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8 mai 2024

Le myosotis, une herbe discrète et poétique

Oreille-de-souris, petit bleu, herbe d'amour, grémillet, scorpione, myosotis des bois, ne-m’oubliez-pas… Cette herbe charmante aux petites fleurs d’un bleu céleste, parfois blanches ou roses, pousse dans les bois clairs et frais à la lisière des forêts et dans les prés. Elle se montre dès le printemps et produit un effet des plus ravissant au milieu des prairies verdoyantes. Le myosotis offre des épis enroulés en forme de queue de scorpion d’où son surnom de scorpione. Cependant, l’apparence du myosotis varie beaucoup selon les lieux et les régions où il pousse. Autrefois, il était usité pour ses vertus à soigner les yeux. Aujourd’hui, ses propriétés semblent tombées dans l’oubli. Sans pouvoir de senteur, cette fleur des doux souvenirs s’accompagne d’une touchante et mélancolique légende. En effet, les poètes voient dans cette herbe l’âme d’une jeune fille noyée métamorphosée en une petite fleur aux corolles d’azur et au cœur jaune, sur le rivage. Pourvu d’yeux bleus, cette herbe discrète et poétique aux noms les plus tendres est le symbole de l’amour, de la mémoire et des souvenirs.

Le mot myosotis se traduit du grec par oreille-de-souris, ce nom évoque la forme arrondie et velue de la feuille.

 

Illustration : D'après les aquarelles de J. Eudes (1856-1938) dans :
A. Guillaumin, Les Fleurs de Jardins, tome I : Les Fleurs de Printemps, Paul Lechevalier, 1929.

 


MAGIE VERTE, les herbes et les arbres enchantés


Ces œuvres sont protégées par une certification CLEO qui confère à son auteur une date de création certaine sur son œuvre. Une signature numérique atteste de cette antériorité. Elle est soumise aux dispositions du Code de la Propriété Intellectuelle. Toute reproduction ou représentation totale ou partielle doit faire l’objet d'une demande d'autorisation auprès de l’auteur. Concept et titres déposés et enregistrés à l'INPI : Institut National de la Propriété Industrielle

3 mai 2024

La jusquiame noire, l'herbe au grand sommeil

Herbe à la sorcière, herbe aux engelures, mort aux poules, herbe aux cochons... La jusquiame noire aux longues feuilles soyeuses et visqueuses, pousse dans les décombres et le long des sentiers. Ses fleurs jaunes pâles en forme de cloches, veinées de pourpre noirâtre dans leurs corolles, dégagent une odeur nauséabonde. Son fruit est une capsule remplie de nombreuses graines toxiques. Autrefois, les sorcières avaient l’art et la manière de verser dans leur chaudron magique un nombre précis et indispensable de graines de jusquiame noire, afin d'élaborer un onguent qui permettait à leur âme obscure de s'élever dans les airs. Extrêmement dangereuse, cette plante maléfique du monde souterrain entraîne une somnolence pouvant conduire jusqu'au sommeil éternel. Mais bien employée, on prétend qu’elle soulage les tourments du cœur et de l'âme, apporte clairvoyance et perspicacité, rend amoureux et provoque des songes fabuleux et colorés !

Photo © Cécile Decorniquet Studio

 


MAGIE VERTE, les herbes et les arbres enchantés


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3 mai 2024

La ciguë, une herbe hautement toxique et maléfique

Ciguë de Socrate, Grande Ciguë, Mort-aux-oies, Persil des fous... Cette plante aux grandes feuilles ailées finement ciselées et à la tige creuse tachetée de pourpre, est ornée de petites fleurs blanches qui dégagent une odeur très déplaisante. Elle se rencontre dans les lieux ombrageux, les chemins et les décombres. Connue depuis l'antiquité, cette herbe hautement toxique et maléfique était préparée en décoction et donnée aux condamnés jusqu’à ce que mort s’ensuive. Socrate succomba à ce breuvage mortel. Dans les campagnes d'autrefois, on interdisait aux enfants de s'approcher de cette empoisonneuse sous peine de se faire emporter par un démon. Pour renforcer les pouvoirs magiques de la ciguë et remplir leurs alambics de redoutables sortilèges, les sorcières cueillaient la racine de la plante dans le silence des ombres naissantes des nuits de lune noire. Parfois le jour du sabbat, on aperçoit dans les airs une sorcière tout de noir vêtue, chevauchant une tige de Ciguë !

