zimzimcarillon
16 juillet 2015

Le Noyer, un arbre à l'ombrage redouté !

Arbre au sommeil, Noguera, Gauguier, Gland de Jupiter... Le bois de ce petit arbre massif est le plus beau et le plus agréable à travailler. Autrefois, il était destiné à la fabrication des sabots et la brou de noix servait à teindre la laine et les cheveux. Les noix qui sont un fort bon dessert, attirent la chance et la prospérité. Pour démasquer une sorcière, jetez une noix sous sa chaise, elle ne pourra plus se lever ni la quitter. Cependant, le Noyer à une sinistre réputation. On prétend que son feuillage épais projette des émanations malfaisantes et que son ombrage nuit aux plantes et aux animaux et provoque des étourdissements à certaines gens qui sont dessous. Il ne faut jamais planter un Noyer près d'une maison, au risque que sa racine s’insinue et se répande partout pour faire mourir les habitants. Si vous apercevez un Noyer drapé de lambeaux de brouillard, prenez garde ! Car les sorcières aux mauvaises manières, y accrochent leur culotte avant de s’envoler dans les airs !

Photo © Cécile Decorniquet Studio


MAGIE VERTE, les herbes et les arbres enchantés


Ces œuvres sont protégées par une certification CLEO qui confère à son auteur une date de création certaine sur son œuvre. Une signature numérique atteste de cette antériorité. Elle est soumise aux dispositions du Code de la Propriété Intellectuelle. Toute reproduction ou représentation totale ou partielle doit faire l’objet d'une demande d'autorisation auprès de l’auteur. Concept et titres déposés et enregistrés à l'INPI : Institut National de la Propriété Industrielle.

3 avril 2016

La Mélisse, l'herbe aux abeilles

Mélizette, Menthe des ivrognes, Herbe au cœur, Piment des ruches, Citronnade… Autant connue qu’odorante, la Mélisse* est cultivée depuis la plus haute antiquité comme plante médicinale et mellifère. On la rencontre dans les jardins ou au bord des chemins, au pied des murs, dans les haies et les décombres. Il n’est aucune herbe dont les abeilles aiment plus la fleur, elles en sont fort friandes. Ainsi, quelques feuilles de Mélisse froissées ont le don de fixer ces dernières sur les ruches. Ses feuilles à l’odeur citronnée, prisent en breuvage avec du vin ou appliquées sur la peau, sont un remède souverain contre les piqûres des guêpes, des abeilles, des araignées, des scorpions et les morsures de chiens. En décoction, le suc de la plante dissipe les inflammations, apaise les douleurs et facilite la digestion… Mélangée avec du miel elle est un onguent épatant pour éclaircir la vue. Selon les anciens, sa bonne odeur et l’âpreté de sa saveur réjouissent l’âme et le cœur, dissipent les vertiges, la migraine, les étourdissements, chassent les humeurs mélancoliques et fortifient les esprits vitaux en ôtant toutes les inquiétudes du cerveau. En magie on la brûle dans les rituels de guérison et de santé, elle protège aussi des influences négatives. Ses feuilles entrent dans la composition de l’eau de Mélisse, appelée Eau des Carmes* considérée par certains comme une panacée universelle. En frottant les ruches avec un bouquet de Mélisse, les abeilles vivront plus longtemps et se réuniront en nombre pour faire un miel excellent !

 

*Mélisse : terme grec signifiant abeille ; « à cause que les abeilles aiment cette plante » ; génev. melize. (cf. ds le txt Le Littré, 1880). 0n la nomme aussi Eau des Carmes*, parce que ce sont ces religieux qui en ont fait les premiers.

Album de la flora médico-farmacéutica é industrial, indígena y exótica v.3, 1864. 

 


MAGIE VERTE, les herbes et les arbres enchantés


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10 octobre 2017

MÉMOIRES DIAPHANES, Expo du 13 au 26 octobre 2017

Cécile Decorniquet et Natacha Nikouline présentent
"Mémoires Diaphanes" du 13 au 26 octobre 2017, chez IGDA 2.0. Vernissage le 13 octobre à partir de 18h30 en présence des artistes. 

Mémoires diaphanes

"Cécile Decorniquet et Natacha Nikouline entrent inconsciemment, en somnambules, dans les univers de Henry James et de Lewis Carroll; elles les pénètrent par des portes différentes, elle les métamorphosent, elles en construisent des espaces de fatalité et de regret : L’autel des morts et Le tour d’écrou fusionnent avec des images transgressives du monde victorien – les fillettes sont ambiguës comme la petite Alice aux épaules nues que Lewis Carroll photographiait sous fond floral ou sur canapé défoncé. Les fleurs étaient mortes, le jardin longtemps abandonné, les escaliers semblaient fissurés ; la mise en scène évoquait le côté sombre du miroir, une descente languide vers l’inconnu.

