonore. En magie l'Euphorbe protège des esprits malins. Lutins et gobelins fuient à toutes jambes devant cette herbe au suc laiteux et vénéneux. En fumigation elle purifie les maisons et apporte savoir, sagesse et inspiration !

Photo : ceciledecorniquetstudio

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5 janvier 2025

Le harfang des neiges, le fantôme arctique

Ce hibou des neiges est très réputé pour la splendeur de son plumage d’un blanc si éblouissant qu’on peine à le distinguer dans le paysage enneigé de l’arctique. Seul le noir intense de son bec et de ses yeux cerclés d’un iris brillant et jaune, tranchent sur le manteau blanc de la neige. Solitaire, farouche et silencieux, cet oiseau étonnant habite les terres septentrionales. Remarquable par sa taille, le harfang est encore plus grand et plus gros que le grand-duc, c’est la plus grande de toutes les chouettes. Son superbe plumage le préserve des froids les plus terribles et ses pattes emplumées sont pourvues de fortes griffes. Ses yeux ne roulent pas dans leurs orbites comme ceux des autres chouettes, ce qui l’oblige à tourner la tête. De jour comme de nuit, il pratique une chasse silencieuse et redoutable. Ses proies sont ordinairement les gélinottes, les lemmings et les lièvres polaires, sur lesquelles il s’abat furtivement. Son ouïe aiguisée et sa vue perçante lui permettent d’entendre le moindre petit rongeur même enfoui sous la neige épaisse. On dit que même endormi, il est toujours en alerte. Cet oiseau légendaire plein de mystère est le plus emblématique du grand nord. Son vol silencieux sur l’immensité des glaces symbolise la blancheur de l'hiver et la culture nordique. C’est un oiseau mythique pour le peuple Inuit qui le nomme ; Chouette polaire, Terreur blanche du nord, Fantôme arctique, ukpik

 

Harfang vient du vieux suédois harfång, qui signifie attrape-lièvre. 

Le Harfang et la Chevêche, Oeuvres complètes De Buffon, tome XV, 1845.

 

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5 janvier 2025

La digitale, une fleur au charme fatal

Dé de couleuvre, Chasse-loup, Gants de Notre Dame, Doigt de bergère... La digitale pourpre doit ses multiples surnoms à ses fleurs en forme de cloche allongée qui rappellent un doigt de gant ou un dé à coudre. Elle aime l'ombre légère des sous-bois et accompagne les promeneurs sur les chemins forestiers au début de l'été. Les fleurs de la digitale contiennent un poison violent nommé digitaline. Liée au cœur, cette plante à des vertus médicinales qui renforcent et accélèrent les palpitations. Autrefois, on la plantait dans les jardins pour chasser les loups et les sorcières. De ses feuilles, on extrayait une sombre teinture qui servait à peindre des croix sur le seuil des maisons pour éloigner esprits malfaisants et les démons. On dit que cette plante mystérieuse attire particulièrement les insectes et les oiseaux, mais aussi les elfes et les fées qui aiment se coiffer de ces jolies clochettes. Somptueuse empoisonneuse, la digitale à la beauté fatale, incline ses fleurs béantes et ensorcelantes!