Photo © Cécile Decorniquet Studio

 


MAGIE VERTE, les herbes et les arbres enchantés


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1 mai 2024

Typhon, un titan impétueux et furieux !

Génie destructeur, emblème de l’hiver, père des vents funestes, serpentaire… Ce monstre infernal que la Terre et le Tartare ont enfanté, habitait les contrées volcaniques dans une caverne qu’il remplissait de vapeurs empoisonnées. De par sa taille immense et sa nature, ce géant affreux surpassait tous les êtres de la terre, épouvantait les dieux et menaçait le monde d’un retour au Chaos. On dit que son front touchait les étoiles, ses bras l'orient et l'occident, ses yeux lançaient des flammes, ses doigts étaient semblables à des dragons et son corps armé d’ailes était entouré de serpents. Typhon est aussi le plus violent de tous les vents. Ordinairement accompagné des trombes, il souffle de différents points de l’horizon et change à chaque instant de direction. Il s’unit avec la cruelle Échidna qui enfantera des fléaux sans nombre ; l’Hydre de Lerne, le Cerbère, le chien Orthos, les vents malfaisants, la laie de Crommyon, le renard de Teumesse, le Sphinx de Thèbes, la Chimère, le dragon Ladon, le lion de Némée, l'aigle du Caucase… Ce titan orgueilleux et orageux osa entreprendre de renverser Zeus et éclipser sa lumière. Après un terrible combat, Zeus lança la foudre et les éclairs sur le monstre et le terrassa. Il l’ensevelit sous le mont Etna d’où il vomit sans discontinuer des tourbillons de flammes et de fumée. On prétend que les tremblements de terre sont les efforts de l’effroyable Typhon pour soulever la montagne qui l’écrase. Hadès lui-même craint que la terre entrouvre les portes du trépas et que la lumière du jour pénètre dans son empire ténébreux et épouvante les âmes qui entrent sans retour dans le palais de la nuit.

 

On voit dans ce monstre multiforme qu’il représente un concentré de toutes les puissances déchainées que nous livre la nature dans l’univers.

Typhon - The Greek gods, Wenceslas Hollar, Date inconnue (author lived 1607-1677).

 


MAGIE VERTE, les herbes et les arbres enchantés


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30 avril 2024

La Pivoine, l’herbe au Pivert

Tourne-lune, Pione, Rose aux convulsions, Pavot des jardins, Péone, Ergots de coq, Sang de Titan, Boisier de chien, Pompon… On a écrit bien des merveilles sur cette plante très recherchée dans l’ornement des jardins pour la beauté et la grandeur de ses fleurs embellies par les plus riches couleurs. Célébrée depuis l’antiquité pour ses nombreuses propriétés et ses effets miraculeux, la Pivoine est l'une des plus anciennes plantes employée en médecine. Considérée comme un puissant remède, elle entrait dans la composition de préparations officinales très vantées autrefois. Sa racine et ses semences portées autour du cou apaisaient les convulsions et repoussaient les démons. Prise en poudre, en décoction ou en sirop, elle guérissait l’épilepsie, la paralysie, les vapeurs et la folie. On confère à cette plante qui croît et décroît selon les phases de la lune et brille dans les ténèbres, le pouvoir de chasser les tempêtes, de protéger les moissons, de dissiper les enchantements et de mettre en fuite les succubes, les elfes et les fées. Pour conserver toutes ses vertus, cueillez-la au milieu de la nuit sans être aperçu du pivert, farouche gardien de la plante, ou vous perdriez aussitôt la vue !

