Cet animal qui sait se défendre sans combattre, fait fuir tous ceux qui le tourmentent grâce à l’armure épineuse invulnérable dont la nature l’a dotée. Seuls le renard et le loup osent braver ses pointes acérées. Le Hérisson habite volontiers nos jardins mais se retire le jour dans le creux des vieux arbres, à l’abri des ronces, des buissons ou sous un amas d’herbes sèches et de mousse qu’il affectionne particulièrement. Au crépuscule, il part en chasse à la recherche d’insectes, de petits rongeurs, de reptiles, d’oiseaux et parfois de crapauds. Aussi, il se nourrit de serpents qu’il peut détruire en nombre et ne craint pas de loger dans les lieux où ils abondent. On dit que le Hérisson a une adresse toute particulière pour monter aux arbres et s’emparer des fruits en se servant de la pointe de ses piquants pour les transporter. Quand le raisin est mûr, il entre dans les vignes et grimpe sur le pampre pour en manger à satiété. Puis, il se roule sur les grains tombés à terre qu’il perce de ses épines pour les emporter dans sa demeure et les conserver. A l’arrivée du froid, il se roule en boule et tombe en léthargie dans son nid jusqu’au retour des beaux jours. Autrefois, le hérisson était connu pour prédire le temps. Quand il sortait de son terrier, le printemps était arrivé, mais s’il retournait se coucher l’hiver durait encore quelques semaines. Cependant, ce petit mammifère épineux avait très mauvaise réputation chez les anciens qui le qualifiaient de bête immonde. On prétendait que le hérisson tétait aux pis des vaches, qu’il les vidait de tout leur lait et qu’il empêchait même ces dernières de vêler. On l’accusait également de s’introduire la nuit dans les poulaillers pour s’attaquer aux poules, les étrangler et les saigner par le croupion. De plus, il dévorait les poussins sous l’aile de leur mère et volait les œufs pour en déguster le jaune. Les jeunes filles qui avaient le malheur de mettre un pied sur lui pendant leurs menstruations tombaient enceinte et, quelques mois après, accouchaient d’un plein panier de bébés hérissons ! Jadis, sa peau était préparée en décoction ou réduite en cendre pour soigner l’incontinence d’urine et enrayer la calvitie. Manger son œil droit frit dans du lin permettait de voir la nuit. Son foie était très estimé dans les maux de reins et sa peau bardée de piquants servait à lainer les étoffes. Symbole de la gourmandise et de l’avarice, le Hérisson était considéré au moyen-âge comme malfaisant, voleur, sournois et gourmand. Pourtant, c’est un animal inoffensif et paisible malgré ces petits larcins dans les vergers, les vignobles et les potagers. Mais il est vrai que ce petit quadrupède solitaire, que l’on ne peut toucher sans se piquer, n’a pas toujours bon caractère et grogne quand on le dérange sur son territoire ou quand il dort. Qui s’y frotte s’y pique !
Detail of a miniature of hedgehogs rolling on grapes, sticking them to their spines to carry back to their young; British Library Royal 12 F xiii; folio 45r.
Ces œuvres sont protégées par une certification CLEO qui confère à son auteur une date de création certaine sur son œuvre. Une signature numérique atteste de cette antériorité. Elle est soumise aux dispositions du Code de la Propriété Intellectuelle. Toute reproduction ou représentation totale ou partielle doit faire l’objet d'une demande d'autorisation auprès de l’auteur. Concept et titres déposés et enregistrés à l'INPI : Institut National de la Propriété Industrielle.