On se demande si les deux artistes contemporaines fabriquent des expériences imaginaires en bouleversant ce long héritage de beauté crépusculaire pourtant, les matériaux sont originaux, insolites. Natacha Nikouline et Cécile Decorniquet relatent des histoires de mort, de culpabilité, de décomposition. S’agit­‐il des histoires des fantômes ? Elles immortalisent les disparus : culte des morts lueurs de cierge, regards vides, voire accusateurs : symétrie entre dépérissement et chair enfantine albâtre, entre interprétation rationnelle et aporie surnaturelle. Chez les deux artistes on entend un dialogue en chuchotements, on sent une attirance sinistre irrésistible. Qu'est‐ce qui s'est passé ? Le danger est imminent : sans doute, les morts sont inexpliqués et, quant aux vivants, on les regarde comme à travers une lanterne magique. C’est des scènes de théâtre, un spectacle onirique de marionnettes désenchantées, éclairées d’une lumière glauque qui trouble davantage le déroulement des faits."

Soti Triantafyllou

Cécile Decorniquet & Natacha Nicouline

Cécile Decorniquet & Natacha Nikouline

IGDA 2.0 Galerie Associative
Ouvert du mardi au samedi de 14h à 19h
16 rue des Croisiers / Caen
www.igda-2-0.org

27 juin 2020

La légende des Willis

Condamnées à errer dans les airs, ces créatures vaporeuses sont de fantastiques danseuses qui chaque soir ouvrent le bal sous la clarté de la lune pâle. Enveloppées d’une longue traîne de mousseline, le visage livide et les cheveux ondoyants dans les airs, ces esprits dansants apparaissent dans les forêts brumeuses ou dans le voisinage de l’eau qu’elles affectionnent particulièrement. Parées de leurs habits de noces, les Wilis ont un goût immodéré pour la danse, elles ne cessent de danser du soir à l’aurore. Ces fiancées mortes avant le jour de leurs noces, cherchent encore après leur mort les joies dont elles ont été privées. Prenez garde, car ce sont de redoutables enchanteresses ! Ces ombres si jeunes et belles tendent la main pour entraîner les voyageurs égarés au fond des bois dans une ronde délicieuse. Enlacés dans leurs bras blancs, elles les forcent à danser jusqu’au petit matin puis les jettent épuisés de fatigue au fond des ondes noires et glacées. Seules les blancheurs de l’aube ont le pouvoir de mettre fin à leur délire vengeur !

 

La légende des Willis 1847 Hugues MerleLa légende des Willis, 1847, Hugues Merle.


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23 septembre 2015

Vertumne et Pomone, divinités de l'Automne

Remarquable par sa beauté et son art à cultiver les jardins, la nymphe Pomone était ardemment convoitée par les déités des champs et des vergers. Ignorant tout de l'amour, elle s'isolait du monde préférant apporter soins à ses arbres et cueillir les fruits délicieux qu’elle portait dans les replis de sa longue robe. Vertumne présidant à l’automne et aux changements du temps, symbolise l’année et les variations des quatre saisons. Ce jeune homme épris de Pomone, qui pouvait à son gré changer de forme, emprunta de nombreuses métamorphoses pour la séduire, en vain. Afin de conquérir son cœur, il entra dans ses vergers sous les traits d’une vieille femme et engagea la conversation. Après lui avoir fait mille louanges sur ses charmes, il lui conta l'histoire d’Anaxarète, fille née d’une noble famille de Chypre, aimée passionnément par le berger Iphis. Cette dernière réagit si froidement à son amour qu’il se pendit de désespoir. Devant le corps sans vie de son soupirant, Anaxarète fut si dépourvue d’émotion qu’Aphrodite la transforma en pierre. Vertumne lui rapporta tant d’aventures funestes, sur celles qui méprisaient la tendresse de leurs amants, que quand il se révéla sous son vrai visage, Pomone n'y résista pas et l’épousa. On dit que malgré le caractère changeant du dieu de l’Automne, son amour reste constant et fidèle à Pomone et qu'ensemble dans un âge avancé, ils rajeunissent au bout d’un certain nombre d’années !

Automne, vers 1890 - Louis Welden Hawkins.


Allégorie de l'Automne par la photographe Cécile Decorniquet


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3 juin 2024

Le fraisier sauvage et ses petites fraises vermeilles

Fraisier des bois, fraisier commun, petit fraise, frazi, capron... Ce fraisier qui s’épanouit au printemps se plaît dans les contrées boisées, au pied des haies et dans les jardins où pénètrent quelques rayons de soleil. Plante mellifère, le fraisier des bois a des fleurs blanches aux pétales finement crénelés, très visitées par les abeilles et les insectes butineurs. Après la floraison apparaissent des petites fraises vermeilles, délicates et fragiles à cueillir du bout des doigts. L’exquise délicatesse du parfum de ces fruits surpasse celui de toutes les autres fraises. Considérée comme une sorte de panacée depuis l’antiquité, la fraise des bois était très appréciée pour ses propriétés adoucissantes et ses vertus curatives. Bonne pour rafraîchir le teint, on l’employait pour parfumer les masques de beauté. Aussi, cette plante est liée à la déesse Artémis et à la nymphe Cardea qui ont le pouvoir de protéger les petits enfants et d’apaiser les douleurs de l’accouchement. On dit que les serpents ont les feuilles de fraisiers en horreur et qu’ils se pétrifient sur place ou prennent la fuite dès qu’ils sentent son odeur ! Au moyen-âge, la fraise des bois était cultivée pour sa saveur, son parfum et ses vertus thérapeutiques, notamment contre les maux comme la goutte et les douleurs articulaires et urinaires. On a continué à la cultiver dans les jardins royaux du Louvres pour la déguster comme aliment et ouvrir l’appétit. Aujourd’hui, on recueille ses feuilles encore jeunes pour faire des infusions aromatiques agréables au goût et ses fruits pour fabriquer des gelées et des confitures. Les fraises des bois au goût délicieux et savoureux, à la chair fondante aux propriétés rafraîchissantes qui enchantent nos papilles sont les plus suaves et les plus parfumées de toutes les fraises !