 

On voit dans cette histoire que la Pivoine a hérité des propriétés magiques de la Mandragore.

Paeonia © Cécile Decorniquet Studio

 


MAGIE VERTE, les herbes et les arbres enchantés


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27 avril 2024

Les vents, divinités allégoriques et poétiques

Au fil des saisons, les mouvements de l’air dans l'atmosphère donnent naissance aux vents. Légers ou impétueux, les vents, enfants du Ciel et de la Terre, sont favorables aux hommes. Ordinairement, ces génies de l’air sont représentés selon leur caractère. Les vents mauvais sont accompagnés de la foudre, des éclairs et des tempêtes. Ils ont des ailes immenses couvertes de givre et de pluie et des faces menaçantes boursouflées de vapeurs. Autrefois, on immolait une brebis noire aux vents furieux et une brebis blanche aux Zéphyrs. L’orageux Borée, vent du nord, chasse les brouillards infects. Notos, le vent du sud couronné de nuages, féconde la terre de ses abondantes rosées et le doux Zéphyr, vent de l’ouest, transporte les graines de Flore qui la jonche de fleurs. Quant à l’Euros le vent de l’est, on l’associe à l'automne et à ses tempêtes de pluie. Les vents sont les enfants d’Aurore et dAstréos, le ciel constellé d’astres étincelants.

Roi des vents, le froid Borée est de loin le plus redouté car il cause les tempêtes, orages et tremblements de terre. Sur son passage le ciel tonne, la foudre éclate dans les airs et le ciel étincelle d’éclairs. Ce vent furieux qui réside dans les contrées les plus au Nord des pays habités, balaye les nuages et purifie l’atmosphère. On le représente sous les traits d’un vieillard à la chevelure flottante et à la barbe couverte de glaçons et de frimas accompagné de vents froids. Il enlèvera Orithye, une jeune princesse d’Athènes, en l’enveloppant de sombres nuages et de tourbillons de poussière et l’emportera en Scythie. De leur union naîtra deux garçons ; les Boréades connus pour leurs tornades tumultueuses, et deux filles ; les Aurai aux corps sveltes et légers, nymphes célestes des brises printanières rafraîchissantes.

The flight of Boreas with Oreithyia, 1893. Charles William Mitchell.

 

Zéphyr le vent d’Ouest. Le printemps s’ouvre avec le fécond Zéphyr. Dans un doux délire, ce vent léger souffle la vie et le désir à tout ce qui respire sur terre. Les nuages fuient soudain et les fleurs jonchent la terre. Il vole à travers l’azur des cieux et l’espace aérien, une corbeille de fleur à la main, accompagné de Flore une nymphe ravissante des îles Fortunées. Zéphyr et Flore président aux naissances et à la germination.

Flora and the Zephyrs, 1898 - John William Waterhouse.

 

Notos, le vent du sud au caractère orageux et capricieux est sujet à de nombreux changements de directions. On le représente avec une barbe et une chevelure dégoulinantes, un visage presque noir, des ailes bleu-sombre et ruisselantes, en train de renverser une jarre remplie d'eau. C’est le vent des pluies, des tempêtes et de l’humidité.

 

Euros, le vent de l'est préside à l’automne. Il amène les nuages blancs sur l’azur du ciel. On dit qu’il habite au levant près du palais du Soleil. Frère de Notos il est le fils de l’Aurore. On le représente avec des ailes rouge-feu, sous les traits d’un ombrageux vieillard couvert d’un large manteau.

 

*Borée vent du nord (pour boréale dans l’hémisphère nord) ou Aquilon en poésie, Eurus (Euros en italien) vent de l’est ou du sud-est, Zéphyr (Zéphyrus) vent d’ouest ou nord ouest et le vent du sud, Notos (Notus ou Auster) pour austral dans l’hémisphère sud.

