zimzimcarillon
2 juin 2019

La Vérité, divinité allégorique

Fille du Temps, elle est mère de la Vertu. On la présente sous la figure d’une femme ayant un air majestueux et les yeux brillants comme les astres. Nue ou enveloppée dans un léger drapé, elle tient un miroir dans sa main et foule aux pieds un globe terrestre. On dit que son regard dissipe les sombres nuages où se cache l’Erreur et que l’Histoire s’écrit à la lueur de son flambeau. Elle se tient ordinairement cachée au fond d’un puits pour exprimer la difficulté de la découvrir.

La Vérité́, 1870, par Jules Joseph Lefebvre

 

La Vérité toute nue  
Sortit un jour de son puits. 
Ses attraits par le temps étaient un peu détruits : 
Jeunes et vieux fuyaient sa vue. 
La pauvre Vérité restait là morfondue,
Sans trouver un asile où pouvoir habiter. 
A ses yeux vient se présenter 
La Fable richement vêtue, 
Portant plumes et diamants, 
La plupart faux, mais très brillants. 
« Eh ! Vous voilà ! Bonjour, dit-elle. 
« Que faites-vous ici seule sur un chemin ?» 
La Vérité répond : « Vous le voyez ; je gèle : 
« Aux passants je demande en vain 
« De me donner une retraite ; 
« Je leur fais peur à tous. Hélas ! Je le vois bien, 
« Vieille femme n'obtient plus rien. 
— « Vous êtes pourtant ma cadette, 
« Dit la Fable, et, sans vanité, 
« Partout je suis fort bien reçue.
« Mais aussi, dame Vérité,
« Pourquoi vous montrer toute nue ? 
« Cela n'est pas adroit. Tenez, arrangeons-nous ; 
« Qu'un même intérêt nous rassemble : 
« Chez le sage, à cause de vous, 
« Je ne serai point rebutée ; 
« A cause de moi, chez les fous 
« Vous ne serez point maltraitée. 
« Servant par ce moyen chacun selon son goût, 
« Grâce à votre raison, et grâce à ma folie, 
« Vous verrez, ma sœur, que partout » 
Nous passerons de compagnie. » 

« La Fable et la Vérité », (I, 1) FLORIAN.

Illustration de Florian, « La Fable et la Vérité », (I,1) - Fables de Florian, Paris, Imprimerie Didot, 1792.


MAGIE VERTE, les herbes et les arbres enchantés


Ces œuvres sont protégées par une certification CLEO qui confère à son auteur une date de création certaine sur son œuvre. Une signature numérique atteste de cette antériorité. Elle est soumise aux dispositions du Code de la Propriété Intellectuelle. Toute reproduction ou représentation totale ou partielle doit faire l’objet d'une demande d'autorisation auprès de l’auteur. Concept et titres déposés et enregistrés à l'INPI : Institut National de la Propriété Industrielle.

17 mai 2020

Le chardon, plante de protection

Chardonnette sauvage, Herbe aux ânes, Artichaut sauvage... Qu’il soit béni ou marie, des prés ou des potagers, le Chardon échevelé à l'allure dégingandée, évoque l’austérité et la vertu protégée par son feuillage hérissé de piquants. Cette plante des sentiers ensoleillés, aux épines dures et pointues, est très appréciée par l’âne friand de ses feuilles encore tendres. Le chardonneret quant à lui, se régale des graines qu’il attrape habilement de son bec aigu au cœur de la fleur épineuse. Utilisé dans les rites de protection, on le plante près des habitations pour repousser les voleurs, briser les sortilèges et les malédictions. On dit que certaines feuilles de Chardon, qui entrent dans l’alimentation, décuplent la vitalité et stimulent aux plaisirs de l'amour. La fumée des Chardons purifie l'atmosphère et détourne la foudre de la maison. Dans la vapeur magique de treize Chardons, jetés dans une marmite fumant à gros bouillons, esprits et sorcières répondront à toutes vos prières entre deux jurons !

 

Photo © ceciledecorniquetstudio


MAGIE VERTE, les herbes et les arbres enchantés


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31 mars 2015

L’Amour et Psyché ou comment l’amour et l’âme furent unifiés

Il était une fois, dans un royaume inconnu, une princesse dont la grâce, la beauté, les charmes de l’esprit et du cœur suscitaient l’admiration de tous. Psyché était si belle que le peuple de la terre la comparait à Vénus et lui avait élevé un temple. Cependant, sa beauté hors du commun suscitait la crainte chez les hommes à la place du désir et l’oracle lui prédit qu’elle aurait un mari monstrueux et qu’elle serait exposée sur un rocher pour devenir la proie de ce monstre. Vénus, éprouvant une jalousie dévorante devant les attraits de Psyché, ordonna à son fils, l’Amour, de la toucher au cœur avec l’un de ses traits pour que cette insolente tombe amoureuse de la créature la plus ignoble de l’univers. Le dieu promit à sa mère de la venger, mais en voyant Psyché, il se blessa avec l’une de ses flèches et ressentit la plus vive passion pour la princesse. L’Amour est amoureux et ne songe plus qu’à Psyché, s’abandonnant aux sentiments qu’elle lui inspire. Sur les conseils de l’oracle, Psyché résignée et tremblante se rendit sur le rocher fatal pour recevoir le mari monstrueux auquel elle était destinée. Le doux vent Zéphyr vint au secours de la princesse endormie, l’emporta dans ses bras et la déposa dans un lieu délicieux, un palais brillant d’or et d’argent où tout prévient ses désirs. Au milieu des ombres de la nuit, une voix douce lui murmure qu’elle est la reine de ce palais. Curieuse, Psyché pria son époux invisible et mystérieux de se montrer à ses yeux, mais ce dernier s’y refusa et s’échappa aux premiers rayons de l’Aurore en lui faisant promettre d’ignorer son identité. Pourtant, Psyché brava l’interdit. Une nuit, elle leva sa lampe au-dessus de son époux endormi et vit avec ravissement l’Amour dans toute sa splendeur. S’oubliant à sa contemplation, elle se pencha et fit tomber une goutte d’huile enflammée sur l’épaule du dieu qui se réveilla et s’enfuit. Au désespoir, Psyché chercha partout son céleste époux et pria toutes les divinités de l’aider, en vain. Persécutée par Vénus, elle subira plusieurs épreuves au-dessus de ses forces humaines mais viendra à bout de tout, aidée par un secours invisible. Le dernier ordre de Vénus fut le plus terrible. Elle chargea Psyché de descendre aux Enfers pour obtenir de Proserpine une boîte renfermant un peu de sa beauté. Psyché descendit au sombre Averne, amadoua le terrible Cerbère avec un gâteau de miel et brava toutes les divinités infernales. Proserpine touchée par la grâce de Psyché, lui remit la boîte de beauté et lui recommanda de ne surtout pas l’ouvrir. Cependant, aiguillonnée par la curiosité, Psyché souleva le couvercle d’où s’exhala une vapeur délétère qui aussitôt l’enveloppa et la plongea dans un sommeil fatal. Le dieu de l’Amour cicatrisé de sa blessure, recueillit la vapeur mortelle et referma la mystérieuse boîte. Il ramena son épouse à la vie en l’embrassant tendrement et supplia Jupiter de les unir à jamais et de donner à Psyché l’immortalité, ce qui lui fut accordé. De l’union de ces deux amants naquit une fille, une aimable déesse : la Volupté !