Fraisier des bois ; Fragaria vesca du latin « fragare » qui signifie embaumer.

Nature morte aux fraises, d'Adriaen Coorte (1705). Mauritshuis, La Haye.

 

 


MAGIE VERTE, les herbes et les arbres enchantés


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5 janvier 2025

Le harfang des neiges, le fantôme arctique

Ce hibou des neiges est très réputé pour la splendeur de son plumage d’un blanc si éblouissant qu’on peine à le distinguer dans le paysage enneigé de l’arctique. Seul le noir intense de son bec et de ses yeux cerclés d’un iris brillant et jaune, tranchent sur le manteau blanc de la neige. Solitaire, farouche et silencieux, cet oiseau étonnant habite les terres septentrionales. Remarquable par sa taille, le harfang est encore plus grand et plus gros que le grand-duc, c’est la plus grande de toutes les chouettes. Son superbe plumage le préserve des froids les plus terribles et ses pattes emplumées sont pourvues de fortes griffes. Ses yeux ne roulent pas dans leurs orbites comme ceux des autres chouettes, ce qui l’oblige à tourner la tête. De jour comme de nuit, il pratique une chasse silencieuse et redoutable. Ses proies sont ordinairement les gélinottes, les lemmings et les lièvres polaires, sur lesquelles il s’abat furtivement. Son ouïe aiguisée et sa vue perçante lui permettent d’entendre le moindre petit rongeur même enfoui sous la neige épaisse. On dit que même endormi, il est toujours en alerte. Cet oiseau légendaire plein de mystère est le plus emblématique du grand nord. Son vol silencieux sur l’immensité des glaces symbolise la blancheur de l'hiver et la culture nordique. C’est un oiseau mythique pour le peuple Inuit qui le nomme ; Chouette polaire, Terreur blanche du nord, Fantôme arctique, ukpik

 

Harfang vient du vieux suédois harfång, qui signifie attrape-lièvre. 

Le Harfang et la Chevêche, Oeuvres complètes De Buffon, tome XV, 1845.

 

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Magie Verte, les herbes et les arbres enchantés

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3 juillet 2012

Les conseils de la fée des Lilas à Peau d’âne

La Fée des Lilas dans Peau d'âne de Jacques Demy - 1970

Peau d'âne, Film de Jacques Demy, 1970.

 

La situation mérite attention. 
Mon enfant, on n'épouse jamais ses parents ! 
Vous aimez votre père, je comprends. 
Quelles que soient vos raisons, 
Quels que soient pour lui vos sentiments. 
Mon enfant, on n'épouse pas plus sa maman. 
On dit que traditionnellement, 
Des questions de culture et de législature décidèrent en leurs temps, 
Qu'on ne mariait pas les filles avec leur papa.

Un prince, une bergère peuvent bien s'accorder quelquefois 
Mais une fille et son père c'est, ma foi, 
Un échec assuré, une progéniture altérée. 
Mon enfant, il vous faut oublier à présent, 
Ces phantasmes démoralisants,
Et vous rencontrerez un charmant va-nu-pieds ou un prince mendiant. 
Mais, de grâce, oubliez cet hymen insensé. 

Mon enfant, la vie vous offrira ses présents, 
Mais il vous faudra auparavant, 
Vous conformer au plan que j'ai conçu pour vous savamment. 
Mon enfant, ne craignez pas les égarements 
Je vais vous éclairer brillamment, 
Je vais vous protéger, 
J'ai pour vous un chemin par mes soins tout tracé. 
Mais, de grâce, écoutez, j'ai tout manigancé !