 


MAGIE VERTE, les herbes et les arbres enchantés


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27 avril 2024

Éole et les Vents

Maître et régisseur de tous les vents, ce dieu capable de soulever les tempêtes règne sur les îles Éolides où il réside ordinairement. Il a les vents et les tempêtes en son pouvoir, qu’il gouverne à son gré ou sur l’ordre de Zeus et de Poséidon. Éole avait un si grand empire sur les vents que sa seule volonté les retenait enchaînés dans une profonde caverne pour que l’on ne craigne pas leur ravage. Lorsqu’il voulait exciter les tempêtes, il les laissait s’échapper de leurs prisons. On prétend que les ouragans et les tornades sont assignés à résidence sur l’île d’Eolie, dans des outres bien fermées. Royaume des vents, Éolie se compose de sept petites îles entre Sicile et Italie. On dit qu’à cause d’une outre s’étant ouverte par imprudence les vents soulevèrent une tempête si effroyable que la Sicile fut séparée de l’Italie. Selon le mythe, Éole a engendré six filles et six garçons qui s’unirent ensemble pour former les Tempêtes, divinités terribles auxquelles les marins sacrifiaient une brebis noire. Ces génies fougueux des airs soulevant les mers, et balayant la terre de leur tourbillon, sont les enfants du Ciel et de la Terre.

Eolo, keeper of the winds (digital enhancement of an old marble representation)
4 June 2005. Author: Ed Stevenhagen (Overleg).

Jan van der Straet, Ulysse dans la grotte des vents (vers 1590-1599), Rotterdam, musée Boijmans Van Beuningen.

 


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19 avril 2024

La mante religieuse, un insecte devin

Tigre de l'herbe, cheval du diable, Prie-Dieu, oratoire, mendiante, prêcheuse, suppliante… Gracieuse et élégante la mante est une chasseuse redoutable rapide comme l’éclair ! Sa couleur d’un vert tendre lui permet de se confondre avec les plantes voisines. Son corps élancé, ses grandes ailes et sa tête pourvue d’yeux volumineux lui offrent une excellente vision. Les pattes toujours repliées lorsqu’elle est à l’affût lui donnent un faux air de none en prière d’où son nom de mante religieuse ou de Prie-Dieu. Tapie dans les herbes, elle déploie autant de patience que de ruse en restant des heures dans l’immobilité la plus complète, dans l’attente de sa proie. Lorsqu’un insecte passe à sa portée, ses pattes ravisseuses garnies d’épines acérées se déploient brusquement, puis s’en emparent habilement pour le dévorer à son aise. Le mâle est quelquefois sa victime après l’accouplement. Pourtant, la mante féroce aux mœurs voraces a toujours inspiré le respect, la vénération et des idées superstitieuses par son attitude méditative. Autrefois, cet insecte passait quelque peu pour devin. On croyait que la mante religieuse prophétisait les disettes et qu’elle indiquait le chemin aux promeneurs égarés qui l’interrogeaient. Ainsi, elle étendait une de ses pattes en montrant la direction et se trompait rarement ou jamais. Réputée divine et sacrée dans certaines régions, la mante religieuse est le symbole de la patience, de la maîtrise, du silence et de l’immobilité !

*En latin cet insecte se nomme mantis, emprunté au grec Μάντις qui signifie « prophétesse, 
devineresse ».

Mantis religiosa, Plate from Fabre's book of Insects, 1929 - Edward Julius Detmold.

Le magasin pittoresque - Volume 55 - Page 36, 1887.