Psyché est une allégorie de l'âme représentée avec des ailes de papillon. L’ascension dans les airs de Psyché symbolise l’envol de l’âme qui s’échappe du corps pour atteindre les régions supérieures. L’âme se sent pousser des ailes quand l’amour est là.

Cupid and Psyche, 1810, Johann Heinrich Füssli

Angel with Hound of Hell
Illustration from "Vivilore: The Pathway to Mental and Physical Perfection", 1904.

Psyché et L'Amour, 1889 - William-Adolphe Bouguereau.


MAGIE VERTE, les herbes et les arbres enchantés


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21 décembre 2016

Les pluies merveilleuses

Ces pluies extraordinaires et singulières, de matières et d’animaux divers, ont de tout temps épouvanté les braves gens et causé de grands tourments. Regardées autrefois comme des présages funestes, elles étaient attribuées aux magiciens qui exerçaient leurs pouvoirs dans les plus hautes sphères, aux sorciers meneurs de nuées ou à la superstition. La plus prodigieuse et la plus effrayante de toutes est sans nul doute la pluie de sang ! Les anciens y voyaient la colère divine. Cependant, on dit que l’eau de ces pluies peut être rougie par une foule d’insectes ou de poussière d’origine végétale, que le vent élève jusqu’aux nuages et fait retomber en une pluie teintée de rouge vermillon. Celles de crapauds et de grenouilles sont surprenantes par la multitude de ces créatures jonchant le sol après un orage. On dit qu’elles prennent naissance dans les nuées et retombent dans chaque goutte de pluie sous la forme d’une grenouille et d’un crapaud qui disparaît aux premiers rayons du soleil. Quant aux pluies de poissons, elles annonçaient une catastrophe prochaine. Les pluies de feu transportées par le souffle impétueux des vents sont dues au tonnerre violent et à la succession d’éclairs qui accompagne les orages. On pensait aussi que les pluies de pierres tombaient de la lune. Mais certaines substances minérales dues à quelques feux souterrains nés dans les entrailles de la terre peuvent se sublimer dans les airs et retomber avec la pluie. Qu’elles soient de sang, de lait, de cendres, d’argent, de crapauds, de grenouilles, de feu, de pierres, de poissons ou d’insectes enlevés dans les régions supérieures de l’atmosphère, ces phénomènes sont le plus souvent attribués à un tourbillon né d’un hasard ou à un tremblement de terre qui balaie et désole les campagnes. Pourtant, même les savants ne peuvent s’accorder sur l’origine de ces pluies prodigieuses et le sujet reste très controversé. Toutefois, si vous êtes témoin de ces merveilles portées sur les ailes du vent, prenez garde aux sorciers malfaisants !

Pluie de poissons - Gravure d'Olaus Magnus, 1555.


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31 décembre 2014

L’infâme bouillon des sorcières de Macbeth

ACTE IV.
Scène 1. — Une caverne sombre : au milieu une chaudière bouillante

Tonnerre. Les trois Sorcières entrent.

Prem. sorc. — Au loin, déjà, le chat tigré trois fois
A miaulé comme un enfant qui pleure.

Sec. sorc.Le hérisson à la même heure
A gémi dans le fond des bois !

Trois. sorc. — Il est temps, il est temps, l’heure sonne.

Prem. sorc. — Tournons en rond autour du chaudron qui bouillonne,
Jetons-y  le poison d’immondes intestins…
Crapaud, qui dormant sous la pierre
As durant trente jours échauffé tes venins,
Bous le premier dans la chaudière.

Toutes. — Redoublons de travail et de soin,
Le mystère nous environne,
Nous n'avons que l'enfer pour témoin ;
Feu brûle! et chaudière bouillonne!

Sec. sorc. — Œil des lézards dans l'eau pourris,
Filet d'un serpent aquatique,
Poil infect de chauve-souris,
Bouillez dans le chaudron magique !
Aile lugubre des hiboux,
Aiguillon fourchu de vipère,
Pour que l'enchantement s'opère
Dans la marmite mêlez-vous !
Ainsi qu'une infernale soupe
Bouillez dans cette immense coupe
Et formez un charme fatal
De tous les éléments du mal !

Toutes. — Le mystère nous environne,
Nous n'avons que l'enfer pour témoin ;
Redoublons de travail et de soin ;
Feu brûle ! et chaudière bouillonne !

Trois. sorc. — Dent de loup et langue de chien,
Momie impure de sorcière,
Foie ou de juif, ou de païen,
Gueule de requin sanguinaire,
Fiel de bouc, branche de cyprès
Coupée aux éclipses de lune ;
Ciguë arrachée à la brune ;
Peau de grenouille de marais ;
Écaille d'un dragon bizarre ;
Nez de Turc, lèvres de Tartare ;
Doigt d'un enfant mort en naissant,
Dont la prostituée atroce
Se délivra dans une fosse,
Puis l'étouffa tout vagissant !
Remplissez la chaudière ardente :
Fraise de tigre, pattes, yeux,
Et faites, ingrédients hideux,
La bouillie épaisse et gluante !

Toutes. — Redoublons de travail et de soin,
Le mystère nous environne,
Nous n'avons que l'enfer pour témoin ;
Feu brûle ! et chaudière bouillonne !

Sec. sorc. — Refroidissons cela dans du sang de guenon,
Et l'enchantement sera bon !

Hécate. — C'est bien ; votre travail mérite mes louanges,
Et chacune de vous aura part au profit ;
Mais il faut maintenant enchanter les mélanges
Que vous avez jetés dans le chaudron maudit.
Comme des lutins et des fées,
Pour que le charme soit fécond,
Chantez, chantez, chantez en rond
Autour de flammes étouffées!

CHANSON.

Accourez, noirs et blancs esprits !
Venez esprits rouges et gris ;
Vous qui savez comment on mêle,
Mêlez cette liqueur nouvelle !

Sec. sorc. — Je devine au picotement
De mes pouces, qu'en ce moment
Un maudit s'avance : n'importe
Qui vient frapper à notre porte,
Serrure, ouvrez-vous promptement !

FIN DES IMITATIONS en vers français DE Mme LOUISE COLET, 1837.

The Three Witches from Shakespeare Macbeth by Daniel Gardner, 1775.

