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25 septembre 2022

Le Milan, un oiseau à la voracité sans pareille !

On dit qu’il a des habitudes pillardes empreintes de lâcheté et des mœurs de charognard. Sans courage, il fuit devant les oiseaux plus petits comme l’épervier, la corneille et le corbeau qui le chassent et se moquent de lui. Le milan est aussi vorace et gourmand que lâche ! Insatiable, il mange tout, vole tout pourvu qu’il n’y ait aucun danger alentour. Devant un adversaire, il fuit et s’élève au plus haut dans le ciel et se perd dans les nues pour éviter la poursuite. Il se nourrit de taupes, de rats et de divers reptiles et se jette sur les poissons morts qui flottent sur l’eau. Cependant, on prétendait autrefois, que cet oiseau fort âpre à la proie et toujours affamé s’abstenait de voler les viandes dans les banquets des funérailles. Et puis, malgré tous ses défauts, il n’y a pas d’oiseau qui ait de vol plus beau, plus aisé et rapide que lui. Il plane et flâne dans les airs et quelques battements légers et nonchalants guident ses évolutions. Il établit son nid ordinairement dans les trous des rochers et parfois sur les arbres des forêts qui tombent de vétusté. Aussi, il passe pour avoir donné l’idée du gouvernail par les inflexions qu’il donne à sa queue quand il vole et inspiré l’art du pilotage. En effet, on l’appelait « oiseau pilote à queue de gouvernail ». Le nom du milan est fondé sur une croyance populaire qui accordait à cet oiseau une très longue vie, une existence de mille ans. Dans certaines cultures il est un symbole solaire. On prétend que le milan noir est un oiseau pyromane qui profite des incendies pour transporter des brindilles enflammées d’un endroit à un autre pour déplacer le feu et débusquer les petits rongeurs de leur tanière. On dit aussi que « pendant l’hiver les milans se tiennent cachés et qu’au temps des solstices ils ont la goutte aux pieds !* » 

 * Histoire naturelle de Pline traduite en françois, avec le texte..., Volume 4.

Milan royal (Milvus milvus). Tome 6, planche 32 du livre Histoire des oiseaux peints dans tous leurs aspects apparents et sensibles, ornée de planches coloriées de François-Nicolas Martinet, 1796. BNF

Le Milan et le Rossignol
Jean de La Fontaine, (1621/1695).
Après que le Milan, manifeste voleur,
Eut répandu l'alarme en tout le voisinage,
Et fait crier sur lui les enfants du village,
Un Rossignol dans ses mains tomba par malheur.
Le héraut du printemps lui demande la vie :
« Aussi bien, que manger en qui n'a que le son ?
Écoutez plutôt ma chanson :
Je vous raconterai Térée et son envie.
- Qui, Térée ? Est-ce un mets propre pour les milans ?
- Non pas ; c'était un roi dont les feux violents
Me firent ressentir leur ardeur criminelle.
Je m'en vais vous en dire une chanson si belle
Qu'elle vous ravira : mon chant plaît à chacun. »
Le Milan alors lui réplique :
« Vraiment, nous voici bien !
Lorsque je suis à jeun,
Tu me viens parler de musique.
- J'en parle bien aux rois.
- Quand un roi te prendra,
Tu peux lui conter ces merveilles.
Pour un milan, il s'en rira :
Ventre affamé n'a point d'oreilles. »

Fables de La Fontaine, édition illustrée par J.J. Grandville (1838-1840) Le Milan et le Rossignol. Bnf

MAGIE VERTE, les herbes et les arbres enchantés


Ces œuvres sont protégées par une certification CLEO qui confère à son auteur une date de création certaine sur son œuvre. Une signature numérique atteste de cette antériorité. Elle est soumise aux dispositions du Code de la Propriété Intellectuelle. Toute reproduction ou représentation totale ou partielle doit faire l’objet d'une demande d'autorisation auprès de l’auteur. Concept et titres déposés et enregistrés à l'INPI : Institut National de la Propriété Industrielle.

2 juillet 2012

La recette du Cake d'amour de Peau d'âne

Préparez votre pâte, dans une jatte plate
Et sans plus de discours, allumez votre four.

Prenez de la farine, versez dans la terrine,
Quatre mains bien pesées, autour d'un puits creusé. 

Choisissez quatre œufs frais, qu'ils soient du matin faits,
car à plus de vingt jours un poussin sort toujours. 

Un bol entier de lait, bien crémeux s'il vous plaît,
de sucre parsemez, et vous amalgamez,

Une main de beurre fin, un souffle de levain,
une larme de miel, et un soupçon de sel. 

Il est temps à présent, tandis que vous brassez,
de glisser un présent pour votre fiancé, 

Un souhait d'amour s'impose, tandis que la pâte repose,
lissez le plat de beurre, et laissez cuire une heure...

 

Un film de Jacques Demy, 1970.

Peau d'âne est un conte en vers écrit par Charles Perrault en 1694.

 


Découvrez les conseils de la Fée des Lilas sa marraine.


 

3 juin 2017

Cupcakes, les petits gâteaux des fées, recettes

Cette minuscule pâtisserie créée par les fées et qui se mange en une bouchée est composée d’une pâte légère, moelleuse et onctueuse qu’elles surmontent d’un glaçage saupoudré de mille couleurs selon leur envie ou leur humeur ! Grandes créatrices de saveurs, les fées expriment toute leur inventivité dans ces délicieux petits gâteaux colorés aux multiples arômes dont elles ont le secret. Au gré de leur fantaisie, le glaçage, le goût, les parfums et les couleurs peuvent varier à l’infini. Crémeuses, fondantes et savoureuses, ces petites douceurs que l’on déguste à toute heure sont un vrai plaisir pour les papilles et pour les yeux un pur bonheur ! 

 

On dit que le « Fairy cake » ou « Cupcake » est un si petit gâteau qu’il s'accorde parfaitement à la portion d’une fée.