 

Découvrez la recette du Cake d'amour

Peau d'âne est un conte en vers écrit par Charles Perrault en 1694

2 novembre 2012

Les terribles juments de Diomède

Ces juments furieuses qui vomissaient le feu et crachaient des flammes par les naseaux étaient au nombre de quatre. Nommées Podargus, Lampus, Xanthus et Dinus, elles étaient si indomptables et si fortes qu’on devait les tenir avec des chaînes et des brides de fer. Cette terrible cavale appartenait à Diomède, roi impitoyable de Thrace, fils d’Arès et de la nymphe Cyrène. On prétend qu’il les nourrissait de chair humaine et leur donnait à dévorer, dans des mangeoires d’airain, le corps de ses hôtes et de tous les malheureux étrangers de passage qui avaient le malheur de tomber entre ses mains. On pouvait voir avec horreur, le sol des écuries jonché d’ossements et de membres déchiquetés par les redoutables juments. Cependant, Héraclès reçut l'ordre d'Eurysthée, roi de l’Argolide et le pire ennemi du héros pendant ses douze travaux, de dérober les animaux anthropophages pour son huitième travail et de les ramener dans l’antique cité de Mycènes. Héraclès s’empara sans peine des juments qu'il confia à Abdère, son fidèle écuyer, pendant son combat avec le tyran de Thrace. Mais ce dernier ne put les maîtriser et fut déchiqueté par l'effrayante cavale. Accablé de tristesse devant les restes de son jeune ami, il assomma Diomède et s'empara des juments féroces qu’il rendit obéissantes en les rassasiant avec le corps de leur maître moribond. On dit qu'aussitôt elles redevinrent dociles et herbivores. Héraclès amena les juments à Eurysthée qui les consacra à la déesse Héra !

Diomède dévoré par ses chevaux (détail), 1865 - Gustave Moreau.

 


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29 septembre 2013

La fabuleuse pierre de Coq, pierre alectorienne

Parmi la multitude de talismans naturels, il se trouve dans les entrailles des vieux coqs, une pierre fameuse à qui les anciens attribuaient de grands prodiges et des propriétés merveilleuses. De la grosseur d’une fève, cette pierre alectorienne* de substance cristalline parsemée de pourpre, avait le pouvoir de décupler la force, le courage et de rendre invincible ceux qui la portaient sur eux. Les médecins lui donnaient la vertu de résister aux venins et de procurer un philtre qui modérait la soif. On prétendait aussi que cette pierre mirifique avait le don d’enrichir, d’exalter l’amour, de donner l’éloquence aux orateurs et fidélité aux époux. La pierre de coq porte en elle une puissance extraordinaire accordant aux vaillants guerriers force, gloire et victoire assurée !

*Alectorienne : ce mot vient du grec "alector", qui signifie coq et que les Grecs ont appelé de ce nom à cause de cet animal qui les obligeait à sortir du lit.

Le coq : Hugues de Fouilloy, Traité des oiseaux, folio 23v., un coq. Dans le cadre de la miniature on lit la rubrique : Gallus alis se percutiens est doctor aliis exemplum prebens. Intelligentia galli prudentia magistri. Période : 13ème siècle. Provenance : Abbaye de Notre-Dame (Clairmarais).

 


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28 avril 2015

La Blanque jument, une créature diabolique libre comme le vent

Parfois, pendant les nuits de pleine lune, on peut apercevoir la Blanque jument galoper dans la brume à la recherche de gens incrédules et d'enfants à enlever. De couleur pâle et d'une beauté parfaite, cette jument maléfique parcourt les plaines arides de la région du Nord-Pas-de-Calais et ne s'arrête que pour proposer aux passants égarés de l'enfourcher. On prétend que cette créature diabolique, libre et rapide comme le vent, n'appartient à aucun maître et qu'elle porte sur l'encolure un magnifique collier de clochettes dont le son envoûte ceux qui croisent son chemin. A la nuit tombée, elle s'approche familièrement des voyageurs aux semelles usées, et se penche gracieusement en leur montrant quelle fameuse monture elle fait. On dit que le dos de la Blanque jument peut s'allonger d'une façon invraisemblable pour transporter confortablement sept cavaliers. Cependant, à peine sont-ils montés qu'elle part dans une course effrénée sans que rien ne puisse l'arrêter ! Malheureusement, la fantastique chevauchée se termine à chaque fois par une ruade dans les eaux sombres et dormantes d’un marais. Les cavaliers qui voyaient la promesse d'un retour rapide au foyer, n'y trouveront guère que la mort. Prenez garde à cette monture fantomatique qui erre dans la pénombre car si vous montez sur son dos, vous serez terrassé d'une belle ruée ou noyé dans un marais lugubre à l'eau glacée !

Nøkken som hvit hest, 1909 - Theodor Kittelsen.

 


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6 janvier 2014

Philomèle et Progné par Jean de la Fontaine

Autrefois Progné l’hirondelle
De sa demeure s’écarta,
Et loin des villes s’emporta
Dans un bois où chantait la pauvre Philomèle.
Ma sœur, lui dit Progné, comment vous portez-vous ?
Voici tantôt mille ans que l’on ne vous a vue :
Je ne me souviens point que vous soyez venue,
Depuis le temps de Thrace, habiter parmi nous.
Dites-moi, que pensez-vous faire ?
Ne quitterez-vous point ce séjour solitaire ?
Ah ! reprit Philomèle, en est-il de plus doux ?
Progné lui repartit : Eh quoi ? Cette musique,
Pour ne chanter qu’aux animaux,
Tout au plus à quelque rustique ?
Le désert est-il fait pour des talents si beaux ?
Venez faire aux cités éclater leurs merveilles.
Aussi bien, en voyant les bois,
Sans cesse il vous souvient que Térée autrefois,
Parmi des demeures pareilles,
Exerça sa fureur sur vos divins appâts.
Et c’est le souvenir d’un si cruel outrage
Qui fait, reprit sa sœur, que je ne vous suis pas :
En voyant les hommes, hélas !
Il m’en souvient bien davantage.