 


MAGIE VERTE, les herbes et les arbres enchantés


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4 octobre 2015

L’Amanite tue-mouches, le champignon des fous

Tue-mouches, Fausse Oronge, Champignon des fous, Escabeau de crapaud, Pain de loup… Ce champignon extraordinaire, coiffé d’un chapeau rouge vif orné de points blancs que l’on retrouve dans les contes pour enfants, peut atteindre des dimensions spectaculaires. A la fin de l'été, il s’épanouit en petit groupe à l’ombrage des bouleaux, dans les prairies, les sous-bois de feuillus et de conifères, non loin des bruyères. Cependant, il est fort dangereux et cause parfois des empoisonnements chez les animaux. Quelques morceaux de ce champignon infusés dans du lait ou de l'eau attirent les mouches et les tuent sur le champ. Ses vertus hallucinogènes sont connues depuis fort longtemps. Ingéré, il trouble les sens et la raison et provoque une ivresse particulière qui décuple les forces musculaires. A ces effets succède un délire furieux puis un état de stupeur et enfin un sommeil profond. Réputé comme champignon diabolique, la magnifique Amanite est associée à de nombreux rites magiques !

Photo © Cécile Decorniquet Studio


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3 juillet 2015

Amulettes et Talismans, objets merveilleux aux vertus extraordinaires

Ces objets mystérieux renferment des puissances magiques et un grand nombre de vertus occultes. Leur usage préserve des enchantements, des maladies, du mauvais air et des mouches, donne la connaissance de l’avenir, inspire les passions ou garantit les voyageurs de tout péril… Certains permettent de converser avec les esprits et de se faire obéir par toutes les puissances naturelles. Le plus célèbre d’entre eux est le fameux sceau de Salomon qui permet de parler aux animaux, de commander les génies et les démons et de rendre invisible celui qui le porte. Les anciens Sages ont attribué aux talismans ordinaires l’image d’un signe céleste correspondant à un jour de la semaine. Pour agir efficacement et s’attirer la faveur des astres, ces derniers doivent être fabriqués dans les métaux qui leur sont propres et gravés au sceau des planètes qui ont de la sympathie avec leurs substances. Ainsi, le talisman du Soleil dédié au dimanche est composé de l’or le plus exquis, le talisman de la Lune doit être fait le lundi avec le plus pur argent que l’on peut trouver, celui de Mars avec le meilleur fer le mardi, le-vif-argent est réservé à Mercure le mercredi, le talisman de Jupiter est composé du plus pur étain le jeudi, le talisman de Vénus au vendredi doit être de cuivre ou d’étain, quant au talisman de Saturne attribué au samedi, il fait de plomb. Toutefois, il ne faut pas confondre amulette et talisman. En effet, le talisman est pourvu de signes mystérieux et fabriqué selon un rituel précis qui lui confère une action magique et des vertus extraordinaires. L’amulette, elle, est d’origine naturelle (fer à cheval, patte de lapin, collier orné d’une dent d’animal, pierre percée par l’érosion du temps…) et protège uniquement celui qui la porte. On lui attribue le pouvoir de garantir contre les dangers, de chasser au loin la sorcellerie, les empoisonnements et les maladies et d’assurer le succès dans certaines entreprises… Qu’ils soient magiques, astrologiques ou naturels, on fait toujours un grand usage des amulettes et des talismans qui opèrent une foule de prodiges et de merveilles depuis la nuit des temps !

 

Certaines pierres précieuses sont revêtues d’influences talismaniques et correspondent aux sept planètes : le diamant et le saphir sont consacrés au Soleil, le cristal à la Lune, l’émeraude à Mars, l’aimant à Mercure, la cornaline à Jupiter, l’améthyste à Vénus et la turquoise est dédiée à Saturne.

Illustration extraite du grimoire de magie :
Le solide Trésor des Merveilleux Secrets de la Magie Naturelle & Cabalistique du Petit Albert.

 


MAGIE VERTE, les herbes et les arbres enchantés


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3 mai 2024

La ciguë, une herbe hautement toxique et maléfique

Ciguë de Socrate, Grande Ciguë, Mort-aux-oies, Persil des fous... Cette plante aux grandes feuilles ailées finement ciselées et à la tige creuse tachetée de pourpre, est ornée de petites fleurs blanches qui dégagent une odeur très déplaisante. Elle se rencontre dans les lieux ombrageux, les chemins et les décombres. Connue depuis l'antiquité, cette herbe hautement toxique et maléfique était préparée en décoction et donnée aux condamnés jusqu’à ce que mort s’ensuive. Socrate succomba à ce breuvage mortel. Dans les campagnes d'autrefois, on interdisait aux enfants de s'approcher de cette empoisonneuse sous peine de se faire emporter par un démon. Pour renforcer les pouvoirs magiques de la ciguë et remplir leurs alambics de redoutables sortilèges, les sorcières cueillaient la racine de la plante dans le silence des ombres naissantes des nuits de lune noire. Parfois le jour du sabbat, on aperçoit dans les airs une sorcière tout de noir vêtue, chevauchant une tige de Ciguë !

Photo © Cécile Decorniquet Studio

 


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9 janvier 2013

Les Ondines, merveilleuses fées des eaux douces

Cachées parmi les nénuphars et les verts roseaux, les Ondines illuminent par leur belle présence les sources, les rivières et les eaux calmes et dormantes des étangs. Au printemps, sous la lune brillante qui dessine leur silhouette fine, on peut les voir apparaître plongeant nues dans l’onde cristalline. Ces charmantes créatures protègent les eaux douces et pures. On prétend que chaque flot et que le moindre petit ruisseau a son Ondine. Assises sur les margelles des fontaines ou le bord des rives, elles contemplent leur reflet à la surface de l’eau en coiffant sans fin leur chevelure humide avec des peignes d'or et d’argent. Les enfants qui croient aux fées des eaux ont pour coutume de déposer de menues offrandes qui scintillent et miroitent dans les fontaines pour célébrer les Ondines. Enchantées par ces présents, elles font jaillir des sources vives une eau pure, fraîche et intarissable. Dans l’eau cristalline, plonge une beauté divine et limpide, une exquise Ondine!

 

article : Oraison des Ondins

the moose and little princess Tuvstarr" by Helge Kjellin in Among pixies and trolls, 1913. Artist: John Bauer.

 


 

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21 décembre 2016

Les meneurs de nuées

Tempestaires, grêleux, batteux de grêle, faiseurs de grêle… Les meneurs de nuées gouvernent les tempêtes à leur gré en soulevant les vents par leurs enchantements. Capables de former de gigantesques nuages brodés d’éclairs inquiétants, ils ont la faculté de commander aux éléments pour déchaîner les pluies torrentielles, la grêle, les ouragans et d’ordonner à la foudre et aux orages effroyables qui dévastent les récoltes. Leurs terribles pouvoirs sont redoutés dans toutes les campagnes. Voguant dans les airs enveloppés d’un sombre nuage, ces méchants esprits ont aussi le don de faire disparaître leurs ennemis dans les plus hautes régions de l’air et d’emporter les moissons dans un lieu invisible appelé Magonie* en chargeant sur de frêles vaisseaux les fruits abattus par la grêle et détruits par les orages. Toutefois, il y a quelques moyens pour contrarier leurs maléfices : l’Epine blanche préserve de leurs malignes influences, le son des cloches a le pouvoir de braver les conjurations de ces sorciers et de détourner les nuées. Aussi, rien ne pourra préserver ces esprits malfaisants de la mort si un courageux tire une balle bénie vers le noir nuage où ils se cachent !