Photo : ceciledecorniquetstudio

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2 janvier 2025

La mésange bleue, un petit oiseau vif et courageux

Remarquable par les couleurs de son plumage, ce petit oiseau vif et courageux se trouve partout dans nos climats, en toutes saisons. Sans cesse en mouvement, la mésange voltige d’arbre en arbre, de branche en branche, se suspend et s’accroche de toutes les manières sur les murailles, souvent la tête en bas pour y trouver des insectes et des vers dans les interstices. Elle chasse avec une agilité étonnante pour surprendre ses proies. Elle aime la société de ses semblables et vit en troupes plus ou moins nombreuses. Elle passe pour être très féconde, plus qu’aucun autre genre d’oiseau. Cependant, la mésange a la chouette et le hibou en horreur et les combat hardiment ! Sa force et son courage, lorsqu’elle se sent prise au piège, lui permettent d’attaquer la première et d’appeler à grands cris ses congénères qui arrivent en foule. Intrépides, elles fondent sur l’ennemi et le pourchassent en cherchant à lui crever les yeux. On prétend que leurs mœurs et leurs habitudes ont quelques traits communs avec le corbeau et la pie dans la force de leur bec et de leurs petites serres, la manière de déchiqueter leurs aliments, leur appétit pour la chair et même dans leurs cris. Ces petits oiseaux très curieux et peu craintifs abondent dans nos jardins et sont les premiers à visiter les nichoirs. En cas de danger ils émettent un son strident pour avertir ou intimider leurs adversaires. On dit que la mésange zinzinule, titine, ou zinzibule. Aussi, on prétend qu’elle peut apprendre à siffler des airs !

Cyanistes caeruleus (Mésange bleue), 1869. Auteur : John Gerrard Keulemans.

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30 décembre 2024

L’hellébore noir, plante sorcière reine de l’hiver

Herbe aux fous, rose d'hiver, herbe de feu, rose de serpent, pied de griffon, pain de couleuvre, patte d’ours, pied de lion… Très recherchée pour sa floraison hivernale et la beauté de sa fleur, l’hellébore noir est une plante extrêmement toxique. On la cultive dans les jardins mais elle pousse naturellement dans les sous-bois et les broussailles. Son nom évoque la couleur noire de sa racine, un puissant purgatif qui peut entraîner l’empoisonnement et la mort. Très réputée dans l’ancienne médecine, on faisait un grand éloge de la racine d’hellébore comme remède efficace contre les maladies de l’âme ; la folie, la manie et la mélancolie. Autrefois, elle entrait dans plusieurs compositions pharmaceutiques, mais de nos jours on la considère comme un remède dangereux. Toutes les parties de la plante, feuilles et fleurs sont nocives, il faut la manipuler avec beaucoup de précautions et la tenir éloignée des enfants et des animaux. Aussi, on croyait que disperser devant ses pas de la poudre de la racine d’hellébore rendait invisible. Plantée sur le seuil des maisons, la plante éloignait les esprits malfaisants et conjurait le mauvais sort. Redoutable et redouté, on usait de l’hellébore, entre autres herbes magiques et mystérieuses, dans les incantations pour convoquer les forces occultes. Le jour du sabbat, les sorcières employaient la racine de cette plante pour fabriquer leurs onguents et s’envoler dans les airs. Cette herbe particulière, aux propriétés vénéneuses parfois funestes, s’épanouit sous la neige et n’a que faire des rigueurs de l’hiver !

Oiseaux sous une rose de Noël (Helleborus niger), par temps de neige, avec quelques perce-neige. Photographie (fin XIXe s.) d'une œuvre d'Hector Giacomelli.

 


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4 septembre 2024

L’Hécatolite, la chatoyante pierre de lune

Cette pierre aux reflets blanchâtres ou argentés parfois bleutés, semblable à l’éclat de la lune, rappelle l'astre dont elle porte le nom. On la nomme aussi Hécatolite en référence à la déesse Hécate l’une des trois déesses lunaires, ou encore adulaire à cause d’un effet de miroitement sous la surface de la pierre, particulièrement prononcé. Elle incarne aussi Diane, déesse de la lune et protectrice des animaux. Vénérée depuis l’antiquité, on croyait que cette pierre était un rayon de lune solidifié. Les vertus et les bienfaits de la pierre de lune sont divers. Autrefois on la portait comme talisman, parce qu’elle éclairait comme en plein jour et protégeait tous ceux qui la portait la nuit. On pensait qu’elle guérissait les lunatiques, préservait des naufrages et des périls sur la mer. Aujourd’hui, on dit qu’elle stimule l’esprit et permet les rêves prémonitoires. Elle porte en elle les pouvoirs de la lune, incite à la rêverie, l’imagination, la poésie et développe la clairvoyance. Pleine de mystère avec son scintillement spectral et ses reflets captivants, la pierre de lune est devenue légendaire en raison de sa teinte si particulière !