 

Autrefois, la pâte se composait de :
1 tasse de beurre, 2 tasses de sucre, 3 tasses de farine et 4 œufs…

Photo © Cécile Decorniquet - https://www.ceciledecorniquetstudio.com 

 

Aujourd'hui la pâte se compose de différentes manières et le gâteau au yaourt peut très bien faire l'affaire :
- Préchauffez votre four à 180°,
- Mélangez : 1 yaourt, 2 pots de sucre, 3 œufs, 3 pots de farine, 1/2 sachet de levure et 1/2 pot d'huile.
- Mêlez le tout pour obtenir une pâte onctueuse que vous aromatiserez d'un sachet de vanille.
- Versez votre pâte dans les minis caissettes prévus à cet effet
- Enfournez les cupcakes et laissez cuire pendant 15 minutes environ... 

Surveillez bien la cuisson car ces adorables petits gâteaux ont la particularité de cuire très vite !

 

Rehaussez le tout d'un glaçage à votre goût :
- Mélangez 300 g de sucre glace tamisé avec 50 g de beurre ramolli,
- Incorporez au mélange bien battu : 120g de fromage frais (St Moret ou Philadelphia) pour obtenir un délicieux glaçage au cream cheese. 

- Placez le glaçage dans plusieurs récipients avec quelques gouttes de colorants* et laissez refroidir un bon moment...

Décorez vos cupcakes de paillettes et de bonbons aux couleurs et aux formes variées, au gré de vos envies et de votre fantaisie !

 

* Pour obtenir de jolies couleurs pour votre glaçage :
Rose = 3 gouttes de rouge + 1 goutte de bleu
Vert turquoise = 2 gouttes de jaune + 12 gouttes de bleu
Violet = 9 gouttes de rouge + 6 gouttes de bleu
Orange = 3 gouttes de rouge + 9 gouttes de jaunes
Vert pistache = 9 gouttes de jaune + 2 gouttes de bleu...

 


Peau d'âne vous révèle sa recette du Cake d'amour


Ces œuvres sont protégées par une certification CLEO qui confère à son auteur une date de création certaine sur son œuvre. Une signature numérique atteste de cette antériorité. Elle est soumise aux dispositions du Code de la Propriété Intellectuelle. Toute reproduction ou représentation totale ou partielle doit faire l’objet d'une demande d'autorisation auprès de l’auteur. Concept et titres déposés et enregistrés à l'INPI : Institut National de la Propriété Industrielle.

19 avril 2015

Le Coucou gris, oiseau du deuil et de la mélancolie

Ce volatile rusé et paresseux évoque la fainéantise parce qu’il ne veut pas couver ses œufs. En effet, cet oiseau farouche et solitaire dont le nom exprime le cri, a des mœurs parasitaires. Le Coucou ne fait point de nid comme les autres, il trouve plus commode de confier ses œufs et l’éducation de ses petits aux soins des autres oiseaux, en particulier des passereaux tels que le rouge-gorge, la fauvette, l’alouette, les ramiers et les verdiers. Il gobe un œuf dans le nid parasité, avant d'y pondre le sien. Puis, perché dans le voisinage, il surveille le couple à qui il a fait son singulier cadeau pour voir l’accueil qu’il lui est réservé. Si l’œuf est rejeté, le coucou le reprend pour le porter ailleurs. L’appétit de l’oisillon est vorace et il épuise sa nourrice qui peine à le rassasier. Aussi, les petits oiseaux l’ont en horreur car il ressemble à un oiseau de proie ! Cependant, bien des merveilles sont racontées sur cet habitant des bois et des forêts. On prétend qu’il arrive chez nous au printemps en voyageant de nuit sur les épaules du milan qui lui sert de monture. A la fin de l’été, il se métamorphose en faucon ou en épervier pour passer l’hiver et redevenir Coucou à la belle saison. On lui accorde aussi le don de prédiction. Les jeunes filles le consultent pour savoir quand elles se marieront ; le nombre de cris qu’il pousse leur indique combien d’années elles ont à attendre. Mais quand il chante trop longtemps c’est qu’il est posé sur une branche magique, sa prédiction n’a alors plus aucune valeur. Si l’on entend son premier chant au printemps, il donne de l’argent. Chez certains il annonce le temps, chez d’autres il est de mauvais augure quand il chante la nuit ou dans la forêt encore dépouillée de ses feuilles. Chez d'autres encore, il est un signe de bonheur quand on entend son premier chant dans les bois verdoyants. Ne pas entendre son cri monotone de tout le printemps présage la mort, le deuil et la tristesse. En magie, un Coucou enveloppé dans une peau de lièvre provoque le sommeil. Les filles placent dans leur bain la branche sur laquelle il a chanté afin d’être aimées. Il y a bien longtemps, il était l’emblème de la déesse Héra, sœur de Zeus que ce dernier séduisit sous la forme de cet animal en se posant sur ses genoux. Le Coucou au plumage gris qui épouvante ses semblables en clamant son cri, est l’oiseau du deuil et de la mélancolie ! 

Cuculus canorus (Coucou gris), 1873 par John Gerrard Keulemans.

 


MAGIE VERTE, les herbes et les arbres enchantés


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28 mai 2016

Le Colchique, l’herbe de Médée

Herbe de Colchide, Safran bâtard, Ephemeron, Doigt d’Hermès, Narcisse d'automne, Veillote, Mort chien, Tue-loup, Vachette, Veilleuse... Cette fleur semblable au safran printanier, que l’on voit briller dans les prairies humides, annonce l’approche de l’hiver et les derniers jours de l’été. C’est une plante singulière car la fleur paraît à l’automne avant les feuilles. Le bulbe est regardé comme vénéneux et les graines sont toxiques. Le Colchique tient son nom de la Colchide, ancienne contrée d’Asie féconde en herbes malfaisantes et royaume de la célèbre magicienne Médée. Cette dernière aurait fait naître cette fleur maléfique en versant quelques gouttes d’une liqueur magique, qu'elle prépara pour rajeunir le vieil Eson père de Jason. Vénéneuse et fort dangereuse, cette plante entrait dans la composition des sortilèges concoctés par la redoutable empoisonneuse au funeste destin. Employé en médecine depuis la plus haute antiquité, on attribuait au Colchique d’automne une foule de propriétés et de vertus merveilleuses à cause de son origine fabuleuse. Porté en amulette autour du cou, il éloignait la peste, les fièvres et préservait de tous les maux. Glissé dans les chaussures, il soignait avec succès cors et verrues. Cependant son action est délétère sur les hommes et les animaux l’ont en horreur. Apollinaire l’a si bien décrit en poésie : "Le pré est vénéneux mais joli en automne, les vaches y paissant, lentement s’empoisonnent…"

Colchicum autumnale, Dictionnaire de botanique by Henri Ernest Baillon and others, volume 3. 1891.