Le grimoire est un livre de magie chargé de signes sacrés écrits avec du sang de chauve-souris, où sont consignées des formules secrètes et mystérieuses pour composer des potions, des philtres amoureux, des élixirs, des enchantements, des remèdes pour guérir certains maux, trouver les trésors cachés, fabriquer des amulettes et des talismans et se rendre invisible. Il contient tous les arts de la magie et de vieux mystères y sont révélés. Fermé par un anneau doré, cet ouvrage ancien en parchemin, appartient ordinairement à un sorcier ou un magicien, avec lequel il fait des prodiges. Cependant, certains grimoires sont maléfiques et remplis de sorcellerie. Ecrits avec le sang du diable en personne, ils renferment des mots et des signes funestes capables de faire périr les animaux, de troubler les saisons, de renverser le cours naturel des éléments, de répandre des maladies et toutes sortes de maléfices. On y trouve aussi comment jeter des sorts, traverser les airs à volonté, soumettre les mauvais génies, les morts et les démons, convoquer toutes les puissances infernales et même forcer le diable à paraître armé de ses cornes sur la tête, le visage rouge et le corps tout couvert de poils noirs ! On dit de ces terribles grimoires qu’ils résistent aux flammes, sentent le souffre et la fumée et qu’il est impossible de s’en débarrasser. Aussi, leur lecture comporte des risques, car certains redoutables secrets ne doivent pas tomber dans des mains inaptes à les recevoir. Bien sûr, nous ne sommes pas obligés de croire à ces œuvres de très haute curiosité, au diable, aux sorcières, aux magiciens et à tout ce qui est du ressort des sortilèges et des enchantements. Nous laisserons le soin aux lecteurs de décider de la question !
Le Petit Albert est un grimoire de magie, inspiré par les écrits de saint Albert le Grand.
Il est imprimé en France pour la première fois en 1668, puis réédité de façon continue.
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La poule noire à un secret propre à faire apparaître le diable à volonté pour obtenir richesse, pouvoir et faire parler les morts. Lié aux démons, cet animal est indispensable dans les maléfices des sorciers et son sacrifice était, autrefois, synonyme d’invocation satanique. Pendant les nuits de pleine lune, les sorcières immolaient une poule noire en poussant d’horribles cris pour appeler les esprits qui apparaissaient sous les formes les plus immondes. Les magiciens et les devins cherchaient à lire l’avenir dans ses entrailles. On se rendait invisible en portant le cœur d’une poule noire sous le bras droit. Avec son sang, on écrivait le vœu souhaité sur un petit morceau de papier, puis on enterrait le tout à un pied de profondeur. Certains onguents s’appliquaient avec une plume de poule noire. Pour obliger le diable à paraître et faire alliance avec lui, il convient de saisir une poule noire qui n’a jamais pondu et qui n’a jamais vu le coq. Cependant, prenez garde de ne pas la faire crier, vous risqueriez de rompre le charme et de devoir recommencer. Puis, sans jamais regarder derrière vous, rendez-vous à minuit à un carrefour où quatre chemins forestiers aboutissent. A l’aide d’un rameau de coudrier, tracez un cercle en faisant trois fois le tour à reculons en récitant le Pater à rebours. Depuis le centre du cercle, répandez le sang de la poule que vous venez d’égorger en répétant à haute voix les termes de votre marché. Invoquez le diable avec des paroles magiques en criant trois fois : « Poule noire à vendre ! » ou neuf fois : « Robert ! ». Alors, dans un silence pesant, le vent se lèvera, la foudre éclatera en déchirant le ciel et le diable se présentera soudain à vous, éclairé par la lune. Jetez-lui votre pacte signé de votre propre sang, il apposera sa signature et disparaîtra dans un nuage de vapeurs sulfureuses. A ce moment ou neuf jours après, le prince des ténèbres offrira en présent une poule aux œufs d’or que vous seul devrez nourrir et qui couvera votre argent en le doublant le jour suivant ! On prétend que ce pacte avec le démon assure richesse et bonheur pendant vingt ans. Cependant, au terme de cet engagement, il exigera votre corps et votre âme et vous serez voués à son service éternellement !
Il est possible de se défaire de ce pacte en le cédant à une autre personne qui s’engage alors solidairement pour vingt ans. Le Diable attend parfois des milliers d’années avant de récupérer l’âme qu’il a achetée !