Orthoclase-variety moonstone, Cabochon-cut as fingering, 2006-12-19,
de:Benutzer:Ra'ike, Wikimedia common.

 


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5 août 2024

L’escargot, symbole de la patience et de la lenteur

Porte-maison, petit-gris, cagouille, hélice chagrine, caragot, luma, escargot des bois… De toutes les tailles et de toutes les couleurs, le modeste escargot traîne avec lui sa demeure. Il vit de peu et se retire dans sa coquille au signal du moindre danger. Il a le soleil en horreur et préfère se tenir cacher à l’ombre des haies et dans les lieux humides. Du crépuscule à l’aube, ses périodes d’activité sont liées à la pluie et à la rosée nocturne. Durant l’hiver, il se retire dans sa coquille qu’il obture d’un voile muqueux qui durcit en séchant, puis s’endort jusqu’au printemps. Quand l’humidité est suffisamment élevée, il sort de sa coquille en brisant son opercule. Presque myope, ses yeux se trouvent au bout de ses deux plus grandes cornes. Il se fie à ses tentacules inférieurs pour s’orienter, tâter le terrain et flairer sa nourriture. L’escargot ne se déplace que vers l’avant en laissant une longue trace brillante de bave sur son passage, qui facilite son déplacement et lui permet de se placer verticalement. Son corps mou peut glisser sur les objets les plus tranchants. Végétarien, il mange toutes les parties succulentes des plantes et cause de grands dégâts dans les jardins, les potagers et les vignes. Il aime aussi les fruits et même les champignons vénéneux ! Sa coquille en calcaire très solide lui permet de se protéger de ses ennemis, du froid et de la sécheresse. Cependant, il a de nombreux prédateurs tels que les rongeurs, les oiseaux et les petits mammifères, en particulier les hérissons qui en sont très friands. Autrefois on le mangeait cru pour soigner la coqueluche ou cuit avec du miel pour soigner la toux. Au moyen-âge, il était le symbole de la paresse et du peu d’empressement. Pourtant, durant les temps de famine et de disette l’escargot fut d’un grand secours pour les populations. Aujourd’hui, ce gastéropode est le symbole de la lenteur et de la patience mais aussi un symbole lunaire. Il montre ses cornes qui apparaissent et disparaissent comme la lune se montre et se cache. Aussi, la spirale parfaite de sa coquille évoque le mouvement de la vie, de la mort et de la renaissance des êtres et des choses. Il y a bien longtemps, on plaçait des escargots dans les tombes pour symboliser l’immortalité de l’âme et la résurrection. Plus déterminé que lent, l’escargot qui se promène sans jamais quitter sa maison et qui en sort selon la saison, trace sa route lentement mais sûrement !

Exemples variés de mollusques terrestre. Source: The royal natural history, Author H. Morin, 1893.
Via Wikimedia Commons.

 