 


MAGIE VERTE, les herbes et les arbres enchantés


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6 avril 2024

La Chélidoine, l'herbe aux hirondelles

Grande éclaire, herbe aux hirondelles, herbe aux verrues, herbe à la jaunisse, herbe aux poireaux, herbe de Saint-claire, arondelière... Cette plante à l’odeur désagréable et aux fleurs jaunes disposées en grappe, pousse dans les vieux murs, les friches et les décombres. Jadis, la chélidoine était employée pour ses diverses propriétés médicinales, en particulier pour ses vertus à soigner les yeux. Quelques gouttes du suc orangé contenu dans sa tige versées dans un collyre, ont le pouvoir d'aiguiser la vue. En infusion, mélangée avec de l'hydromel et du miel, elle soigne la jaunisse entre autres maladies du foie. Les alchimistes du moyen-âge usaient de la chélidoine dans l’élaboration de la Pierre philosophale pour changer le plomb en or et en extraire un élixir de vie éternelle. Une ancienne et jolie légende prétend que les hirondelles frottaient les yeux de leurs petits avec un brin de chélidoine, pour leur permettre de voir plus clair et de s’envoler allègrement dans les airs !

Photo © Cécile Decorniquet Studio


MAGIE VERTE, les herbes et les arbres enchantés


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6 avril 2024

L'Hiver, allégorie

1 avril 2024

La Pâquerette, Symbole de la candeur et de l'attachement

Petite marguerite, Fleur de Pâques, Pâquerette des prés, Fleur de pâturage, Magriette... Cette adorable petite fleur au cœur d'or, plantée au milieu d’une rosette de feuilles, tapisse les campagnes et les jardins pendant les fêtes de Pâques. La Pâquerette est une source inépuisable de nectar et de pollen pour les insectes. Aux premières lueurs du jour, elle ouvre ses pétales d'un blanc-rosé et s’épanouit en suivant les rayons du soleil. La Pâquerette était employée par le passé pour ses propriétés cicatrisantes et apaisantes. Aujourd’hui, on l’utilise en baume ou en infusion pour ses vertus tonifiantes et astringentes. Symbole de la candeur et de l'attachement, les petits enfants qui affectionnent particulièrement les Pâquerettes, composent de jolies couronnes et des bouquets pour leur maman. Il est de coutume d'effeuiller cette charmante petite fleur pour prédire et mesurer l'amour avec le dernier pétale : Je t'aime, un peu, beaucoup, par fantaisie, par jalousie, pas du tout !

Bellis perennis © Cécile Decorniquet Studio

 


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30 mars 2024

Le Narcisse, symbole du sommeil et de l'engourdissement

Jeannette jaune, Narcisse des poètes, Jonquille, Taquette, Clodette, Narcisse des bois... Cette plante à l’aspect délicat et fragile, s’épanouit dans les bois clairs, les prés et les montagnes. Lumière printanière après l'hiver, le Narcisse est un rayon de soleil qui éclaire et embaume les jardins de son parfum légèrement sucré et poivré. Ses fleurs de couleur jaune ou blanche qui s’inclinent gracieusement au bout de leur tige, évoquent le mythe de Narcisse penchant son visage sur la rive pour contempler sans fin son reflet dans l'onde d’argent. Ce jeune éphèbe d’un grand attrait, repoussa les avances des plus belles divinités. Désespérée, la nymphe Echo qu’il méprisa se retira au plus profond des bois, il ne resta d’elle que sa voix. Mais Narcisse succomba à sa vanité et à son amour de soi. En exhalant son âme, il donna naissance à cette jolie fleur qui meurt la tête penchée. Symbole de la mort, du sommeil et de l'engourdissement, son essence était, jadis, utilisée pour l’endormissement !