 

Jean de La Fontaine, Fables - LIVRE TROISIÈME

La métamorphose de Progné et de Philomèle, article

Philomèle et PrognéFable de Jean de la Fontaine illustrée par Gustave Doré.

 


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14 mars 2014

Les Photographiques 2014, festival de l'image du Mans du 8 au 30 mars

où vous retrouverez l'artiste Cécile Decorniquet et sa série "LADIES "

Les portraits que Cécile Decorniquet propose dans ses séries se jouent des limites de la représentation et nous font partager un monde onirique empreint de fantaisie et de poésie. À l’encontre du regard mélancolique, l’artiste habille, grime ces petites filles, les fait poser à la manière des grandes dames victoriennes. L’espièglerie qui s’en dégage lance un défi au spectateur. Son univers qui mélange à la fois les grands portraits de la peinture primitive flamande, de la peinture baroque espagnole et de toute évidence les photographies d’Alice Liddell de Lewis Carroll, est trompeur. Une forme d’irréalité entoure ces visages qui, du coin de l’œil, nous jettent un regard narquois. Là où la photographie imprime une forme de réalité, Cécile détourne sa fonction initiale, nous donne à voir une figure fantasmée de l’enfance et nous révèle un monde surréaliste, comme si nous étions passés de l’autre côté du miroir. Laetitia Guillemin

LES PHOTOGRAPHIQUES 2014 - FESTIVAL DE L'IMAGE DU MANS

Lady 1 - 2008 © Cécile DecorniquetLady 1 - 2008 Photo © Cécile Decorniquet, Photographe 
Cécile Decorniquet Studio

Les Photographiques du Mans - article

11 juin 2016

Le papillon de nuit, farouche habitant des airs

Hideux enfant de la nuit, cet insecte grossier au corps épais garni de poils touffus ne paraît jamais tant que le soleil est sur l’horizon. Le jour, il se tient immobile dans les endroits les plus sombres car la lumière l’éblouit. Les papillons de nuits sont très divers et leur parure est moins brillante que celle des papillons diurnes. Le plus gros et le plus terrifiant est sûrement le Sphinx atropos ou Acherontia atropos dont le nom fait doublement référence à la mort. Cet animal funéraire, qui émet un cri plaintif lorsqu’il est effrayé, évoque l’Achéron, un des fleuves des Enfers et l’inflexible Parque, coupant le fil de la vie. La disposition singulière des tâches en forme de tête de mort qui ornent son dos en fait un sinistre messager. L’apparition de ce rodeur nocturne volant au clair de lune est de très mauvais augure. Doté d’ailes brunes et noirâtres et affublé de son masque lugubre, il visite les gens endormis pour leur inspirer des idées noires et les pires cauchemars. Il incarne aussi l’âme se détachant du corps des défunts pour prendre son envol. Ce farouche habitant des airs au vol lourd et crépusculaire murmure à l’oreille des sorcières le nom de celui que la mort va emporter. Le diable a pour habitude d’envoyer un grand papillon de nuit pour réunir en un instant, diablesses, incubes et succubes, sorciers et magiciens initiés au mystère du sabbat. A l’état de chenille, ce papillon de nuit se nourrit de feuilles des plantes les plus maléfiques comme le Datura, la Jusquiame, la Belladone, la Morelle noire. Aussi, il peut être ravageur et redoutable pour les abeilles. En effet, une fois sa métamorphose accomplie, il pénètre dans les ruches pour en voler le miel dont il est friand. Il épouvante ces dernières qui le piquent à grands coups d’aiguillons, en vain, car il est insensible au venin. Epouvantées, les abeilles désertent la ruche à jamais. Le Sphinx à tête de mort jette la terreur chez les gens superstitieux qui le regardent comme un présage funèbre. Cependant, cet insecte inquiétant qui ne s’éveille qu’à la nuit tombée et vole lourdement en poussant des cris sinistres, se brûle à lueur des bougies et nourrit de nombreux prédateurs, en particulier les chauves-souris !

An illustration from British Entomology by John Curtis.
Acherontia atropos (Death’s-head Hawk), 1840.

 


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29 novembre 2013

La Barbe Bleue

« Voilà, dit-il, les clefs des deux grands garde-meubles ; voilà celles de la vaisselle d’or et d’argent, qui ne sert pas tous les
jours ; voilà celles de mes coffres-forts où est mon or et mon argent ; celles des cassettes où sont mes pierreries, et voilà le passe-partout de tous les appartements. Pour cette petite clef-ci, c’est la clef du cabinet au bout de la grande galerie de l’appartement bas : ouvrez tout, allez partout ; mais, pour ce petit cabinet, je vous défends d’y entrer, et je vous le défends de telle sorte que s’il vous arrive de l’ouvrir, il n’y a rien que vous ne deviez attendre de ma colère. »

Gustave Doré - Lithographie de Barbe Bleue 1862
La Barbe bleue confiant la clé fée - Illustration de Gustave Doré, 1867.

« Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ? »
Et la sœur Anne répondait : « Je ne vois rien que le soleil qui poudroie, et l’herbe qui verdoie »...

La Barbe Bleue - Illustration de Gustave Doré 1867La Barbe Bleue de Charles Perrault, parue en 1697 dans Les Contes de ma mère l'Oye - Illustration de Gustave Doré 1867 

Moralité
La curiosité, malgré tous ses attraits,
Coûte souvent bien des regrets ;
On en voit, tous les jours, mille exemples paraître.
C’est, n’en déplaise au sexe, un plaisir bien léger ;
Dès qu’on le prend, il cesse d’être.
Et toujours il coûte trop cher.

Autre Moralité
Pour peu qu’on ait l’esprit sensé
Et que du monde on sache le grimoire,
On voit bientôt que cette histoire
Est un conte du temps passé.
Il n’est plus d’époux si terrible,
Ni qui demande l’impossible :
Fût-il malcontent et jaloux.
Près de sa femme on le voit filer doux ;
Et de quelque couleur que sa barbe puisse être,
On a peine à juger qui des deux est le maître.

10 mars 2013

Le romantisme noir au Musée d'Orsay

Exposition du 5 mars au 9 juin 2013.    

A ne pas rater : "Le Cauchemar (The Nightmare)" tableau du peintre Johann Heinrich Füssli, prêté par le Detroit Institute of Arts, l'une des œuvres majeures de l'exposition.

The Nightmare - 1781 - Johann Heinrich Füssli

Les trois sorcières,1783, de Johann Heinrich Füssli. 

Les trois Sorcières - 1783 - Johann Heinrich Füssli

Cap sur l'outre-monde (article)

Musée d'Orsay

6 octobre 2012

Fête des Sorcières & Diseurs d'histoires en Haute-Marne

Les 27 et 28 octobre 2012 - Chalindrey / Fort de Cognelot 
Les sombres couloirs du Cognelot accueillent chaque année la fête des sorcières. Pendant 2 jours, les visiteurs pourront profiter des nombreuses animations ensorcelées : marché des sorciers avec plus de 60 exposants, saynettes théâtrales, musiciens saltimbanques, jongleurs, cracheurs, déambulation de sorcières et autres personnages fantastiques, exposition sur l’imaginaire et l’extraordinaire, labyrinthe de la sorcière, maquillage pour enfants, trampoline…

Contact : Communauté de commune du Pays de Chalindrey
Tél.: 03.25.88.82.03 - Email : ccpchalindrey@wanadoo.fr

Les Diseurs d'Histoires 22ème édition

« Les contes ne sont pas faits pour endormir les petits mais pour réveiller les grands ».

Les Foyers Ruraux de Haute-Marne organisent la 22ème édition des Diseurs d’Histoires, du 5 octobre au 24 novembre 2012. Avec les premières couleurs de l’automne, les conteurs, seuls ou accompagnés de musiciens, arrivent de Reims, de Paris, des Cévennes, de Belgique, d’Italie ou d’Espagne, du Québec ou de plus loin encore pour partager contes, récits de vie, nouvelles, légendes et autres histoires à couper le souffle, à rire ou à frémir, à faire rêver et s’émouvoir. 52 spectacles vous sont proposés aux 4 coins de la Haute-Marne et au-delà, avec quelques détours dans l’Aube et la Côte d’Or. Lieux : salle des fêtes, bibliothèque, mairies, écoles... Horaires : de 20h00 à 00h00.

Foyers ruraux de Haute-Marne 52000 Chaumont
Tel : 03 25 32 52 80
E-mail - Site web

17 juin 2025

Le bleuet, une petite fleur qui aiguise la vue et l'esprit

Blavette, Fleur de Zacharie, Blavéole, Casse-lunettes, Bluet, Cornailles, Barbeau, Bleu-bleu, Aubifoin, Bleuet des champs... Cette jolie petite fleur d'un bleu céleste apparaît au printemps dans les prairies, les jardins et les champs de blé. On l’appelait jadis «Casse-lunettes» pour ses vertus à soigner l'inflammation des yeux et sa capacité à aiguiser la vue et l'esprit. L'eau de Bleuet versée délicatement autour des paupières rougies et fatiguées, redonnait un regard brillant et éclairé. On le nomme aussi Centaurée bleue en hommage au centaure Chiron, réputé pour son art à guérir par les plantes. Chez les anciens, les fleurs de Bleuet étaient récoltées après la rosée et mélangées dans les philtres d'amour. Symbole de la timidité et de la délicatesse, les jeunes filles glissaient discrètement un brin de Bleuet dans leur corsage ou dans leurs cheveux pour séduire et révéler leur beauté. Quelques gouttes d’eau de Bleuet dans la prunelle de vos yeux, vous accorderont un regard pétillant et malicieux !