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3 juin 2024

Le fraisier sauvage et ses petites fraises vermeilles

Fraisier des bois, fraisier commun, petit fraise, frazi, capron... Ce fraisier qui s’épanouit au printemps se plaît dans les contrées boisées, au pied des haies et dans les jardins où pénètrent quelques rayons de soleil. Plante mellifère, le fraisier des bois a des fleurs blanches aux pétales finement crénelés, très visitées par les abeilles et les insectes butineurs. Après la floraison apparaissent des petites fraises vermeilles, délicates et fragiles à cueillir du bout des doigts. L’exquise délicatesse du parfum de ces fruits surpasse celui de toutes les autres fraises. Considérée comme une sorte de panacée depuis l’antiquité, la fraise des bois était très appréciée pour ses propriétés adoucissantes et ses vertus curatives. Bonne pour rafraîchir le teint, on l’employait pour parfumer les masques de beauté. Aussi, cette plante est liée à la déesse Artémis et à la nymphe Cardea qui ont le pouvoir de protéger les petits enfants et d’apaiser les douleurs de l’accouchement. On dit que les serpents ont les feuilles de fraisiers en horreur et qu’ils se pétrifient sur place ou prennent la fuite dès qu’ils sentent son odeur ! Au moyen-âge, la fraise des bois était cultivée pour sa saveur, son parfum et ses vertus thérapeutiques, notamment contre les maux comme la goutte et les douleurs articulaires et urinaires. On a continué à la cultiver dans les jardins royaux du Louvres pour la déguster comme aliment et ouvrir l’appétit. Aujourd’hui, on recueille ses feuilles encore jeunes pour faire des infusions aromatiques agréables au goût et ses fruits pour fabriquer des gelées et des confitures. Les fraises des bois au goût délicieux et savoureux, à la chair fondante aux propriétés rafraîchissantes qui enchantent nos papilles sont les plus suaves et les plus parfumées de toutes les fraises !

Fraisier des bois ; Fragaria vesca du latin « fragare » qui signifie embaumer.

Nature morte aux fraises, d'Adriaen Coorte (1705). Mauritshuis, La Haye.

 

 


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26 mai 2024

L’églantier, le rosier des chiens

Rosier du diable, rosier des chiens, rosier des haies, gratte-cul... Ce rosier sauvage est armé d'aiguillons crochus et de feuilles dentées comme des lames de scie. Les fleurs nommées églantines, se composent de cinq pétales d’un joli rose pâle. Elles laissent place à une baie rouge luisante où se trouve le fameux poil à gratter qui fait la joie des enfants. Ce fruit appelé cynorrhodon, se récolte aux premières gelées et sert à confectionner de délicieuses confitures. Cultivées pour leurs vertus médicinales et alimentaires, les fleurs d'églantier aromatisent sirops, vins, thés et desserts. Les fruits riches en vitamines, se boivent en infusion pour prévenir et soigner les refroidissements. Jadis, la décoction de la racine de cet arbrisseau épineux était considérée comme un remède miracle contre la rage, d’où son nom de rosier des chiens. Il y a bien longtemps, les sorcières entouraient leur enclos d'une haie d'églantiers aux épines acérées, pour préparer en toute sérénité, envoûtements, maléfices et potions d’empoisonnement!

Photo © ceciledecorniquetstudio

 


MAGIE VERTE, les herbes et les arbres enchantés


Ces œuvres sont protégées par une certification CLEO qui confère à son auteur une date de création certaine sur son œuvre. Une signature numérique atteste de cette antériorité. Elle est soumise aux dispositions du Code de la Propriété Intellectuelle. Toute reproduction ou représentation totale ou partielle doit faire l’objet d'une demande d'autorisation auprès de l’auteur. Concept et titres déposés et enregistrés à l'INPI : Institut National de la Propriété Industrielle.