 

* Suivant les idées bizarres du neuvième siècle le pays de Magonie était une sorte de port franc situé dans quelque région intermédiaire de l'air, où les navires volants portaient leur funeste chargement. A l'aide d'une monture encore plus simple et connue de tous, les tempestaires se dirigeaient vers cette contrée aérienne, et y faisaient à bon marché de coupables approvisionnements. 

Flotte dans le ciel - vision de l'an 114 - Le Livre des Prodiges (1557) par Conrad Lycosthènes.


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3 mai 2012

Titania et Obéron

Reine des fées, Titania règne avec fantaisie et gaieté sur son empire. Le cortège de lutins qui l’entoure obéit et cède à tous ses caprices. Ensemble, ils attendent le lever de la lune pour jouer des tours aux animaux et se nourrir de rosée et de miel. Souveraine des songes, Titania inspire la rêverie et l'imagination vagabonde. Sensible aux soupirs et aux peines, elle console les amoureux délaissés. Attendrie par les pleurs des enfants, elle fait apparaître dans leur sommeil des rêves doux et réconfortants. Obéron, reçut à sa naissance la visite des Fées qui lui accordèrent tous les dons. Mais une sorcière lui jeta un sort, le condamnant à ne jamais dépasser la taille d’un enfant. Il se réfugia au royaume de Féerie où il épousa Titania. Obéron est accompagné du Puck, une créature facétieuse qui enchante et désenchante à son gré pour semer la confusion dans les cœurs. Ces deux amants qui s'aiment tendrement mais se disputent souvent, dérèglent le temps. Seule leur réconciliation rend à la nature la ronde des saisons !

 

La reine des Fées et le roi des Génies parcourent le monde en suivant l’ombre de la nuit !

The Marriage of Oberon and Titania - John Anster Fitzgerald, 1819/1906.

 


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30 avril 2019

La Nuit de Walpurgis, une nuit remplie de magie !

Cette nuit fameuse est célébrée depuis les temps les plus reculés de l’autre côté du Rhin et les anciennes superstitions la regardent comme une nuit effrayante et terrible ! En effet, la veille du 1er mai, les démons accourent de toutes parts pour le plus grand sabbat de l’année destiné à célébrer la fin de l’hiver et le retour du printemps. On dit que durant ce congrès infernal, présidé par le diable en personne, les esprits sortent de l’ombre, les fantômes se libèrent, les vampires sortent de terre et les sorcières traversent le brouillard de l’air pour se réunir en foule sur le plus haut sommet du Blocksberg balayé par les vents. Pendant cette nuit fantastique, au milieu de la montagne environnée de brume, tous les spectres s’agitent et leurs pouvoirs sont sans limite ! En cette nuit de blasphème, d’incantations et de sortilèges, les âmes pieuses adressent leurs prières à Sainte Walburge pour se préserver des maléfices. Pour repousser tous ces démons, on agite des bottes de paille enflammées au bout de longues tiges et des coups de fusils sont tirés dans les nuages pour effrayer les sorciers. Des rameaux bénis sont suspendus aux portes des maisons et des bâtiments de ferme pour éloigner les mauvais esprits, et du pain beurré recouvert de miel est donné en offrande à de mystérieux chiens fantômes, gardiens des forces surnaturelles.  Aussi, prenez garde à ne pas fouler l’herbe de Walpurgis. Cette herbe funeste, cueillie pendant cette nuit magique, égare et trouble les sens de celui qui met le pied dessus. On prétend que pour ne pas perdre la tête et son chemin, il faut intervertir ses chaussures... Si vous souhaitez assister aux ébats des sorcières, n’oubliez pas d’observer tous ces rituels bien étranges et évitez de marcher sur l’herbe ensorcelée !

Walpurgis night by Constantin Nepo (1914-1976).


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2 mars 2020

La Capucine, une fleur couleur de feu

Cresson d'Inde, Fleur d'amour, Poivre du Pérou, Fleur sanguine, Plante pour les cheveux… Cette plante comestible aux mille vertus médicinales, s’orne de fleurs lumineuses qui ressemblent étrangement à la capuche dont les moines capucins se couvraient la tête autrefois. Sa tige tendre et fragile est pourvue de feuilles en forme de bouclier aux bords légèrement ondulés que l’eau ne peut mouiller. Bonne au jardin et bonne en salade, la Capucine éloigne les nuisibles de nos potagers et détruit impitoyablement toutes les mauvaises herbes. Les treillages qui se recouvrent de ses fleurs colorées et de son ample feuillage sont du plus bel effet. Fées et lutins aiment se parer d’une fleur de Capucine en guise de chapeau pour se protéger du soleil et des intempéries. Mais cette plante commune de nos jardins est parfois surprenante. Pendant les crépuscules de l’été, après une journée chaude et ensoleillée, il s’échappe du cœur de ces fleurs couleur de feu un phénomène curieux : des éclairs vifs et lumineux !

Photo © Cécile Decorniquet Studio


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25 juin 2020

Les lucioles, un symbole d’espoir et de lumière dans l’obscurité !

Petites étoiles volantes, mouches à feu, vers luisants, fireflies, mouches luisantes, lampyres… Les lucioles paraissent après le coucher du soleil. A l’approche de la nuit, ces esprits lumineux se mettent en mouvement et animent l’obscurité de leur vive clarté ; c’est l’heure où dansent les lucioles. Elles vivent en abondance dans les contrées méridionales. On les trouve dans les prairies, les buissons et le bord des chemins. Pendant le jour, elles se cachent dans les herbes hautes ou sous les tapis de feuilles mortes. Mais on peut voir pendant les nuits paisibles de la belle saison la lueur éclatante qu’elles répandent dans l’obscurité. Ces insectes sont des petits coléoptères qui émettent de la lumière grâce à une molécule appelée la luciférine. Chaque espèce clignote d’une manière particulière pour attirer leur partenaire, c’est un signal d’amour. Elles brillent pour se reproduire. A l'état de larve, elles sont très voraces et se nourrissent surtout de chenilles, d’escargots et de limaces qu’elles paralysent à l'aide d'un venin. On croyait autrefois que ces étranges insectes luminescents, qui éclairent les nuits sans lune d’une lumière vive et verdâtre presque irréelle, étaient l’âme errante et inquiétante des revenants. Aussi, si l'on voit des lucioles au cours de la nuit de la Saint-Jean on aura une année pleine de bonheur. Ces insectes lumineux et étonnants qui font luire une vive clarté en éclairant la nuit comme de petits astres rayonnants, symbolisent la lumière et l’espoir dans l'obscurité !

La Violette, un jour, dit à la Luciole : 
« Ма chère sœur, vous êtes folle
De vouloir éclairer ce brin d’herbe le soir !
A-t-il des yeux pour la lumière ? »

-  « Vous le parfumez la première ! 
Sent-il donc mieux qu'il ne peut voir ?
Des richesses que Dieu nous donne 
Nous ne devons priver personne. 

J'ai la clarté, vous la senteur,
Eh bien! Prodiguons-les, ma sœur, 
Sans demander pour les répandre
Si le brin d’herbe sait comprendre ! »

Fables et poésies diverses, par Alexandre Deplanck, 1860.