Narcissus jonquilla © Cécile Decorniquet Studio

 


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29 mars 2024

Le coucou, l'herbe à la paralysie

Primevère vraie, Herbe de Saint-Paul, Primevère de printemps, Coucou de loup, Herbe à la paralysie, Glandinette, Brayette, Fleurs de Coucou, Coqueluchon, Coucou des prés... Cette primevère sauvage, plante de lumière et première fleur du printemps, habite les prairies, les broussailles et les bois clairs. Ses fleurs au parfum discret et délicat, apparaissent au bout d’une longue tige duveteuse, dessinant de jolies clochettes d’un jaune d’or lumineux. La légende affirme que pour être riche dans l’année, il faut se rouler dans les fleurs de Coucou, les poches remplies de petits sous, au premier chant du Coucou. Dans le monde de féerie on prétend que ces petites fleurs qui rappellent un trousseau de clefs, ouvrent le chemin entre le monde des humains et celui des fées. Remède souverain contre les vertiges et les vapeurs, les anciens lui accordaient le pouvoir de guérir la paralysie. En infusion ou en décoction, les fleurs de Coucou chasseront efficacement tristesse et dépression !

Primula veris © Cécile Decorniquet Studio

 


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25 mars 2024

Le Datura stramoine, l'herbe aux fous

Pomme épineuse, Herbe aux sorciers, Endormeuse, Châtaigne puante, Chasse-taupe, Herbe aux fous, Herbe du Diable, Trompette des anges, Concombre zombi... Le Datura stramoine qui affectionne les terres incultes et ensoleillées, est orné de larges feuilles à l'odeur nauséabonde et de fleurs blanches ou violacées en forme de trompette qui ne s'ouvrent qu’à la nuit tombée. Cette plante possède des fruits hérissés de piquants nommés « Pommes du Diable », renfermant de nombreuses graines toxiques que l'on dispersait autour des maisons pour se protéger des envoûtements et des démons. Les propriétés hallucinogènes du Datura stramoine étaient employées au moyen-âge pour calmer la folie et soigner la mélancolie. Sorciers, enchanteurs et magiciens préparaient des philtres et des breuvages magiques aux extraits de cette herbe maléfique pour rejoindre le sabbat. En infusion ou en fumigation, le Datura plonge dans un sommeil profond proche de la mort, mais entrouvre, dit-on, les portes de la perception !

Photo © Cécile Decorniquet Studio


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25 mars 2024

L'Aconit napel, une fleur dangereuse et mortelle !

Char de Vénus, Gueule-de-loup, Capuce de moine, Casque de Jupiter, Tue-loup bleu, Sabot du Pape, Napel... Cette belle plante terriblement vénéneuse se rencontre dans les bois ombragés ou près des cours d’eau. L'Aconit au feuillage vert sombre, est une fleur dangereuse et mortelle qui doit être manipulée avec mille précautions. Autrefois, les chasseurs enduisaient la pointe de leur flèche de son poison foudroyant pour tuer les loups et les renards. Il y a fort longtemps, cette herbe funeste était brûlée et donnée en offrande à Hécate, déesse lunaire détenant les secrets des plantes et des enchantements. En magie noire, dagues et lames pointues utilisées dans les rituels et les charmes sont purifiées et consacrées dans un breuvage magique d'Aconit. On prétend que cette plante serait née de l'écume ruisselant à terre des crocs du Cerbère, le terrible chien à trois têtes gardien de la porte des Enfers. L'Aconit sur soi porté, créatures et monstres seront repoussés et la colère maîtrisée !

Photo © Cécile Decorniquet Studio


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25 mars 2024

La Belladone, l'herbe des sorcières par excellence !

Herbe empoisonnée, Belle dame, Morelle furieuse... Redoutable et solitaire, la Belladone fréquente les sous-bois et les clairières. Ses fleurs violacées en forme de cloche se transforment en baies noires luisantes nommées « Cerises du Diable ». Ces fruits extrêmement toxiques recèlent de l'atropine, une substance qui provoque excitation, délire et hallucinations. La Belladone est dédiée à Atropos, la Parque inflexible qui coupe le fil de la vie mais aussi à Hécate, Médée et Circé, les terribles magiciennes de l’antiquité. Herbe des sorcières par excellence, ses baies à la saveur douce et sucrée étaient mélangées au Datura stramoine et à la Jusquiame noire pour composer l'onguent de vol qui leur permettait de se rendre au sabbat. Jadis, les femmes l’employaient en décoction pour se farder et entretenir la blancheur de leur peau. Les belles dames d'autrefois enchantaient le cœur de leurs amoureux d’un regard profond et mystérieux, en versant une goutte de Belladone dans leurs yeux !