MAGIE VERTE, les herbes et les arbres enchantés


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23 août 2013

Le magazine des Galeries & Musées n°59

25 mai 2017

Les noueurs d’aiguillette, des faiseurs de maléfices aux pratiques infernales !

L’étrange pouvoir de ces sorciers malfaisants était très redouté autrefois. Bien connu des anciens, l’art de nouer l’aiguillette était un maléfice qui avait pour but de nuire aux liens du mariage. L’Eglise regardait avec horreur ceux qui usaient de ces ligatures. Connue depuis l’antiquité, cette pratique magique fameuse qui contrait le désir de Vénus et procurait l’impuissance de l’homme ou de la femme pendant les feux de l’amour, fut évoquée aussi bien par Hérodote, Ovide et Virgile qui nous ont conservé les pratiques des noueurs d’aiguillettes de leurs temps. Aussi, Platon conseillait "de prendre garde à ce charme ou ligatures qui troublent la paix des ménages*"… Mais c’est surtout au moyen âge que son usage fut le plus répandu. Cette méchanceté s’accomplissait pendant les noces et on variait de mille manières l’art de nouer l’aiguillette. Ordinairement, le noueur se tenait à la porte de l’église, attentif aux paroles du prêtre. Il commençait par faire un nœud avec une petite corde de soie ou de lin en se signant de la main gauche tout en disant ces mots : ribald, puis un second nœud accompagné d’un signe de croix et du mot nobal. Pour que le charme soit complet, au moment où l’anneau nuptial passait aux doigts des mariés, il faisait un troisième nœud en prononçant entre ses dents le mot vanarbi. On prétend que les noueurs d’aiguillettes exerçaient leurs sortilèges aussi bien sur les gens ordinaires que sur les princes, les princesses et les rois. Leurs pratiques infernales et la terreur qu’ils inspiraient, pouvaient les faire condamner au gibet et des lois étaient ordonnées contre les crimes de magie et de sorcellerie qui demeurèrent longtemps en vigueur. Mais le plus souvent, cet enchantement frappait surtout l’imagination et la peur des jeunes gens crédules et innocents, telle est la puissance des affections de l’âme sur le corps. Toutefois, pour rompre ce charme redoutable, plusieurs moyens superstitieux et remèdes étaient préconisés. Selon le livre du Petit Albert, "Le Solide Trésor des Merveilleux Secrets de la Magie Naturelle & Cabalistique", et les secrets contenus dans ce petit Trésor, on recommandait de manger un pivert rôti saupoudré de sel bénit, d’enchâsser l’œil droit d’une belette dans un anneau que l’on porte sur soi, de mettre le jour des noces deux chemises à l’envers, ou de respirer la fumée d’une dent d’un homme mort depuis peu, d’uriner à travers l’anneau bénit, de mettre du sel dans ses poches ou ses souliers, ou encore de frotter avec de la graisse d’un vieux loup les pieds du lit nuptial… Cependant, pour s’opposer aux enchantements des noueurs d’aiguillettes malveillants et sauver votre aiguillette de l’entreprise des méchants, on vous conseille vivement de consulter les livres des démonologues les plus puissants !

*Platon, Des lois, livre II.

The Weird Sisters or The Three Witches, 1783 by Johann Heinrich Füssli.
Painting on Shakespeare's "Macbeth"


MAGIE VERTE, les herbes et les arbres enchantés


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17 août 2015

La Morelle noire, la tomate du diable

Crève-chien, Raisin de loup, Tomate du Diable... La Morelle noire au feuillage vert sombre et aux fleurs blanches étoilées qui fleurissent tout l'été, se rencontre au pied des murs, dans les bois clairs, les jardins et les décombres. Les petites fleurs blanches laissent place à des baies vertes remplies de graines très toxiques qui deviennent noires à maturité. Liée aux rituels lunaires, cette herbe vénéneuse était cultivée dans les jardins de la redoutable Hécate. Cette déesse antique, souveraine des ténèbres, des spectres et des terreurs nocturnes, élaborait avec les fruits de cette plante maléfique des sortilèges inquiétants qui tourmentaient le sommeil des mécréants. Il y a bien longtemps, la Morelle noire entrait dans la composition de l'onguent de vol des sorcières mais aussi du Baume Tranquille, une infusion de plantes aux puissantes propriétés narcotiques et aromatiques qui décantait dans l'huile d'olive et macérait avec de gros crapauds, un remède miracle qui soignait tous les maux !

Photo © Cécile Decorniquet Studio


MAGIE VERTE, les herbes et les arbres enchantés


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6 avril 2014

Le Moineau, un oiseau réputé pour sa lubricité et sa paillardise !