Photo : ceciledecorniquetstudio

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Magie Verte, les herbes et les arbres enchantés

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Ces œuvres sont protégées par une certification CLEO qui confère à son auteur une date de création certaine sur son œuvre. Une signature numérique atteste de cette antériorité. Elle est soumise aux dispositions du Code de la Propriété Intellectuelle. Toute reproduction ou représentation totale ou partielle doit faire l’objet d'une demande d'autorisation auprès de l’auteur. Concept et titres déposés et enregistrés à l'INPI: Institut National de la Propriété Industrielle.

27 avril 2025

La lavande, une plante aux pouvoirs nombreux !

Lavande vraie, Garde-robe, Barbe de bouc, Lavendule, Arbre aux laveuses, Fleur de reine, Lavandro, Toute-saine... Très recherché par les abeilles, cet arbrisseau buissonnant aux épis bleutés habite les lieux arides et ensoleillés. Les bienfaits de cette plante millénaire sont nombreux. Ses vertus antiseptiques et cicatrisantes apaisent les brûlures et les piqûres d'insectes. Jadis, on appliquait sur les morsures de vipère des brins de Lavande froissés. Employée dans le bain, en infusion ou en fumigation, cette plante aide à l’endormissement, soigne l’anxiété, les vertiges, favorise l’amour et les rêves prémonitoires. On lui confère aussi le pouvoir de purifier l’esprit et le corps. Une ancienne légende dit que celui qui mange des fleurs de Lavande à la tombée de la nuit dans une vigne oubliée depuis plus de vingt ans, verra apparaître fantômes et revenants. Récoltée, séchée et égrainée, la Lavande ravive dans nos mémoires, les couleurs et les douces senteurs qui embaumaient nos armoires !

Photo : ceciledecorniquetstudio

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Magie Verte, les herbes et les arbres enchantés

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27 avril 2024

Éole et les Vents

Maître et régisseur de tous les vents, ce dieu capable de soulever les tempêtes règne sur les îles Éolides où il réside ordinairement. Il a les vents et les tempêtes en son pouvoir, qu’il gouverne à son gré ou sur l’ordre de Zeus et de Poséidon. Éole avait un si grand empire sur les vents que sa seule volonté les retenait enchaînés dans une profonde caverne pour que l’on ne craigne pas leur ravage. Lorsqu’il voulait exciter les tempêtes, il les laissait s’échapper de leurs prisons. On prétend que les ouragans et les tornades sont assignés à résidence sur l’île d’Eolie, dans des outres bien fermées. Royaume des vents, Éolie se compose de sept petites îles entre Sicile et Italie. On dit qu’à cause d’une outre s’étant ouverte par imprudence les vents soulevèrent une tempête si effroyable que la Sicile fut séparée de l’Italie. Selon le mythe, Éole a engendré six filles et six garçons qui s’unirent ensemble pour former les Tempêtes, divinités terribles auxquelles les marins sacrifiaient une brebis noire. Ces génies fougueux des airs soulevant les mers, et balayant la terre de leur tourbillon, sont les enfants du Ciel et de la Terre.

Eolo, keeper of the winds (digital enhancement of an old marble representation)
4 June 2005. Author: Ed Stevenhagen (Overleg).

Jan van der Straet, Ulysse dans la grotte des vents (vers 1590-1599), Rotterdam, musée Boijmans Van Beuningen.

 


MAGIE VERTE, les herbes et les arbres enchantés


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14 octobre 2012

La Dame blanche, une fée fantôme qui pressent la mort

Vêtue de voiles blancs et brumeux flottants dans les airs, la Dame Blanche hante les lieux où se sont produit des accidents. Cette fée fantôme est une apparition, une âme en peine qui revit son trépas, errant sans fin sur le lieu du drame. Suspendue entre l’existence et le néant, elle apparaît lorsqu'elle pressent la mort ou un malheur. Parfois, pendant les nuits de lune noire, on peut l'apercevoir entourée d’un halo de lumière sur les landes brumeuses et dans les bois. Autrefois, la Dame Blanche errait près des châteaux en poussant des cris lugubres et des plaintes sinistres pour annoncer la mort prochaine de l'un des membres du royaume. Bienveillante de nos jours, elle guide les voyageurs égarés pour les remettre sur le bon chemin. Si vers minuit vous sentez une mystérieuse présence, ne prenez pas peur, conjurez plutôt le mauvais sort en écoutant le murmure de la Dame Blanche et laissez-vous guider dans la nuit sans lune !

 

Que la lumière te guide sur le chemin et que la mort retourne d’où elle vient !

Dame blanche au sommet d'une tour - Gravure de Léon Benett parue dans le roman Le Château des Carpathes de Jules Verne en 1892.
 

MAGIE VERTE, les herbes et les arbres enchantés


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18 novembre 2012

Les Faunes, créatures champêtres et bucoliques !