Photo © Cécile Decorniquet Studio


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24 mars 2024

La Rose, une fleur souveraine dans les philtres d'amour

Reine des fleurs, splendeur de la nature, fleur favorite de Bacchus, des Muses et d’Aphrodite, attribut des Grâces, ornement des poètes et de l’Aurore « aux doigts de rose » qui ouvre les portes du matin... la Rose est l’emblème de l’amour, du désir et de la beauté, et même si les épines l’environnent, l’amant heureux la cueille avec plaisir. L'origine de la Rose a quelque chose de divin. On dit que le premier rosier aurait jailli de terre quand Vénus naquit de l’écume de la mer. Les dieux versèrent alors une goutte de nectar sur l’arbrisseau pour lui donner son éclat et son parfum délicat. Elle est souveraine dans les philtres d’amour et dans les vœux de guérison. La Rose est aussi un symbole funéraire ; autrefois elle servait à embaumer les morts. Aujourd’hui encore, elle accompagne le Cyprès autour des tombeaux. Cependant, cette fleur qui s’épanouit, se fane et meurt en un jour, évoque la fragilité des choses et nous rappelle tristement que ni l'amour ni la Rose ne vivent très longtemps !

Photo © Cécile Decorniquet Studio


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24 mars 2024

Le Sureau, l'arbre aux fées

Bois de pafette, Arbre aux fées, Sambuc, Arbre de Judas, Sureau des merles, Suseau, Fuseau... Cet arbuste très ancien se coiffe au printemps d'une myriade de petites fleurs d’un blanc crémeux qui se changent en bouquets de baies noires au début de l'été. Fleurs et fruits du Sureau sont employés pour leurs vertus thérapeutiques et pour la confection de beignets, de sirops, de gelées et de confitures. Dédié aux divinités chastes et maternelles, le Sureau est lié à la déesse Hestia, gardienne du foyer et du feu sacré et à la nymphe Cardea qui protège les enfants des créatures de la nuit. Il y a bien longtemps, on fabriquait de son bois tendre et creux, des flûtes magiques aux mélodies ensorcelées pour attirer les esprits. Mais aussi des bâtons de sorcier dans lesquels maléfices et sortilèges étaient cachés. On dit que le Sureau est habité par les fées. Avant de couper une branche, n'oubliez jamais de réciter une formule enchantée afin qu’elles puissent quitter l’arbre en toute sérénité!

Photo © Cécile Decorniquet Studio


MAGIE VERTE, les herbes et les arbres enchantés


Ces œuvres sont protégées par une certification CLEO qui confère à son auteur une date de création certaine sur son œuvre. Une signature numérique atteste de cette antériorité. Elle est soumise aux dispositions du Code de la Propriété Intellectuelle. Toute reproduction ou représentation totale ou partielle doit faire l’objet d'une demande d'autorisation auprès de l’auteur. Concept et titres déposés et enregistrés à l'INPI : Institut National de la Propriété Industrielle.

21 mars 2024

L'Angélique, l'herbe aux anges

Archangélique, Herbe de Saint-Esprit, Herbe aux anges, Angélique de bohême, Herbe aux fées... Cette herbe verte, longue et fine qui aime les endroits humides et ombragés, se rencontre souvent le long des cours d'eau. On la nomme Herbe aux anges car l’archange Raphaël, gardien de l'humanité et ange de guérison, aurait fait don de l'Angélique aux hommes. Fleurs, feuilles et tiges de cette plante aromatisent subtilement les boissons, les plats et les desserts. Elixir de longue vie, l’Angélique aux propriétés magiques, augmente la patience et la persévérance et préserve des sortilèges. Elle se refuse à pousser dans le jardin des sorcières maléfiques et fait fuir les plus terribles démons. Ses vertus admirables sont employées depuis le moyen-âge contre le venin, les fièvres et les morsures de chiens enragés. Mélangée dans le bain, l'Angélique permet relaxation, méditation et réflexion. Son délicieux parfum aux fragrances légères vous apportera clairvoyance et tempérance !