Les lucioles 1896, Henri Camille Danger.


MAGIE VERTE, les herbes et les arbres enchantés


Ces œuvres sont protégées par une certification CLEO qui confère à son auteur une date de création certaine sur son œuvre. Une signature numérique atteste de cette antériorité. Elle est soumise aux dispositions du Code de la Propriété Intellectuelle. Toute reproduction ou représentation totale ou partielle doit faire l’objet d'une demande d'autorisation auprès de l’auteur. Concept et titres déposés et enregistrés à l'INPI : Institut National de la Propriété Industrielle.

2 mars 2013

Picus, Canente, la magicienne Circé et le pivert

Autrefois, Picus, fils de Saturne et roi d’Italie, était un ardent chasseur qui avait une grande passion pour les chevaux et la chasse. Sa beauté captivait toutes les divinités de la forêt, cependant, une seule eut son amour ; Canente, fille de Venilia et de Janus au double visage. Belle de mille appâts, elle était célèbre par sa voix et ses chants admirables capables d’animer les arbres et les rochers, de suspendre le cours des eaux ou de fixer le vol des oiseaux. Un jour, tandis qu’elle faisait retentir sa voix mélodieuse, Picus partit chasser le sanglier vêtu de sa chlamyde pourpre attachée par une agrafe d’or. Ce même jour, Circé, fille du Soleil, cherchant de nouvelles herbes pour ses enchantements, quitta son île pour parcourir les mêmes vallons fertiles. Cachée derrière les broussailles, elle aperçut le chasseur et de surprise laissa tomber les herbes qu’elle tenait à la main. Subjuguée par la beauté du jeune homme, une flamme nouvelle s’alluma dans son cœur. Revenue de son trouble, elle décida de courir vers lui et de lui déclarer son amour : « tu ne m’échapperas pas, dit-elle, si toute les vertus de mes plantes ne sont pas évanouies ! ». En disant ces mots, elle fit apparaître dans un bois épais l’ombre d’un sanglier. Abusé, Picus sauta de son cheval et s’enfonça dans les profondeurs de la forêt à la recherche de la proie imaginaire, comme Circé le voulait. Elle murmura alors de mystérieuses paroles qui voilèrent de sombres nuages le front brillant du Soleil. De noires vapeurs se dégagèrent soudain de la terre et l’escorte du roi se perdit dans un brouillard inquiétant surgit de toute part. Circé choisit le moment favorable, s’approcha de Picus et dit : « Ô toi le plus beau des mortels qui par tes charmes force une déesse à tomber à tes pieds, ne méprise pas l’amour de Circé, fille du Soleil qui éclaire l’univers, laisse-toi toucher par mes prières ! ». Mais Picus repoussa les avances de Circé et dit : « Qui que tu sois, je ne peux être à toi car une autre me possède. Tant que la fille de Janus vivra, je lui garderai une inviolable fidélité ! ». Vingt fois Circé supplia le jeune prince et vingt fois il la repoussa. Circé en amante outragée s’écria avec fureur : « Tu te repentiras de m’avoir offensée et ton audace sera châtiée ! ». Sur ces mots elle se tourna trois fois vers l’Orient et trois fois vers l’Occident, toucha le jeune prince de sa baguette enduite de poison en prononçant des paroles magiques. Picus s’enfuit, mais s’étonna dans sa fuite de s’élever dans les airs ! Il se chercha, vit avec horreur ses ailes nouvelles et se mêla avec dépit au peuple des oiseaux. Depuis, il blesse à coups de bec les rameaux. Pour avoir résisté à l’amour de Circé, Picus s’est métamorphosé en un Pivert, un oiseau hardi et fier au plumage resplendissant d’or aux couleurs variées. On dit que sous cette forme, il rendait les oracles et prédisait l’avenir à ceux qui l’interrogeaient. Quant à Canente, elle se réfugia dans la forêt profonde, accablée de chagrin et de douleur. Couchée sur un tapis de mousse et de fleurs, elle exhala ses derniers soupirs, sa douce voix se dissipa en une vapeur légère et s’évapora dans les airs !

Picus et Circé, Fables choisies tirées des Métamorphoses d'Ovide, 1878. Gravure : Bernard Picart.

C’est encore la magicienne Circé que nous trouvons sur notre gravure ;
elle touche de sa baguette un jeune homme qui tient en main sa lance et semble vouloir fuir. Celui-ci est pourvu de grandes ailes qui ne sont que le commencement d’une métamorphose, car Picus, le héros de cette fable, va être changé en oiseau pour avoir résisté aux offres de Circé, et gardé à son épouse Canente une inviolable fidélité.


MAGIE VERTE, les herbes et les arbres enchantés


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2 avril 2014

L’Anémone pulsatille, l’herbe du vent

Coquelourde, Passe-fleur, Herbe au vent, Tunique du diable, Fleur de Pâques, Herbe au capricorne, Passe-velours… L’Anémone pulsatille se plaît dans les lieux exposés au vent sur les collines arides, le long des bois sablonneux et les prés secs et pierreux. Sa tige délicate et velue porte une très belle fleur d’un pourpre ou d'un violet sombre et profond qui s’épanouit au gré du vent. Quand elle fane, le pistil se change en fruit chevelu composé de plusieurs semences qui se répandent dans les airs. Peu usitée en médecine, la Pulsatille est une plante âcre, venimeuse et délétère pour les hommes et les animaux. Pourtant, les anciens s’entouraient les poignets de feuilles pilées pour guérir des fièvres intermittentes. Cependant, ces applications n’étaient pas sans danger car comme toutes les Anémones, elle irrite la peau fortement si on laisse les feuilles trop longtemps. Aussi, ingérée à forte dose, elle cause des empoisonnements. Les fleurs séchées permettent l'élaboration d'une poudre à éternuer souveraine pour chasser les migraines. Emblème de la fragilité et de l’abandon, on prétend que cette fleur délicate qui dure si peu de temps naquit des larmes de Vénus mêlées au sang d’Adonis qu’elle aima passionnément. Depuis, le souvenir de son amant tué sous la dent d’un sanglier, renaît à chaque printemps sous la forme d’une tendre Anémone couleur de sang qui s’épanouit et meurt sous le souffle du vent !

Anemone pulsatilla (modifiée) - Flora Batava, Volume 11, 1853
Auteur : 
Jan Kops, Illustrateur : Christiaan Sepp.