Ces êtres bons et gentils, qui se nourrissent de racines et de fruits, conversent avec les arbres et les animaux et vivent dans les bois et les forêts enchantées près des nymphesMi-homme mi-bouc, les faunes ont l'apparence d’un jeune homme robuste et agile. Ils ont une queue frisée, des sabots et des oreilles pointues. Leur front couronné de pin et d'olivier sauvage est orné de petites cornes. Les faunes ne sont pas immortels mais sont dotés d'une grande longévité. Ils inspirent les humains pendant leur sommeil et protègent les troupeaux des loups. Un brin malicieux, ils aiment égarer les promeneurs dans la forêt, mais sans méchanceté. Le faune joue de la flûte de Pan et mène une existence de loisirs et de plaisirs en parcourant les forêts et les prés verdoyants. Il aime poursuivre les nymphes farouches et craintives et les séduire avec ardeur, provoquant chez ces dernières un trouble enchanteur !

 

Au son de la flûte de Pan les clairières s’animent, attirant les nymphes
et les beautés divines !

Des créatures issues des mythes antiques. Illustration (détail)
de 
Friedrich Justin BertuchKinderbuch Fabelwesen 2, 1806.

 


MAGIE VERTE, les herbes et les arbres enchantés


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24 mars 2024

La Rose, une fleur souveraine dans les philtres d'amour

Reine des fleurs, splendeur de la nature, fleur favorite de Bacchus, des Muses et d’Aphrodite, attribut des Grâces, ornement des poètes et de l’Aurore « aux doigts de rose » qui ouvre les portes du matin... la Rose est l’emblème de l’amour, du désir et de la beauté, et même si les épines l’environnent, l’amant heureux la cueille avec plaisir. L'origine de la Rose a quelque chose de divin. On dit que le premier rosier aurait jailli de terre quand Vénus naquit de l’écume de la mer. Les dieux versèrent alors une goutte de nectar sur l’arbrisseau pour lui donner son éclat et son parfum délicat. Elle est souveraine dans les philtres d’amour et dans les vœux de guérison. La Rose est aussi un symbole funéraire ; autrefois elle servait à embaumer les morts. Aujourd’hui encore, elle accompagne le Cyprès autour des tombeaux. Cependant, cette fleur qui s’épanouit, se fane et meurt en un jour, évoque la fragilité des choses et nous rappelle tristement que ni l'amour ni la Rose ne vivent très longtemps !

Photo © Cécile Decorniquet Studio


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28 mai 2016

L'Amarante queue de renard

Passe-velours, Queue de loup rouge, Bave d’ivrogne, Mousse de paon, Crête de coq, Cordelière, Blé des Incas… Remarquable par sa couleur et la forme de ses fleurs, l'Amarante queue de renard fait l’ornement des jardins et peut s’élever jusqu’à un mètre de hauteur. En effet, cette belle plante produit de longues grappes de fleurs pendantes d’un rouge pourpre et velouté. On la surnomme aussi "Discipline de religieuse" car ses hampes servaient, autrefois, de fouets. Plante comestible, ses graines et ses feuilles sont employées dans l’alimentation depuis la nuit des temps. La fleur prise en décoction a des vertus astringentes, rafraîchissantes et stimulantes pour le cerveau. Chargée d’histoire, l'Amarante queue de renard a la réputation de ne pas faner, elle est un symbole d'immortalité. Les anciens la portaient en mémoire des défunts et la plantaient autour des tombeaux. Plante sacrée dans l’antiquité, des couronnes de fleurs d'Amarante étaient suspendues au temple des divinités. Associée à la magie blanche, sorcières, devins et magiciens en faisaient grand usage et lui attribuaient des vertus magiques. Une couronne tressée d'Amarantes apportait guérison et protection, rendait invincible et invisible le bienheureux qui la portait sur lui. On dit qu'elle se plaît à être cueillie à la lueur de la lune le vendredi avant minuit. L’Amarante libèrera alors pleinement toutes ses propriétés en gardant son incarnat dans son plus bel éclat !

Amaranthus caudatus : Plantarum indigenarum et exoticarum icones ad vivum coloratae, oder, Sammlung nach der Natur gemalter Abbildungen inn- und ausländlischer Pflanzen, für Liebhaber und Beflissene der Botanik, 1792.


MAGIE VERTE, les herbes et les arbres enchantés


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16 février 2020

La Primevère, une petite fleur qui chasse les longs mois d'hiver

Primevoire, Fleur de mars, Prime-flou, Pâquette, Herbe d'hiver... Très répandue dans les jardins et les bois, cette petite fleur aux couleurs vives, chasse les longs mois d’hiver et annonce les prémices du printemps. Ses feuilles ondulées et dentelées disposées en rosette à ras de terre, sont ornées de fleurs colorées à la sève très sucrée dont les oiseaux sont friands. Autrefois, ces fleurs printanières symbolisaient le libertinage. Les dames aux mœurs dissolues qui donnaient des rendez-vous galants, portaient à la boutonnière des Primevères. Aujourd’hui, elle évoque la jeunesse et les premiers désirs amoureux. Offrir un bouquet de Primevères délivre un message d'amour naissant. On dit aussi qu'elles attirent les fées et protègent les jardins. Manger des Primevères permet de rendre visible l'invisible et de voir les esprits. Premières couleurs du printemps et signe des premiers sentiments, la Primevère ouvre sa corolle sous les rayons d'un soleil timide et grandissant !

Photo © Cécile Decorniquet Studio


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