Angelica archangelica © Cécile Decorniquet

MAGIE VERTE, les herbes et les arbres enchantés


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25 septembre 2022

Le Milan, un oiseau à la voracité sans pareille !

On dit qu’il a des habitudes pillardes empreintes de lâcheté et des mœurs de charognard. Sans courage, il fuit devant les oiseaux plus petits comme l’épervier, la corneille et le corbeau qui le chassent et se moquent de lui. Le milan est aussi vorace et gourmand que lâche ! Insatiable, il mange tout, vole tout pourvu qu’il n’y ait aucun danger alentour. Devant un adversaire, il fuit et s’élève au plus haut dans le ciel et se perd dans les nues pour éviter la poursuite. Il se nourrit de taupes, de rats et de divers reptiles et se jette sur les poissons morts qui flottent sur l’eau. Cependant, on prétendait autrefois, que cet oiseau fort âpre à la proie et toujours affamé s’abstenait de voler les viandes dans les banquets des funérailles. Et puis, malgré tous ses défauts, il n’y a pas d’oiseau qui ait de vol plus beau, plus aisé et rapide que lui. Il plane et flâne dans les airs et quelques battements légers et nonchalants guident ses évolutions. Il établit son nid ordinairement dans les trous des rochers et parfois sur les arbres des forêts qui tombent de vétusté. Aussi, il passe pour avoir donné l’idée du gouvernail par les inflexions qu’il donne à sa queue quand il vole et inspiré l’art du pilotage. En effet, on l’appelait « oiseau pilote à queue de gouvernail ». Le nom du milan est fondé sur une croyance populaire qui accordait à cet oiseau une très longue vie, une existence de mille ans. Dans certaines cultures il est un symbole solaire. On prétend que le milan noir est un oiseau pyromane qui profite des incendies pour transporter des brindilles enflammées d’un endroit à un autre pour déplacer le feu et débusquer les petits rongeurs de leur tanière. On dit aussi que « pendant l’hiver les milans se tiennent cachés et qu’au temps des solstices ils ont la goutte aux pieds !* » 

 * Histoire naturelle de Pline traduite en françois, avec le texte..., Volume 4.

Milan royal (Milvus milvus). Tome 6, planche 32 du livre Histoire des oiseaux peints dans tous leurs aspects apparents et sensibles, ornée de planches coloriées de François-Nicolas Martinet, 1796. BNF

Le Milan et le Rossignol
Jean de La Fontaine, (1621/1695).
Après que le Milan, manifeste voleur,
Eut répandu l'alarme en tout le voisinage,
Et fait crier sur lui les enfants du village,
Un Rossignol dans ses mains tomba par malheur.
Le héraut du printemps lui demande la vie :
« Aussi bien, que manger en qui n'a que le son ?
Écoutez plutôt ma chanson :
Je vous raconterai Térée et son envie.
- Qui, Térée ? Est-ce un mets propre pour les milans ?
- Non pas ; c'était un roi dont les feux violents
Me firent ressentir leur ardeur criminelle.
Je m'en vais vous en dire une chanson si belle
Qu'elle vous ravira : mon chant plaît à chacun. »
Le Milan alors lui réplique :
« Vraiment, nous voici bien !
Lorsque je suis à jeun,
Tu me viens parler de musique.
- J'en parle bien aux rois.
- Quand un roi te prendra,
Tu peux lui conter ces merveilles.
Pour un milan, il s'en rira :
Ventre affamé n'a point d'oreilles. »

Fables de La Fontaine, édition illustrée par J.J. Grandville (1838-1840) Le Milan et le Rossignol. Bnf

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