Second part of the pact allegedly signed between Urbain Grandier and the Devil. This half is also signed by Satan, Leviathan, Astaroth, and a number of other demons. This image is from Dictionnaire infernal by Collin de Plancy (1826).
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Venue de nos ancêtres et de tous temps respectée, la fête de la Saint-Jean d’été et ses feux de joies scintillent de toutes parts dans la nuit la plus courte de l’année. C’est un jour animé où l’on danse et chante autour des bûchers. Suspendu entre printempset été, ce moment est propice aux vœux, aux serments et aux sacrifices. Autour des feux sacrés, les âmes des trépassés viennent se réchauffer pendant que les vivants se purifient de tous leurs tourments. Les plantes cueillies lors de cette nuit remplie de mystères ont des vertus toutes particulières, des sucs et des saveurs extraordinaires. Certaines garantissent contre les éclairs, d’autres protègent des maladies et repoussent les mauvais génies. On prétend que ces herbes ramassées entre l’aube et le lever du soleil ne flétrissent jamais contrairement à celles cueillies les autres jours de l’année. Cependant, pour garder toutes les propriétés magiques des plantes, il faut accomplir cette tâche à main nue et ne jamais couper les herbes au moyen d'un couteau ou d’un ciseau. A la clarté des flambeaux, des couronnes de fleurs sont tressées que l’on porte sur le front pour éloigner les mauvais sorts et les démons. Aussi, avant le lever de l'astre du jour, il est recommandé de se rouler dans la rosée et de recueillir les gouttelettes scintillantes de mille feux dorés pour guérir de certains maux. A la fin de la cérémonie, chacun récupère un tison qu’il emporte dans sa maison et les cendres sont jetées au vent, emportant au loin tous les malheurs et désagréments. Aux alentours de minuit, on peut rencontrer la mythique fougère qui confère le don d’invisibilité en ouvrant sa fleur au milieu des esprits endiablés. Autrefois, sorciers et magiciens, enchanteurs et devins jetaient dans les bûchers les herbes récoltées, en prononçant des conjurations et quelques mystérieuses oraisons. Parfois, des animaux vivants étaient donnés en offrande aux flammes, comme les chats, les crapauds, les araignées et les serpents qui environnent le diable. Pour élaborer de puissants philtres et enchantements, cherchez un trèfle à quatre feuilles à la faveur de la nuit de la Saint-Jean et cueillez-le avec les dents !
A Midsummer Night's Dream - Gustave Doré, 1832/1883.
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Aujourd’hui, l’aimable déesse du Printemps laisse place à L’Eté bienfaisant. Cette période faste où les jours sont les plus longs de l’année, démarre au solstice d’été. C’est le temps des semailles, des foins et des mûres, les terres sont labourées et les herbes coupées. Dans le ciel azuré, le soleil déverse sa clarté et enrichit la terre de moissons dorées. Les raisins, les plantes et les fruits rougissent sous les rayons solaires, tout éclot et devient radieux. Mais parfois, pendant cette brillante saison, le jour pâlit et le ciel s'assombrit de nuages orageux d’où s’échappent des éclairs et des torrents de pluie. L’astre du jour tempère alors ses feux et rend à la terre sa plus belle parure en la couronnant d’une guirlande de blés mûrs !
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Le 6 Octobre, "Jardin d'Automne" sera de retour au Château de la Chapelle à Châteauneuf de Gadagne. Nous travaillons activement au projet depuis plusieurs mois et beaucoup de chose se concrétise avec bonheur. Coté botanique, nous aborderons cette année, les plantes de la Bible, les Jardins de curé, les plantes maléfiques et les jardins des sortilèges...