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11 mars 2013

La nymphe Cardea, protectrice des gonds et des funèbres Stryges

Divinité des temps anciens, Cardea se nommait autrefois Grané. Cette chasseresse habile, légère et si belle se jouait de ses amants en se dérobant par la ruse. Un jour pourtant, Janus, dieu des commencements et des fins, fut charmé par les attraits de la nymphe. Elle feinta de le suivre, mais c’était en vain, car le dieu aux deux visages voit tout ce qui est derrière lui. Il la serra dans ses bras, lui fit violence et s’écria : « en échange de ta virginité perdue et de tes faveurs, reçoit le nom de Cardea et la surintendance des gonds », il plaça alors dans sa main une fleur d’aubépine pour écarter loin des gonds les malheurs. Depuis, cette divinité qui préside aux portes, a le don d’ouvrir ce qui est fermé et de fermer ce qui est ouvert. Elle veille silencieusement aux entrées et aux sorties en écartant les funèbres Stryges, oiseaux nocturnes avides de sang qui tourmentent le sommeil des petits enfants. On appelle cette déesse protectrice au berceau des nouveau-nés affaiblis par ces horribles monstres. Elle purifie les lieux en touchant trois fois les portes d’un rameau d’aubépine, puis verse une eau magique qui renferme une vertu dont elle a le secret, sur le seuil de la maison. Tenant dans ses mains, le cœur et le foie crus d’une truie de deux mois sacrifiée, elle implore les oiseaux de nuit d’épargner les membres délicats et les entrailles enfantines. Puis, elle expose en plein air les restes dépecés et place le mystique rameau de Janus au pied du berceau. Les Stryges respectent son offrande et cessent alors de tourmenter l’enfant qui reprend son teint d’auparavant. Cardea sauva Procas de ce fléau qui s’était abattu sur son berceau. On honore cette déesse simple des premiers âges, ennemie du luxe et des débordements, non loin du Tibre dans l’antique bois d’Hélerne consacré à la nymphe, où l’on dépose des mets rustiques composés d’aliments champêtres, de lard, de farine et de gros pois qui régalaient autrefois nos ancêtres. Depuis on prétend que celui qui se nourrit de ce mélange aux sixièmes calendes* est à l’abri de toutes les douleurs des entrailles !

 

Cardea : Ovide la nomme aussi Carna.
* Les calendes étaient le premier jour de chaque mois dans le calendrier romain, celui de la nouvelle lune quand le calendrier suivait encore un cycle lunaire.

Photo © Cécile Decorniquet Studio


MAGIE VERTE, les herbes et les arbres enchantés


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14 juillet 2015

Séléné, la blanche reine de la nuit

Escortée de ses fidèles étoiles et brillante de tout l’éclat de la lune, Séléné parcourt l’obscurité de la voûte céleste dans un char étincelant tiré par deux chevaux blancs. Compagne de la Nuit, sœur du Soleil et de l’Aurore, Séléné est la déesse de la pleine lune. Cependant, la chaste Artémis et la ténébreuse Hécate sont aussi regardées comme des déesses lunaires et forment avec Séléné une triade vénérable. Artémis personnifie le croissant de lune et la redoutable Hécate incarne la nouvelle lune ou lune noire. Selon une opinion fort ancienne, on attribue à la lune une grande influence sur la fertilité de la terre et la naissance des hommes. Aussi, dans la pâleur de l’astre et la noirceur de la nuit on voit apparaître des ombres inquiétantes à la faveur des sorcières qui détiennent les secrets des philtres magiques et des charmes opérés par les vertus de la lune. On assure que certaines magiciennes ont le pouvoir de faire monter et descendre la lune à leur gré, comme Circé et Médée. Endymion, un jeune et beau berger, inspira un amour violent à Séléné. Elle lui déroba un baiser et le plongea dans un sommeil éternel pour qu'il conserve sa beauté. Depuis, au milieu de chaque nuit, Séléné le contemple et l’aime en posant ses rayons diaphanes sur les lèvres de son bel amant. Enveloppée d’un halo doux et argenté, cette blanche reine des cieux traverse les airs et répand sa lumière dans le monde des ténèbres, renvoyant sa douce clarté sur la terre ensommeillée !

Endymion, 1872, George Frederic Watts.

Figure de Selene, "Flora , seu florum ..." , Giovanni Battista Ferrari 1646.

Séléné, déesse grecque de la lune, dans un char volant tiré par deux chevaux blancs. Elle et son frère Hélios, le dieu du soleil, cadre souvent des scènes mythiques donnant une indication du passage du temps. Parce que le Soleil et la Lune affectent la température de l'air, les maladies pestilentielles et la mort leur sont attribués.


 

MAGIE VERTE, les herbes et les arbres enchantés


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28 février 2017

Salmacis et Hermaphrodite, un être troublant que l’on nomme autrement !

Cette charmante naïade coulait des jours paisibles en Carie près d’une fontaine qui portait son nom. Méprisant le tir à l’arc et la chasse, Salmacis préférait, au contraire de ses sœurs intrépides qui hantaient les forêts et les bois, la solitude et l’oisiveté près de sa source aux eaux limpides, où elle plongeait son corps délicat. Hermaphrodite, fruit des amours du dieu Hermès et d'Aphrodite, avait hérité des talents et de la grâce de ses deux parents. Devenu adolescent, il éprouva le désir de découvrir le monde. Plein de curiosité, il s’aventura dans de lointaines contrées et s’arrêta fatigué près d'une source isolée. Penchée au-dessus de l’onde cristalline, il mira son beau visage, se déshabilla et plongea sa nudité. Salmacis contempla ce bel étranger, fascinée par tant de beauté. En proie à un brulant désir, elle s’approcha et implora un baiser. Ignorant tout de l'amour, Hermaphrodite troublé prit peur, la repoussa et s'écarta d'un pas mal assuré. Elle l'enlaça dans ses bras amoureux, il se débattit, elle resserra alors son étreinte en invoquant les dieux de les unir à jamais. Leurs deux corps soudain s'entremêlèrent, se fondirent l’un dans l’autre et n’en firent plus qu’un. Le vœu fut exaucé. Ils devinrent un être unique doté de l'âme et des charmes de l'homme et de la femme. Depuis ce temps, quiconque se baigne dans les eaux magiques de cette source diabolique, devient un être troublant, un être que l’on nomme autrement !

Salmacis et Hermaphrodite, Les Métamorphoses d’Ovide, Livre XV, peintre flamand, du XVème.