Petit moine, Pierrot, Moinet, Piaf… Vif et sautillant, ce petit passereau robuste et effronté ne vit que dans les lieux où l’homme habite et sa présence nous est tout naturellement familière. Plein d’audace, il pullule et voltige dans les villes sans craindre le bruit et les passants. Maraudeur et gourmand, la rue lui offre de nombreuses possibilités de se nourrir. Dans les campagnes, au temps de la moisson, il dérobe les grains de blé qu’il trouve dans les champs. Très sociable, il vit souvent en bande. A la belle saison, ils aiment se réunir dans les arbres pour piailler ensemble. Cependant, le Moineau craint l’hiver, il se réfugie alors en solitaire dans un trou de muraille ou à plusieurs dans le même gîte pour se réchauffer pendant les grands froids. Aussi rusé que son ennemi le chat, il se méfie des pièges qu’on lui tend mais quand on ne cherche pas à lui nuire, il devient confiant. Prolifique, au moins autant que le lapin, il élève une nombreuse famille dans un nid modeste fait de quelques brins de paille et de brindilles qu’il place dans les endroits les plus variés ; sous les tuiles de nos maisons, derrière nos volets, dans les pots de fleurs suspendus… Parfois il fait la guerre aux hirondelles et aux pigeons pour les chasser de leurs nids et prendre leur place. Cet animal très ardent en amour est un symbole de la luxure et de la vulgarité. En effet, le moineau mâle est renommé pour sa lubricité et sa paillardise ; Pline assure qu’il succombe épuisé par ces voluptés avant la fin de l’année qui l’a vu naître ! Aussi, on le consacrait à Vénus pour sa grande fécondité et le char de cette divinité était attelé de deux moineaux. On prétend encore que la cervelle et les œufs de moineau ont des vertus aphrodisiaques. Pourtant, ce petit oiseau de nature très éveillé en amour, que l’on a longtemps accusé à tort de pillage des moissons est un volatile sympathique, plein de fantaisie qui fait la joie des citadins en venant   manger  volontiers  dans  leurs  mains !

An illustration of a male and a female House Sparrow from The House Sparrow at Home and Abroad, 1878. Edwin Sheppard, engraved by Sinclair & Son.; in a book by Thomas George Gentry.

 

Selon Hildegarde de Bingen dans "Le livre des subtilités des créatures divines" : Le Moineau est plus fort que chaud : il a beaucoup de fantaisie dans sa conduite, à cause de son astuce et de sa versatilité. Il aime voler en groupe pour ne pas être attaqué par les autres. Il se tient dans l’air épais ; c’est pourquoi il a une chair malade, qui ne convient ni aux malades ni aux bien-portants. Il ne sert à rien en médecine.

 


MAGIE VERTE, les herbes et les arbres enchantés


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6 avril 2013

L’escarboucle, une pierre précieuse fabuleuse

Très estimée par les anciens qui lui accordaient des propriétés magiques, l’escarboucle est une pierre d’un incarnat si vif et si étincelant qu’elle brille sous les vêtements ! Consacrée au Soleil, elle orne le palais de cet astre à cause de sa couleur rouge flamboyante incroyablement lumineuse. La clarté exceptionnelle qui se dégage de cette pierre, la fait luire comme un charbon ardent dans l’obscurité quand elle est exposée longtemps aux rayons de l’astre du jour ou à la clarté de la lune. L’escarboucle, nommée aussi draconitite, est la pierre qui brille pendant la nuit au front des vouivres et des dragons laissant une longue trainée de feu aveuglante que les yeux des humains ont peine à supporter. Enchanteurs et magiciens endorment ces derniers et les décapitent pour leur ravir cette pierre magique plus fabuleuse encore que le dragon lui-même. Cependant, prenez garde car elle engendre la mort de celui qui cherche à s’en emparer. Autrefois, elle rendait invulnérable les chevaliers du moyen-âge dont l’écu s’ornait en son milieu d’une escarboucle. Cette pierre si singulière, qui se développe pendant les éclipses de lune, à des vertus et des usages extraordinaires. Chassant les mauvaises pensées, elle éveille l’esprit et détourne le regard des méchants. Elle préserve de la peste, guérit de la jaunisse, de la goutte et du mal d’yeux et procure des songes agréables. Cependant, elle prédit infortune et malheurs en perdant de son éclat et de sa couleur. Les esprits aériens craignent l’escarboucle et l’évitent car leurs pouvoirs s’amenuisent quand ils sont près d’elle. La mystérieuse escarboucle au pouvoir éclairant, que nul homme ne peut atteindre et que nulles ténèbres ne peuvent éteindre, retient en elle une lumière admirable qui répand mille feux d’un éclat merveilleux !

 

Escarboucle : nom que les anciens donnaient au rubis et à toutes les pierres précieuses brillant d’un vif éclat rouge et dont ils ont dit beaucoup de merveilles.

Livre des Propriétés des Choses. Liber de proprietatibus rerum
Barthélémy l'Anglais (12..-1272), auteur
Jean Corbichon (13..-14..), traducteur
Moyen-âge
Manuscrits à peinture
BNF, Manuscrits occidentaux, français 134, fol. 262v

 


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30 octobre 2012

La licorne, symbole de lumière et de pureté

Remarquable par sa grâce et sa beauté, sa force et son agilité, on reconnaît la licorne à sa robe immaculée, sa longue corne torsadée sur le front et sa barbichette qu'elle porte sous le menton. On prétend que son sabot fendu dur comme de l'acier est si tranchant qu'elle peut se battre contre un éléphant. La Licorne, qui paraît d’une nature très farouche, redoute l'homme et le fuit. Elle vit dans des lieux inaccessibles et secrets et se nourrit d’herbes douces et des plantes les plus pures. Très difficile à attraper, cet animal sylvestre se laisse mourir de tristesse en captivité, ce qui la rend impossible à dompter. Toutefois, certains chasseurs affirment que sa capture peut se faire à l'aide d'une jeune fille vertueuse. Attirée par la beauté et la pureté de la demoiselle, cette merveilleuse créature se laisse approcher. Les chasseurs s'emparent alors de la pauvre bête qui aura les flancs transpercés de leurs lances. Symbole de lumière et de pureté, la Licorne a le pouvoir de neutraliser les venins grâce à la flamboyante corne dont elle est dotée. Quand elle se penche pour se désaltérer, sa corne aux propriétés extraordinaires effleure l'onde et la purifie instantanément de toutes sortes de poisons. On prétend qu'à l’aide de quelques fragments de cette mystérieuse corne, on peut chasser des eaux araignées, scorpions, serpents venimeux et vilains crapauds !