Timide, agile et curieuse, la souris mène une vie nocturne très active. Elle court avec une grande rapidité mais le moindre petit bruit la fait déguerpir. Son ouïe fine et son odorat sont exquis et il n’y a pas d’endroit où elle ne puisse se faufiler. Douée d’une grande fécondité, elle pullule dans tous les lieux abondants en grains et en provisions ; rien n’est à l’abri de sa gourmandise. Elle pénètre partout et ronge même les étoffes, le papier, le bois et les meubles. L’hiver, elle loge dans les trous dans la terre, les vieilles murailles et dans les planchers pour que le froid ne l’engourdisse pas. La souris a beaucoup d’ennemis auxquels elle ne peut échapper et une foule d’animaux s’en nourrissent ; les chats, les oiseaux de rapine, les beletteset les hérissons lui font une guerre sans merci. On dit qu’elle est sensible à la musique et qu’elle prend un grand plaisir à se déplacer sur les touches d’un piano laissé ouvert. Porteuse de présages, elle est un symbole de la vie souterraine et des ténèbres. La souris est gardienne des trésors enfouis. Autrefois, on prétendait que les souris qui s’enfuyaient d’un bûcher enflammé étaient l’âme des sorcières. Aussi, son cri était de très mauvais augure. En s’installant dans les maisons elle annonce une mort prochaine et déserte souvent le lieu dès que la personne est décédée. Pour chasser les souris on enfermait un crapaud dans une cruche à l’endroit où elles viennent. On affirme qu’il ne faut jamais filer le jour du Carême-prenant, de peur que les souris ne mangent le fil toute l’année. On croyait aussi que les souris rôties ou bouillies soignaient les enfants de la coqueluche et de l’intempérance d’urine et que la fiente de souris mêlée avec du miel faisait revenir le poil lorsqu’il était tombé ! Inoffensive, la souris, aux mœurs douces et joyeuses, fuit les lieux inhabités et suit l’homme partout. Les enfants qui affectionnent particulièrement les souris, leur offrent leur dent de lait en échange d’une pièce apportée pendant la nuit. Cependant, ses apparitions surprises sont fort incommodes et inspirent l’horreur aux humains qui cherchent à s’en débarrasser par le poison et les pièges. Pourtant, malgré ces petits larcins et méfaits, certains s’attachent à ce rongeur qui devient un animal de compagnie. Il ne faut pas oublier que sa curiosité et son effronterie sont égales à son insatiable appétit !
The Garden of Earthly Delights, central panel - Detail man with mouse (lower left)
Hieronymus Bosch, 1450/1516.
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Diplomée de l’École des Gobelins, nominée au prix HSBC 2012, lauréate Jeunes Talents SFR 2013, c’est une jeune photographe qui nous ouvre les portes de son univers teinté d’imaginaire, d’onirisme et d’illusion. Explorant le réel, Cécile Decorniquet aime l’idée de « transfigurer cette réalité à travers l’imaginaire du photographe afin de s’inscrire dans une démarche de création ». Son travail est un voyage tourné essentiellement vers le portrait qu’elle décline dans des séries où l’enfance est racontée tel un conte, où la féminité est évoquée dans une dimension d’étrangeté. Cécile Decorniquetmanipule l’image en imposant des perspectives singulières et inhabituelles du portrait contemporain, appelant aussi bien les maitres de la peinture flamande que ceux de la peinture baroque espagnole, ou encore la rêverie mélancolique des petites filles de Lewis Carroll. Une sensibilité esthétique qu’elle arrive à conserver même dans ses travaux de commandes, ce qui est assez rare pour une jeune artiste et qui mérite d’être souligné. Lauréate Jeunes Talents SFR 2013, sa série sera exposée cet été, à partir du 1er juillet lors des Rencontres d’Arles 2013, dont la thématique imposée était Photographie et manipulation...