MAGIE VERTE, les herbes et les arbres enchantés


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22 mai 2013

L’araignée, une prédatrice habile et rusée

Cette habile et diligente ouvrière, aux pattes longues et effilées, s’élève le long du fil qu’elle a créé. Le fil produit par l’araignée n’a pas d’égal en légèreté et en solidité et les sucs qui lui servent à tisser sa toile sont abondants et ne s’épuisent jamais ! Mais sans sa toile, elle serait fort embarrassée pour manger. En effet, elle tend ses filets et attire dans sa trame les insectes qui viennent s’y fourvoyer. Si la proie est rebelle, elle l’entoure d’une grande quantité de fil pour en venir à bout sans peine et l’achever. Les araignées diffèrent dans leur forme, leur couleur et dans leur manière de filer. L’araignée domestique fait sa toile dans tous les recoins de la maison. La vagabonde saisit sa proie sans l’aide d’une toile et ne vit jamais au même endroit. Grande tisseuse, l’araignée des campagnes est dotée de longues pattes très utiles pour se déplacer dans les hautes herbes. Celle des jardins tisse à l’air une toile ronde et saute sur les mouches. La plus vorace et la plus redoutable est l’araignée des caves, au corps noir et velu qui fait son nid dans les vieux murs. C’est la seule qui ne craint pas la guêpe. Toutefois, la plus grosse, la plus hideuse et la plus effrayante des araignées d’Europe est sûrement la mythique Tarentule, très commune aux alentours de Tarente en Italie, qui plonge sa victime dans un état de profonde stupeur conduisant jusqu’à la mort. Autrefois, le seul remède connu pour guérir de sa morsure, était de danser frénétiquement la Tarentelle jusqu’à ce qu’on soit en sueur et hors d’haleine. Cette araignée ne file point de toile mais creuse un trou et se place à l’ouverture pour bondir sur ses proies. Dans l’obscurité, ses yeux brillent comme des diamants lumineux ! Selon le mythe, l’araignée serait née de la métamorphose d’Arachné, célèbre filandière, qui osa défier la déesse Athéna dans l’art de tisser. Offensée de cet affront, l’immortelle la changea en une fileuse araignée. Depuis, elle continue à ourdir sa toile en tirant de son corps des fils déliés. Les anciens regardaient l’araignée comme un présage funeste. Cependant, la tuer portait malheur et de nombreux remèdes étaient concoctés à base d’araignée. Elle était très estimée dans les fièvres intermittentes quand on l’écrasait sur les poignets. Enfermée vivante dans une noix et pendue au cou ou placée sur la partie atteinte, elle mangeait la maladie. Sa toile appliquée sur les plaies arrêtait les saignements. Elle était bonne aussi dans les coliques venteuses : si l’on en fricassait, à la grosseur d’un œuf, avec un peu de vinaigre et qu’on l’appliquait chaudement sur le nombril, elle provoquait la sortie des vents ! On dit encore aujourd’hui que l’araignée à un goût prononcé pour la musique, qu’elle est attirée par la lumière et qu’il faut toujours l’écraser du pied droit. La tuer le soir expose à de grands tourments et porte malheur. Celle que l’on croise le matin est un heureux présage. Aussi, n'ayez pas peur de la laisser grimper sur vos vêtements pour être riche dans peu de temps. Quand elle monte sur sa toile le matin, il pleuvra le lendemain, quand elle en descend il fera beau. Cette créature qui lie ses proies, nous inspire dégout et effroi par son aspect hideux et sa couleur sombre. Pourtant, l’araignée est inoffensive et utile. Elle nourrit les oiseaux et nous débarrasse des insectes volants et rampants. Et puis c’est une grande timide, elle se sauvera en vous voyant. Alors ne l’attrapez pas, laissez-la filer en toute tranquillité !

Quelques célèbres filandières :
La métamorphose d'Arachné en araignée, article

Les Parques, inexorables fileuses des destinées humaines, article

Kunstformen der Natur, 1904 - planche 66 - Arachnides par Ernst Haeckel.
 
 

MAGIE VERTE, les herbes et les arbres enchantés


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28 octobre 2015

La chauve-souris, créature de mauvais augure

C’est le met préféré des sorcières et des magiciens. Ils dégustent avec délice cet animal dans leur festin ! Cet étrange mammifère effrayé par la lumière séjourne dans des antres sombres et mystérieux où le soleil ne pénètre pas. Sans un bruissement d’aile, dans la solitude des ténèbres, la chauve-souris tournoie dans les airs d’un vol brusque et saccadé, sans jamais se heurter contre les obstacles. Elle a la chaleur et le jour en horreur et se repose l’hiver, blottie dans les creux des vieux murs ou suspendue par les pattes de derrières. Cependant, elle est l’objet de beaucoup de croyances et superstitions. Comme le corbeau, la chouette et le hibou, c’est un animal de mauvais augure dont on redoute les sinistres présages. Dans certaines régions, on prétend que l’âme des morts apparaît sous la forme d’une chauve-souris. On dit qu’elle a commerce avec le Diable à qui elle prête ses grandes ailes et qu’elle vient sucer le sang de l’homme et des animaux sans les réveiller, jusqu’à ce que mort s’ensuive. Il est vrai que les chauves-souris aiment tourbillonner dans les airs, à l’heure ou le Démon invite au sabbat des hordes de sorcières, de crapauds et de corbeaux et de vampires affamés aux canines démesurées qui sortent de terre. Surgissant des brumes du passé, tous ces monstres redoutés se pressent dans l’air épais de la nuit pour rejoindre la sarabande ensorcelée. Pourtant, cette créature qui inspire terreur et épouvante, que l’on retrouve clouée aux portes, est une bête utile et innocente qui détruit les insectes nocturnes et prolonge ainsi le travail de l’hirondelle interrompu par la nuit !

 

Les filles de Minée changées en chauves-souris, article.

Chiroptera - Illustration de Ernst Haeckel, extraite de Kunstformen der Natur de 1904.

 

Selon Hildegarde de Bingen dans "Le livre des subtilités des créatures divines" : « La chauve-souris déteste la chaleur et le jour, et elle vole surtout au moment où les esprits aériens se répandent, à la faveur du sommeil des hommes, c’est-à-dire au moment où ceux-ci se reposent et où se livrent en eux toutes sortes de combats… »

 


MAGIE VERTE, les herbes et les arbres enchantés


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10 janvier 2026

Prophétesses, sibylles, druidesses et prêtresses

Depuis la nuit des temps et aujourd’hui encore, chez tous les peuples, on croit à la divination. Leurs interprètes ; prêtresses, sibylles et druidesses douées d’un grand savoir et du don de prophétie, connaissent le passé et l’avenir et possèdent en elles tous les secrets de la nature. Très respectées pour leur science de la divination, on leur portait beaucoup d’estime et de vénération. A Delphes, dans le temple sacré du dieu Apollon, on consultait les oracles qui étaient dévoilés par la plus célèbre des prophétesses de la Grèce : la Pythie*. L’endroit où se donnait les réponses était un antre prophétique profond d’où s’exhalaient des vapeurs inquiétantes regardées comme un souffle inspirateur divin. Assise sur un trépied en or recouvert de la peau du serpent Python* tué par Apollon, la Pythie mâchait des feuilles de laurier et rendait les oracles des dieux qui parlaient à travers elle. Les prêtresses recueillaient les paroles désordonnées de la prophétesse et les traduisaient en vers. Vénérée pour sa sagesse et redoutée pour sa clairvoyance, elle pouvait se montrer vengeresse des crimes et des sacrilèges. La Pythie a exercé une grande influence morale dans la Grèce antique. Les Princes et le peuple à qui elle donnait des réponses, témoignaient de leur reconnaissance par de riches offrandes. On dit que les sibylles* étaient des devineresses semblables à la Pythie de Delphes. Elles se multiplièrent à l’époque romaine. Ces vierges inspirées prophétisaient des événements extraordinaires et cachés en usant d’une variété infinie de pratiques. Agitées par le souffle divin, elles devinaient par le feu, l’eau, les entrailles des victimes, les simples, les cercles, les calculs, les signes célestes, le tonnerre, les éclairs, les lignes de la main et aussi l’ornithomancie ; pratique divinatoire sur l’observation du vol des oiseaux… Souvent accompagnées d’une lyre, elles déclamaient leurs prédictions en chantant des vers sibyllins. La plus célèbre d’entre elle fut la sibylle de Cumes qui rendait ses oracles dans un antre aux cent portes d’où autant de voix donnaient ses réponses. Quant aux druidesses*, elles jouissaient d’une réputation admirable. Elles surpassaient en renommée la Pythie des Grecs et les sibylles romaines. On venait des pays les plus lointains pour les interroger sur l’avenir et connaître les destinées. On leur attribuait le don de faire des choses mystérieuses et de connaître tous les secrets de la nature. Douées du pouvoir d’apaiser les vents et les flots ou d’exciter les tempêtes et de soigner les incurables par des conjurations, elles étaient capables de prendre à leur gré toutes sortes de formes d’animaux. Vouées à une perpétuelle virginité, elles s’enveloppaient de voiles, en accomplissant des rites étranges interdits aux hommes. Ordinairement, elles établissaient leur demeure sur la rive des eaux où elles rendaient leurs oracles. Les plus fameuses d’entre elles étaient au nombre de neuf et habitaient la petite île de Sein. Aussi habiles que les magiciennes de l’antiquité, les druidesses avaient le pouvoir de faire descendre la lune du ciel pour danser avec elle ! Toutes les sources du merveilleux, des fées, de la magie, des esprits et de la féerie tirent leur origine de la foi et de l’inspiration de ces prophétesses anciennes que la légende a rendu célèbres et que l’antiquité a vénéré, invoqué, écouté ou redouté !