 

Licorne merveilleuse tu foules la forêt et dans ta mystérieuse corne tu portes ton secret ! 

Détail du panneau gauche du Jardin des délices de Jérôme Bosch (1503/1504),
montrant des licornes purifiant les eaux.

 

Selon Hildegarde de Bingen dans "Le livre des subtilités des créatures divines" : "Régulièrement, une fois par an, la licorne se rend vers la terre qui contient le suc du paradis, et elle y cherche les meilleures herbes, les foule du pied et les mange ; elle en tire beaucoup de force, et c'est pour cela qu'elle fuit les autres animaux."...

 


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27 septembre 2012

Fables du paysage flamand à Lille

L’exposition-évènement de l’automne

Cette exposition révèle le caractère merveilleux et fantastique de ces paysages du XVIème siècle qui suscitent aujourd’hui encore fascination, effroi ou questionnement. A cette époque, les artistes flamands inventent une nouvelle manière de peindre, attachante et inventive, aux frontières du réel et de l’imaginaire. La nature devient le lieu de tous les mythes, de toutes les fables, les arbres et les rochers sont anthropomorphes, les créatures les plus étranges côtoient les hommes absorbés par leurs occupations quotidiennes. Dans ces mondes hybrides se dessine pour le spectateur un chemin de vie ; le paysage devient le lieu de passage entre la réalité sensible et le monde spirituel. Dans ces images où se mêlent la foi chrétienne et les superstitions populaires, où se rencontrent le beau et le bizarre, le merveilleux et le monstrueux, la nature s’écrit dans un langage symbolique dont nous ne détenons plus tous les codes, et nous emmène dans un monde qui nous dépasse, cosmique, légendaire et infini. L’originalité et la puissance de ces images, signées par des maîtres reconnus tels que Bosch, Brueghel, Bles, Bril ou Patinir, mais aussi par des artistes moins connus, mais néanmoins brillants comme Mandijn, ou de Keuninck, se révèlent dans leur composition d’ensemble comme dans le détail et repoussent la réalité du paysage au-delà du visible, jusqu’au fantastique.

EXPO FANTASTIC

du 07 octobre 2012 - 14 janvier 2013
au Palais des Beaux Arts de Lille


Découvrez l'univers de la photographe Cécile Decorniquet


 

23 août 2012

Bourse du Talent #50 - Portrait

Les portraits que Cécile Decorniquet propose dans ses séries se jouent des limites de la représentation et nous font partager un monde onirique empreint de fantaisie et de poésie. À l’encontre du regard mélancolique, l’artiste habille, grime ces petites filles, les fait poser à la manière des grandes dames victoriennes. L’espièglerie qui s’en dégage lance un défi au spectateur. Son univers qui mélange à la fois les grands portraits de la peinture primitive flamande, de la peinture baroque espagnole et de toute évidence les photographies d’Alice Liddell de Lewis Carroll, est trompeur. Une forme d’irréalité entoure ces visages qui, du coin de l’œil, nous jettent un regard narquois. Là où la photographie imprime une forme de réalité, Cécile détourne sa fonction initiale, nous donne à voir une figure fantasmée de l’enfance et nous révèle un monde surréaliste, comme si nous étions passés de l’autre côté du miroir.

PHOTOGRAPHIE.COM

Ingénue 10 - 2009

Ingénue 10, 2009 © Cécile Decorniquet

https://www.ceciledecorniquetstudio.com 

5 mai 2012

Through a Lens, Darkly

KID-IN web-magazine, mai 2012, NY, USAINTERVIEW

Le Printemps 2010 © Cécile Decorniquet
Le Printemps, 2010, série Allégories © Cécile Decorniquet, Photographe
Cécile Decorniquet Studio

Cecile Decorniquet’s supremely art directed, couture oriented kids-portraits stylishly dismiss popular clichés regarding childhood.

The images offer a darker but more honest version of our past experiences, one that incorporates the gravity that existed alongside the levity, the phantasmagoric that lurked beneath the fantastical. They render youth as something more complex; validated by our truest memories while repudiated in popular media’s glossy portrayals.

Ultimately, however, it is something that emanates from deep within Decorniquet’s subjects; an uncanny sideways glance from the soul – that is consistently captured and which imparts the most dynamic understanding of childhood and of ourselves.

For, where better a place than in the inherently candid gaze of a child should we begin to address questions of image and identity?
 



Why do you photograph children?

Photographing children comes naturally. What interests me is letting go of the image that we project onto others. This is the type of abandonment that I search for in my models – something inherent in children. They’re less conscious of image, so, less inclined to control theirs. The globally held image of children is controlled and stereotyped: happy, playful, innocent. My memories do not correspond with this. If this is one reality, childhood isn’t limited to it. Children are also not just as-of-yet undeveloped adults, they’re much more complete than the limitations we ascribe them. I hope to portray this through my work.

...

Kid-in,

Suite de l'interview sur :
KID-IN web-magazine, mai 2012, NY, USA

16 août 2022

Le Geai des chênes, un oiseau pétulant très étourdi !