Cette habile et diligente ouvrière, aux pattes longues et effilées, s’élève le long du fil qu’elle a créé. Le fil produit par l’araignée n’a pas d’égal en légèreté et en solidité et les sucs qui lui servent à tisser sa toile sont abondants et ne s’épuisent jamais ! Mais sans sa toile, elle serait fort embarrassée pour manger. En effet, elle tend ses filets et attire dans sa trame les insectes qui viennent s’y fourvoyer. Si la proie est rebelle, elle l’entoure d’une grande quantité de fil pour en venir à bout sans peine et l’achever. Les araignées diffèrent dans leur forme, leur couleur et dans leur manière de filer. L’araignée domestique fait sa toile dans tous les recoins de la maison. La vagabonde saisit sa proie sans l’aide d’une toile et ne vit jamais au même endroit. Grande tisseuse, l’araignée des campagnes est dotée de longues pattes très utiles pour se déplacer dans les hautes herbes. Celle des jardins tisse à l’air une toile ronde et saute sur les mouches. La plus vorace et la plus redoutable est l’araignée des caves, au corps noir et velu qui fait son nid dans les vieux murs. C’est la seule qui ne craint pas la guêpe. Toutefois, la plus grosse, la plus hideuse et la plus effrayante des araignées d’Europe est sûrement la mythique Tarentule, très commune aux alentours de Tarente en Italie, qui plonge sa victime dans un état de profonde stupeur conduisant jusqu’à la mort. Autrefois, le seul remède connu pour guérir de sa morsure, était de danser frénétiquement la Tarentelle jusqu’à ce qu’on soit en sueur et hors d’haleine. Cette araignée ne file point de toile mais creuse un trou et se place à l’ouverture pour bondir sur ses proies. Dans l’obscurité, ses yeux brillent comme des diamants lumineux ! Selon le mythe, l’araignée serait née de la métamorphose d’Arachné, célèbre filandière, qui osa défier la déesse Athéna dans l’art de tisser. Offensée de cet affront, l’immortelle la changea en une fileuse araignée. Depuis, elle continue à ourdir sa toile en tirant de son corps des fils déliés. Les anciens regardaient l’araignée comme un présage funeste. Cependant, la tuer portait malheur et de nombreux remèdes étaient concoctés à base d’araignée. Elle était très estimée dans les fièvres intermittentes quand on l’écrasait sur les poignets. Enfermée vivante dans une noix et pendue au cou ou placée sur la partie atteinte, elle mangeait la maladie. Sa toile appliquée sur les plaies arrêtait les saignements. Elle était bonne aussi dans les coliques venteuses : si l’on en fricassait, à la grosseur d’un œuf, avec un peu de vinaigre et qu’on l’appliquait chaudement sur le nombril, elle provoquait la sortie des vents ! On dit encore aujourd’hui que l’araignée à un goût prononcé pour la musique, qu’elle est attirée par la lumière et qu’il faut toujours l’écraser du pied droit. La tuer le soir expose à de grands tourments et porte malheur. Celle que l’on croise le matin est un heureux présage. Aussi, n'ayez pas peur de la laisser grimper sur vos vêtements pour être riche dans peu de temps. Quand elle monte sur sa toile le matin, il pleuvra le lendemain, quand elle en descend il fera beau. Cette créature qui lie ses proies, nous inspire dégout et effroi par son aspect hideux et sa couleur sombre. Pourtant, l’araignée est inoffensive et utile. Elle nourrit les oiseaux et nous débarrasse des insectes volants et rampants. Et puis c’est une grande timide, elle se sauvera en vous voyant. Alors ne l’attrapez pas, laissez-la filer en toute tranquillité !
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Pierre des crapauds, Pierre du vertige… On prétend que les plus vieux et les plus gros crapauds possèdent dans leur tête la crapaudine, une pierre fabuleuse très convoitée par les jeteurs de sorts. Pour s'emparer de ce joyau qui guérit de tous les maux, les sorciers enveloppent l'animal, à l’exception de la tête, d’un drap rouge et l’exposent à toute l’ardeur du soleil dans un pot. Tourmenté par la chaleur et la soif, la pauvre bête expulse alors sa pierre enchantée. Toutefois, certains disent qu’elle ne se trouve pas dans la tête du crapaud mais qu’elle naît parmi les pierres et les rochers à la manière des champignons. Les anciens la mettaient au rang des pierres précieuses tant elle est rare et difficile à trouver. Très estimée, ils lui accordaient de grandes propriétés et enchâssaient la crapaudine dans des bagues pour éloigner la peste et les maladies malignes. Semblable à la couleur sombre du crapaud, on dit qu’elle est propre à résister à toutes sortes de venins. Ainsi, près du poison, elle change de couleur ! On assure qu’elle est très utile pour soigner certaines maladies, en particulier les vertiges. Broyée, mise en poudre et frottée doucement sur la peau, elle dissipe aussi les enflures causées par les morsures des bêtes venimeuses. Un secret pour éprouver une crapaudine : présentez-la devant un crapaud. Si l’animal entre en grande excitation et saute pour l’enlever, c’est un signe évident qu’elle est véritable !