14 mai 2024

Galatée et le redoutable cyclope Polyphème

Galatée, à la peau blanche comme le lait, était la plus belle des nombreuses filles de Nérée. Elle s'éprit d’un jeune berger nommé Acis, enfant de Faunus et de la nymphe Symaethis. Mais le plus redoutable et monstrueux des cyclopes, Polyphème, fils de Poséidon et de la nymphe Thoôsa, se consumait d'amour pour la belle Galatée. Ce monstre cruel à l'œil unique et à l'aspect effrayant, qui se nourrissait de chair humaine, habitait non loin du mont Etna dans une caverne. Pour se rendre beau, il coiffait en vain son épaisse chevelure avec un râteau et taillait sa barbe avec une grande faux. Éperdument amoureux de Galatée, ce géant difforme espérait la séduire en murmurant des poèmes et en jouant d'une flûte faite de cent roseaux. Assis face à la mer il suppliait la nymphe de sortir des eaux. Insensible aux soupirs de Polyphème, Galatée rejoignit Acis dans une grotte mystérieuse à l'ombre des saules et des joncs. Furieux, le cyclope sortit de son antre, la terre tremblant sous ses pas, partit à la recherche de la nymphe et la surprit endormie sur la rive près de son amant. Fou de jalousie, Polyphème s'emporta dans une colère terrible et écrasa le berger sous un immense rocher. Terrifiée, Galatée se réfugia dans la mer en implorant les dieux de faire jaillir du sang qui s'écoulait du corps d'Acis une source limpide et claire. Des ondes sanglantes naquit un fleuve rapide qui descend vers la mer et repose ses flots dans l'océan. Les deux amants peuvent ainsi et pour toujours, se rejoindre et s'aimer d’un tendre amour !

Galatée, 1880, par Gustave Moreau.

 


MAGIE VERTE, les herbes et les arbres enchantés


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12 mai 2024

L’alouette, l’oiseau de la joie et de l’allégresse

Ce petit oiseau du printemps, très répandu sous nos climats, apparaît à la fonte des neiges. Dès que le jour se lève, on peut entendre partout retentir son chant clair et pur jusqu’au coucher du soleil. L’alouette possède un des répertoires les plus riches du monde des oiseaux. On dit qu’elle on grisolle, tirelire ou turlutte. Toujours en mouvement on peut la voir courir à terre et voler admirablement dans les airs de tous côtés en chantant. Aucun petit oiseau ne vole aussi longtemps. Elle peut s’élever perpendiculairement à perte de vue jusqu’aux nues, pour redescendre en piqué comme une pierre vers la terre. Souvent, les alouettes s’abattent en troupe nombreuse dans les pâturages et les champs cultivés, de préférence sur les blés dont elles se gorgent de grains. Elles ont le faucon hobereau en horreur ! Dès qu’il apparaît, les alouettes se taisent, courent et se tapissent au sol ou s’élèvent dans les airs au-dessus de l’oiseau en poussant des cris d’effroi ! Cependant, leur plumage strié de brun foncé les rend presque invisible au sol en cas de danger. Autrefois, les chasseurs les attrapaient « au miroir », des petits morceaux de glace capables de réfléchir les rayons du soleil. Curieuses et fascinées par la magie du miroir, les alouettes accourent et papillonnent comme suspendues dans les airs au-dessus de ces objets aux reflets très brillants. On dit que l’alouette semble sensible à l’influence de la lumière lunaire, en particulier pendant la lune gibbeuse où son activité migratoire nocturne s’intensifie. Pour les gaulois, l’alouette était l’oiseau antique primordial, l’oiseau supérieur à tous les autres par l’ardeur de son chant et l’élévation de son vol, et c’est sans doute pour ça qu’ils en firent un de leur insigne national. Il y a bien longtemps, les sorciers prétendaient que présentée à un malade qui devait mourir, l’alouette détournait aussitôt la tête. Si au contraire elle le fixait amoureusement, elle le délivrait de tout le mal. Sa chair était très estimée autrefois, surtout à l’automne, époque où elle est très grasse et plus savoureuse. L’alouette légère qui se tient haut dans les airs, à perte de vue au-dessus des nues, nous réjouis de son chant qui annonce le printemps !

*Son nom vient de deux expressions gauloises, al : s’élever et aud : chant qui signifiait s’élever en chantant : alauda.

Illustration : Alauda arvensis - The language of birds: comprising poetic and prose illustrations of the most favourite cage birds: with twelve highly-coloured plates, 1837.