D’un naturel vif et curieux, le geai est un oiseau qui parcourt bruyamment les forêts. Il niche loin des lieux habités préférant les chênes les plus élevés aux autres arbres. Les habitudes du geai diffèrent peu de celles de la pie. Fort bavard et étourdi, il dérobe et cache tout ce qu’il peut emporter. Il enfouit ses provisions mais oublie souvent le lieu de ses cachettes, comme les écureuils, ce qui fait de lui le premier reboiseur de chênes et de hêtres. Il se nourrit de préférence de glands, de châtaignes et de noisettes dont il est friand, mais aussi de baies rouges et de racines bulbeuses qu’il arrache avec son bec. Le geai passe l’hiver dans les arbres creux au milieu de ses réserves de nourriture. La beauté de son plumage d’un gris vineux particulièrement doux et soyeux, avec ses ailes émaillées de nuances de noir et de bleu, le fait distinguer et préférer des autres oiseaux. De plus, il a sur le front un toupet de très fines plumes. Quand il déploie ces dernières, se forme sur sa tête une huppe qu’il abaisse et relève à son gré. Les magnifiques plumes nuées de bleus qui brillent sur ses ailes étaient très recherchées autrefois pour les parures et l’ornement des chapeaux des dames. Cependant, comme les autres corvidés, il a mauvaise réputation. C’est un prédateur, un pilleur de nids qui n’hésite pas à s’attaquer aux oiseaux plus petits que lui. Véritable sentinelle des bois et des forêts, ce guetteur inlassable, pousse des cris stridents réputés alerter ses congénères et même les écureuils, à l’approche d’un danger. Le répertoire vocal du geai est très riche, on dit qu’il cajole, cajacte, garrule, cacarde, frigulote ou jase. Aussi, on prétend qu’il est capable de se mettre dans de grandes colères et d’imiter tous les sons qu’il entend, il miaule, bêle, aboie et contrefait le cri de la chouette et même la parole humaine ! 

 

En mai, fleurit le hêtre et chante le geai.

Garrulus glandarius (Garrulus signifie bavard). Illustration from Conrad Quensel's Svensk Zoologi. ​​Första bandet. Published in Stockholm 1806.

MAGIE VERTE, les herbes et les arbres enchantés


Ces œuvres sont protégées par une certification CLEO qui confère à son auteur une date de création certaine sur son œuvre. Une signature numérique atteste de cette antériorité. Elle est soumise aux dispositions du Code de la Propriété Intellectuelle. Toute reproduction ou représentation totale ou partielle doit faire l’objet d'une demande d'autorisation auprès de l’auteur. Concept et titres déposés et enregistrés à l'INPI : Institut National de la Propriété Industrielle.

21 septembre 2015

L’Ecureuil, un petit animal rusé symbole de l’activité et de la propreté

Petit rouquin, Fouquet, Jacquet, Petit chat, Chat écureu… Vif, gracieux et astucieux l’écureuil est, sans contredit, l’un des plus jolis petits rongeurs de nos contrées et ses habitudes sont encore plus remarquables que ses formes. En effet, il se fait des provisions considérables pour l’hiver en amassant un nombre incroyable de fruits secs, en particulier de noisettes qu’il cache un peu partout et qu’il oublie, ce qui permet au noisetier de se reproduire. Il cache même tout ce qu’il rapporte dans son nid, sous la mousse et les buchettes qui composent son lit ! On le dit capable de passer une rivière sur une écorce d’arbre en guise de bateau, en faisant de sa queue touffue et légère une sorte de voile et de gouvernail pour passer d’un point à un autre. Il habite les grandes forêts et construit son nid à la cime des arbres les plus élevés dans les enfourchures des branches. Cet abri dont il prend grand soin, est confortable et de forme arrondie, où la pluie et le froid ne peuvent pénétrer. Toujours très occupé, l’écureuil ne s’engourdit pas l’hiver comme le loir, il se retire dans sa demeure seulement par très mauvais temps ou quand la chaleur est accablante. Rusé, il fuit ses ennemis la martre, le hibou, la buse et le chasseur en sautant de branches en branches et d’arbres en arbres en prenant toujours soin de mettre les branches entre lui et son poursuivant. Sa queue en forme de panache, dont il s’ombrage en la relevant au-dessus de sa tête, lui sert aussi de parachute dans ses élans les plus grands. Au moyen âge, l’écureuil avait très mauvaise réputation, on le considérait comme sournois, voleur et lubrique. Sa fourrure était très estimée et il fut l’objet d’une chasse intensive. Les poils de sa queue servent à faire des pinceaux pour les peintres. Les anciens voyaient dans la chair et le cerveau de l’écureuil des remèdes précieux pour soigner les chevaux. Aussi, nombre de jongleurs et danseurs se croyaient à l’abri du vertige en faisant usage de la poudre de cervelle d’écureuil. Aujourd’hui, ce petit rongeur charmant et espiègle n’inspire plus la crainte ni la répulsion et aucun chasseur ne s’aventurerait à le tuer de peur d’aller en enfer. Et puis croiser ce petit animal rapide comme le vent sur son chemin est un présage de chance !

Red Squirrel by Hans Hoffmann, 1578.

 


MAGIE VERTE, les herbes et les arbres enchantés


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22 janvier 2017

Le Serpent, une créature qui détient les secrets de la mort et du temps

Cet animal qui suscite autant l’admiration que la frayeur, se mêle, depuis la nuit des temps, à l’histoire des religions et des récits merveilleux peuplés de monstres et de chimères. Le serpent représente le mal et la tentation, on le considère comme malfaisant et la terreur qu’il inspire est grande. Le diable lui-même a choisi de prendre la figure d’un serpent pour pénétrer dans le Paradis terrestre et tenter Eve, il deviendra un attribut de Lilith la déesse aux serpents. Il apparaît aussi sous les traits de Mélusine qui se métamorphose chaque samedi en serpent ailé. Lié au monde souterrain et animé par les puissances infernales, on dit qu’il détient les secrets de la mort et du temps. Pourtant, il est aussi l’emblème de la médecine et des dieux qui y président comme Esculape et Apollon, parce qu’il porte en lui plusieurs remèdes et que son venin est à la fois toxique et thérapeutique ! Quand il change de peau chaque année on lui attribue l’immortalité, quand il se mord la queue il représente l’éternité et la jeunesse éternelle. Les Alchimistes pensaient que la pierre philosophale était logée dans sa tête oblongue. Le serpent est aussi l’objet de beaucoup de croyances et de superstitions. On prétend qu’il a le pouvoir de charmer et de fasciner les oiseaux et les écureuils et qu’il est capable de les faire tomber de leur branche tout droit dans sa gueule en les regardant fixement. Quand il siffle, les lièvres, les lapins, les grenouilles et les rats sont tellement pétrifiés de terreur qu’ils vont droit à la mort. On assure dans certaines régions que les serpents vomissent leur venin avant de boire dans les rivières et les fontaines pour ne pas s’empoisonner eux-mêmes. Mettre une peau de serpent dans son porte monnaie porte bonheur… Associé au monde des morts et de la nuit, le serpent reste un symbole ambigu qui incarne aussi la connaissance, la vie et l’infini !