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Le boire-amoureux, Philtre de volupté, Vin herbé, Liqueur enchanteresse… Le philtre d’amour est un breuvage enchanté dont la vertu secrète des ingrédients suscite une passion violente ou un attachement éternel et la fidélité jusqu’au trépas. Circé et Médée, les plus fameuses magiciennes de l’antiquité, excellaient dans l’art de préparer des philtres. Depuis, ils sont concoctés par les sorcières, les enchanteurs et les magiciens à l’aide d’herbes macérées dans du vin et de substances mystérieuses et vénéneuses dont ils ont le secret. Quelques philtres, autrefois renommés, étaient composés d’une tête de vipère, d’une queue de scorpion, d’un cœur d’hirondelle, d’os de grenouille, d’intestins de poisson, de rognures d’ongles, de sang de mouton noir et d’autres horreurs encore qu’il est interdit de révéler. Parmi ces étranges recettes, on trouvait aussi celle qui consistait à faire avaler à la personne désirée le poil du bout de la queue d’un loup ! Une autre encore où l’on devait tirer son sang un vendredi de printemps, ce jour étant consacré à Vénus, le faire sécher et le réduire en poudre pour le faire boire à la personne aimée. Mais le plus merveilleux des philtres était l’hippomane, un morceau de chair rond et noir que le poulain porte sur le front à sa naissance. Mis en poudre et mêlé au sang de l’être aimé, il avait l’incomparable propriété de stimuler l’amour. Toutefois, prenez garde de ne pas succomber aux charmes de la magie car tous ces puissants philtres aux parfums enchanteurs et aux sucs trompeurs sont dangereux et provoquent parfois la mort ou la folie. La médecine connaît des remèdes à presque tous les maux de l’humanité, mais il n’en existe aucun qui soigne le mal d’amour. Ah, qu’il est doux de boire la magie de l’amour, mais quel dommage que la recette soit perdue pour toujours !
Le Sortilège d'amour, Ecole allemande, XVème siècle. Musée des Beaux-Arts de Leipzig.
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Poison de terre, Serpentaire, Herbe à la paresse*, Sarrasine, Siphon... Cette plante grimpante vénéneuse à l’allure nonchalante, parée de jolies feuilles en forme de cœur, se répand sur les haies et les buissons. Ses fleurs jaunes à l’odeur déplaisante, ont une forme de cornet rempli d'un nectar qui attire et emprisonne les insectes. Son fruit en forme de poire contient de nombreuses graines que les fourmis dispersent, veillant ainsi à la bonne reproduction de la plante. Douée de nombreuses propriétés, on usait autrefois de ses vertus tonifiantes et stimulantes pour faciliter les accouchements, soigner les contusions et les morsures de serpents. Naguère, on l'utilisait dans les rituels de désenvoûtement. En fumigation, les graines d'Aristoloche portent bonheur et libèrent des maléfices. Plantée à droite de l'entrée des étables, elle protège le bétail des enchantements. L’Aristoloche pilée, mélangée avec une grenouille broyée, fera fuir infailliblement tous les animaux rampants !
* On la nomme "Herbe à la paresse" pour son aspect nonchalent.
Aristolochia clematitis (modified) - Prof. Dr. Otto Wilhelm Thomé Flora von Deutschland, Österreich und der Schweiz 1885, Gera, Germany.
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