 

 


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12 mai 2024

La coccinelle à sept points, un charmant petit coléoptère

Bête à bon dieu, pernette, geline de la sainte vierge, scarabée de Marie… Annonciatrice d’un temps clément, ce charmant petit coléoptère est le meilleur ami des jardiniers. En effet, la coccinelle est très friande de pucerons, de cochenilles et autres petites bêtes malfaisantes qu’elle détruit en grand nombre grâce à sa tête armée de mâchoires aigües. La coccinelle se plaît dans le suave calice des fleurs de nos jardins. L’hiver elle hiberne en colonie au sol entre la mousse et l'herbe des forêts, mais aussi dans les vieilles pierres et les maisons pour réapparaître au printemps. Dès le réveil de la nature, elle sort de sa retraite hivernale. Remarquable par sa couleur rouge écarlate, l’élégance de son corps et sa tête pourvue de gros yeux à facettes la coccinelle, plus que n’importe quel autre insecte, attire la sympathie et la fait aimer de tout le monde et des enfants en particulier. Comme l’abeille, la coccinelle se distingue des autres insectes par sa nature céleste, on la considère comme une messagère divine entre le ciel et la terre. Aussi, on lui accorde des vertus de porte bonheur et son apparition est toujours un présage heureux, de bon ou de mauvais augure. On dit qu’elle devine le temps et qu’elle a le pouvoir de porter chance à la personne sur laquelle elle se pose. Cependant, prenez garde, car tuer une coccinelle porte malheur et sa mort sera suivie de pluie ou de mauvais temps !

Coccinelle - Photographe : Micael Widell

 


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10 mai 2024

L’estragon, l’herbe au dragon

Serpentine, dragonne, herbe de dragon, herbe de Targon… Reine des fines herbes, l’estragon est une plante médicinale et aromatique employée ordinairement en assaisonnement. Cultivé pour ses qualités condimentaires, ce grand végétal pousse dans les sols légers bien ensoleillés. L’estragon doit son nom de « petit dragon » à sa racine tordue qui ressemble à un petit serpent replié sur lui-même. Il y a bien longtemps on mâchait ses feuilles à la saveur fraîche, amère et piquante pour leurs vertus à soigner les maux têtes et de dents, stimuler la digestion et soulager les crises de hoquets. Très réputée pour ses propriétés aphrodisiaques l’herbe du dragon servait à confectionner des philtres d'amour. Aussi, l’eau distillée d’estragon avait la réputation de provoquer des sueurs et de protéger de la peste. On dit que c’est une plante dotée de propriétés magiques qui protègent des attaques de dragon. En effet, l’aspect serpentiforme des racines de la plante assurait une protection contre les morsures de serpents venimeux, les piqûres d’insectes et apaisait le souffle de feu des dragons !

Armoise Estragon/Artemisia dracunculus, 1830.

 


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9 mai 2024

L'ancolie, une fleur aux vertus aphrodisiaques

Colombine, Gants de fée, Cornette, Piboulette, Clochette, Aiglantine... Légère et élégante, l'ancolie au feuillage vert et délicat, rappelle un doigt de gant, un cornet ou bien le bec et les serres de l'aigle. Gracieusement penchées, ces fleurs aux multiples couleurs dotées d'un éperon crochu, attirent particulièrement les papillons et les oiseaux. Le sirop de fleurs d'Ancolie apaise la toux et les feuilles appliquées en cataplasme soignent les plaies. Autrefois, les graines noires et toxiques de cette plante composaient une essence parfumée aux vertus aphrodisiaques. Cet élixir qui exacerbait les sens, suscitait folies et passions amoureuses. Les jeunes filles chastes et pieuses avaient interdiction de s’en approcher. A sa rencontre, les Vestales se couvraient le visage d'un voile. L'ancolie symbolise les humeurs extravagantes et fantasques, mais aussi une certaine sensibilité mêlée de solitude et de mélancolie. Bras et mains frictionnés d’un brin d'Ancolie, vous rendra vif et hardi !

Photo © Cécile Decorniquet Studio

 


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