Lilith by John Collier,1892. 

 


MAGIE VERTE, les herbes et les arbres enchantés


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2 mai 2012

L'Hippogriffe, monture des magiciens et des preux chevaliers

On prétend que cette merveilleuse créature, indomptable au joug et au collier, est la monture des magiciens, des nobles héros et des preux chevaliers. Fruit des amours d'un griffon et d'une jument, l'hippogriffe a les pieds armés d’ergots et de serres tranchantes. Il est doté d’un plumage flamboyant et d’une tête semblable à celle de l'aigle avec des yeux perçants de couleur orange. Son corps est celui d'un cheval où sont attachées de vastes ailes extraordinairement puissantes, capables, dans un vol vertigineux, d'emporter son cavalier par-delà les nuages et parfois même, jusque sur la lune. Cette monture ailée de nature si particulière, s’élève comme l’aigle, au plus haut dans le ciel vers les étoiles et broute dans les prairies comme un cheval. Coursier fabuleux de l’épopée chevaleresque, les héros et les vaillants chevaliers l’utilisaient pour faire de rapides voyages aux confins du monde. Cet animal que l'on confond parfois avec le griffon, habite les froides contrées des Monts hyperboréens. L’hippogriffe est difficile à approcher et peut se révéler malicieux et difficile à manier. Il faut faire preuve de beaucoup de patience et de persévérance avant qu’il ne se laisse chevaucher. Quelquefois, il emporte son cavalier au gré des vents et de ses caprices, là où il lui plaît d'aller. Cependant, le cheval et l’oiseau sont ici si habilement et naturellement réunis que l’on en oublie souvent le caractère fabuleux de cet animal chimérique conçu par les poètes, la rêverie et la fantaisie !

L'hippogriffe d'après un dessin de Gustave Doré pour le « Roland furieux », 
un poème épique écrit par l'Arioste au début du XVIème siècle.

 


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30 décembre 2024

L’hellébore noir, plante sorcière reine de l’hiver

Herbe aux fous, rose d'hiver, herbe de feu, rose de serpent, pied de griffon, pain de couleuvre, patte d’ours, pied de lion… Très recherchée pour sa floraison hivernale et la beauté de sa fleur, l’hellébore noir est une plante extrêmement toxique. On la cultive dans les jardins mais elle pousse naturellement dans les sous-bois et les broussailles. Son nom évoque la couleur noire de sa racine, un puissant purgatif qui peut entraîner l’empoisonnement et la mort. Très réputée dans l’ancienne médecine, on faisait un grand éloge de la racine d’hellébore comme remède efficace contre les maladies de l’âme ; la folie, la manie et la mélancolie. Autrefois, elle entrait dans plusieurs compositions pharmaceutiques, mais de nos jours on la considère comme un remède dangereux. Toutes les parties de la plante, feuilles et fleurs sont nocives, il faut la manipuler avec beaucoup de précautions et la tenir éloignée des enfants et des animaux. Aussi, on croyait que disperser devant ses pas de la poudre de la racine d’hellébore rendait invisible. Plantée sur le seuil des maisons, la plante éloignait les esprits malfaisants et conjurait le mauvais sort. Redoutable et redouté, on usait de l’hellébore, entre autres herbes magiques et mystérieuses, dans les incantations pour convoquer les forces occultes. Le jour du sabbat, les sorcières employaient la racine de cette plante pour fabriquer leurs onguents et s’envoler dans les airs. Cette herbe particulière, aux propriétés vénéneuses parfois funestes, s’épanouit sous la neige et n’a que faire des rigueurs de l’hiver !

Oiseaux sous une rose de Noël (Helleborus niger), par temps de neige, avec quelques perce-neige. Photographie (fin XIXe s.) d'une œuvre d'Hector Giacomelli.

 


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10 mai 2024

L’estragon, l’herbe au dragon

Serpentine, dragonne, herbe de dragon, herbe de Targon… Reine des fines herbes, l’estragon est une plante médicinale et aromatique employée ordinairement en assaisonnement. Cultivé pour ses qualités condimentaires, ce grand végétal pousse dans les sols légers bien ensoleillés. L’estragon doit son nom de « petit dragon » à sa racine tordue qui ressemble à un petit serpent replié sur lui-même. Il y a bien longtemps on mâchait ses feuilles à la saveur fraîche, amère et piquante pour leurs vertus à soigner les maux têtes et de dents, stimuler la digestion et soulager les crises de hoquets. Très réputée pour ses propriétés aphrodisiaques l’herbe du dragon servait à confectionner des philtres d'amour. Aussi, l’eau distillée d’estragon avait la réputation de provoquer des sueurs et de protéger de la peste. On dit que c’est une plante dotée de propriétés magiques qui protègent des attaques de dragon. En effet, l’aspect serpentiforme des racines de la plante assurait une protection contre les morsures de serpents venimeux, les piqûres d’insectes et apaisait le souffle de feu des dragons !

Armoise Estragon/Artemisia dracunculus, 1830.

 


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9 mai 2024

L'ancolie, une fleur aux vertus aphrodisiaques

Colombine, Gants de fée, Cornette, Piboulette, Clochette, Aiglantine... Légère et élégante, l'ancolie au feuillage vert et délicat, rappelle un doigt de gant, un cornet ou bien le bec et les serres de l'aigle. Gracieusement penchées, ces fleurs aux multiples couleurs dotées d'un éperon crochu, attirent particulièrement les papillons et les oiseaux. Le sirop de fleurs d'Ancolie apaise la toux et les feuilles appliquées en cataplasme soignent les plaies. Autrefois, les graines noires et toxiques de cette plante composaient une essence parfumée aux vertus aphrodisiaques. Cet élixir qui exacerbait les sens, suscitait folies et passions amoureuses. Les jeunes filles chastes et pieuses avaient interdiction de s’en approcher. A sa rencontre, les Vestales se couvraient le visage d'un voile. L'ancolie symbolise les humeurs extravagantes et fantasques, mais aussi une certaine sensibilité mêlée de solitude et de mélancolie. Bras et mains frictionnés d’un brin d'Ancolie, vous rendra vif et hardi !

Photo © Cécile Decorniquet Studio

 


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17 mars 2013

Les Stryges, oiseaux nocturnes qui tourmentent les petits enfants

Inspirant crainte et effroi, ces créatures volent dans l’obscurité de la nuit à la recherche de nouveau-nés à dévorer. On prétend que ces oiseaux malfaisants, qui épouvantent et tourmentent le sommeil des enfants, sont de redoutables vampires qui se gorgent du sang des vivants. De leur bec crochu et leurs griffes meurtrières, elles déchirent les corps des jeunes enfants encore nourris de lait et se régalent de leurs entrailles. Ceux qui sont ainsi tourmentés s’épuisent, s’amaigrissent et meurent à la fin. Les stryges ont un plumage blanc, une tête énorme, des yeux fixes avec une vue perçante, le bec crochu et des ongles de fer en hameçon. Elles font retentir dans l’horreur de la nuit des cris effrayants et de sinistres sifflements ! Seule la nymphe Cardea peut repousser ces monstres voraces assoiffés de sang. Elle se rend au berceau des nourrissons affaiblis par ces horribles bêtes, touche les portes et le seuil des maisons, à trois reprises d’un rameau d’aubépine où elle répand une eau douée de puissantes vertus magiques. En sacrifice elle offre le cœur et le foie d’une truie en implorant les oiseaux de nuit d’épargner les entrailles de la pauvre victime. On prétend que les stryges respectent son offrande, cessant alors d’assaillir le berceau de l’enfant et que de fraîches couleurs brillent à nouveau sur son visage exsangue. Autrefois, philtres et enchantements étaient mêlés de plumes de stryges !

 

Stryges Amaouri - 1947 - Leonor Fini
Stryges Amaouri, 1947 - Leonor Fini

 


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26 mai 2024

L’églantier, le rosier des chiens

Rosier du diable, rosier des chiens, rosier des haies, gratte-cul... Ce rosier sauvage est armé d'aiguillons crochus et de feuilles dentées comme des lames de scie. Les fleurs nommées églantines, se composent de cinq pétales d’un joli rose pâle. Elles laissent place à une baie rouge luisante où se trouve le fameux poil à gratter qui fait la joie des enfants. Ce fruit appelé cynorrhodon, se récolte aux premières gelées et sert à confectionner de délicieuses confitures. Cultivées pour leurs vertus médicinales et alimentaires, les fleurs d'églantier aromatisent sirops, vins, thés et desserts. Les fruits riches en vitamines, se boivent en infusion pour prévenir et soigner les refroidissements. Jadis, la décoction de la racine de cet arbrisseau épineux était considérée comme un remède miracle contre la rage, d’où son nom de rosier des chiens. Il y a bien longtemps, les sorcières entouraient leur enclos d'une haie d'églantiers aux épines acérées, pour préparer en toute sérénité, envoûtements, maléfices et potions d’empoisonnement!

Photo © ceciledecorniquetstudio

 


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13 décembre 2013

Le Phénix, l'oiseau de feu

Remarquable par son éclat et sa légèreté, cet oiseau de feu, évoque la renaissance et l’immortalité de l’âme. On assure qu'il n'existe qu'un seul Phénix à la fois. Doté d’une miraculeuse longévité, cet oiseau unique a l’étrange pouvoir de ressusciter et de se perpétuer à jamais. Nimbé d'une lumière dorée, il est paré d'un flamboyant plumage multicolore, d'un bec et de serres en or. On prétend que cette créature paisible et sauvage au vol majestueux, vient du paradis et se nourrit de vent et d’air sans jamais descendre sur la terre. Impossible à apprivoiser, le Phénix a le don d'apparaître et de disparaître à volonté. Quand l'heure de sa mort approche, il entonne une douce et triste mélodie en se construisant un nid de brindilles parfumées et d’herbes odorantes que le soleil enflamme. De la cendre renaît alors un nouveau Phénix. On dit que son chant redonne force et courage aux humains et que ses larmes guérissent de tous les maux. Né des flammes et d'une splendeur sans égale, le Phénix tout étincelant d’or, renaît de sa mort !

Phoenix illumination miniature from the Aberdeen Bestiary.

 


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8 janvier 2013

Le Fantôme, esprit du royaume des morts

Cette pâle créature est l’esprit d'un mort condamné à errer éternellement entre le ciel et la terre. Enveloppé d'une immense draperie blanchâtre, le Fantôme se déplace avec légèreté et semble planer dans l'air. Cet esprit du royaume des morts, que l’on nomme aussi spectre, apparition ou revenant, hante le lieu de son trépas, les maisons abandonnées et les ruines des vieux châteaux. On prétend qu’il revient de l'au-delà pour accomplir une vengeance et tourmenter les humains. Si d'étranges lumières apparaissent dans votre demeure, que des ombres effrayantes et des craquements sinistres envahissent vos couloirs avec des courants d'air glacés, vous êtes sûrement en présence d'un fantôme ! Pour le chasser et lui permettre de se rendre au pays des morts reposer en paix, allumez une bougie blanche par une nuit de pleine lune et ouvrez les fenêtres pour laisser cette âme en peine s'envoler et quitter votre maison à tout jamais !

 

Que les flammes sacrées t’accordent cette faveur, 
esprit qui t'es libéré, pars de ma 
demeure !

John Dee and Edward Kelley invoking the spirit of a deceased person (engraving from the Astrology by Ebenezer Sibly, 1806).

 


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