*Prophétesse ou Pythonisse en Grèce, parce qu’elle s’asseyait sur la peau du serpent Python pour rendre les oracles dans le temple sacré d’Apollon. *Le serpent Python : dragon monstrueux qui infestait les alentours de Delphes et que le dieu Apollon tua de ses flèches. *Sibylle en Italie et *Druidesse chez les Celtes et les Gaulois.

Priestess of Delphi (1891) by John Collier, showing the Pythia sitting on a tripod with vapor rising from a crack in the earth beneath her.

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​​​Magie Verte, les herbes et les arbres enchantés

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2 juin 2019

La Volupté, fille de l’Amour et de Psyché

Entourée de Génies légers et d’Amours brillants qui voltigent à chacun de ses pas, cette déesse au teint pâle et aux joues colorées du plus vif incarnat, porte une robe aérienne ceinturée de broderies d’or et de soie. Tenant dans sa main une rose fraîchement épanouie, la Volupté parle des charmes de l’amour dans une attitude lascive en promenant autour d’elle des regards enchanteurs. Couchée sur un lit de fleurs, sa belle chevelure est imprégnée des plus douces senteurs. Rien n’est plus séduisant que son regard languissant et plus tendre que sa voix. Fille de l'Amour et Psyché, cette divinité du plaisir, du bien-être et de la santé, se tient sur un trône d’or et tient les Vertus sous ses pieds car la Vertu est la Volupté suprême des plaisirs de l’âme. A ses côtés, la Tempérance lui interdit toutes sortes d’excès, la Justice l’empêche de faire tord à sa personne, la Force de l’âme retient ses débordements et la Prudence veille à son repos. La Volupté est une douce agitation, une émotion délicieuse, un emportement agréable. Cependant, la plus délicieuse des voluptés est celle qui s’abandonne aux plaisirs de l’esprit. Ceux qui succombent aux charmes des plaisirs fugitifs et trompeurs qui captivent les sens et amollissent le courage, ne trouvent qu’un vide dans leur cœur. On peut comparer ce plaisir aux chants funestes des Sirènes. La tubéreuse à l’odeur enivrante est l’emblème de la Volupté. Cette fleur divine et enchanteresse qui exhale un parfum capiteux symbolise les plaisirs dangereux !

Voluptueuse, huile de Jean-Baptiste Greuzemusée Pouchkine, Moscou.


MAGIE VERTE, les herbes et les arbres enchantés


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11 juin 2015

La rosée de mai, un cosmétique réputé autrefois pour entretenir et conserver la beauté

Larmes de l’Aurore, fille de l’air et de la lune, eau céleste, essence du soleil… La rosée se forme en abondance quand la lune est pleine et que les nuits sont douces et sereines. Ce bienfait de la nature est une source intarissable pour l’herbe et les plantes qui se languissent sous l’ardeur du soleil. Elle humecte et rafraîchit la terre, nourrit les abeilles et les fées qui aiment se désaltérer d’une goutte de rosée puisée dans le calice des fleurs. On pensait autrefois que la rosée était un puissant remède pour l’homme et les maladies qui le tourmentent, en particulier pour ceux qui sont attaqués par les maladies de la peau. La rosée de mai était la plus recherchée, elle était considérée comme un cosmétique pour entretenir et conserver la beauté. Dans les campagnes, on la recueillait avec le plus grand soin, avant les premiers rayons du soleil, en plaçant de grands linges sur le gazon des prairies. Le jour de la Saint-Jean, avant le lever du soleil, il faut se rouler nu dans la rosée pour obtenir guérison, plus elle est abondante et plus on guérit vite. Féconde et bienfaisante, la céleste rosée qui luit sous la clarté de l’astre lunaire, fait épanouir les fleurs nouvelles brillantes de mille feux dorés et rend la vie aux jardins altérés.

Vue Macro d'un capitule de pissenlit, 2006 - Böhringer Friedrich.

 


MAGIE VERTE, les herbes et les arbres enchantés


Ces œuvres sont protégées par une certification CLEO qui confère à son auteur une date de création certaine sur son œuvre. Une signature numérique atteste de cette antériorité. Elle est soumise aux dispositions du Code de la Propriété Intellectuelle. Toute reproduction ou représentation totale ou partielle doit faire l’objet d'une demande d'autorisation auprès de l’auteur. Concept et titres déposés et enregistrés à l'INPI : Institut National de la Propriété Industrielle.

22 avril 2015

Les cheveux dans la magie et la sorcellerie

Ornement naturel du corps, les cheveux varient beaucoup par leur couleur, leur épaisseur et leur longueur. Cependant, on peut réaliser divers maléfices avec ces derniers. La sorcellerie recommande de les mêler dans les onguents, les sortilèges d’amour et les envoûtements. Lors du sabbat, les sorcières offrent leurs cheveux au diable qui les coupe menus et les mélange à certaines poudres pour faire tomber la grêle. On dit que les incubes s’attachent plus particulièrement aux femmes aux beaux et longs cheveux. Aussi, méfiez-vous, ne jetez jamais vos cheveux n’importe où car ils risquent d’être employés pour de mauvais agissements. De plus, quand un oiseau mêle les cheveux d’une personne à la construction de son nid, cette dernière a mal à la tête pendant toute la couvaison. Dans certaines régions, vendre ses cheveux, c’est vendre son âme parce que l’eau du baptême a coulé dessus. Pour se garantir des enchantements, il faut cracher trois fois sur les cheveux que l’on s’arrache en se peignant avant de les jeter à terre. Parfois, ils peuvent servir à fabriquer une baguette magique. Quelques conteurs assurent que les cheveux des hommes trempés dans du vinaigre protègent des morsures de chiens, et que ceux des femmes, coupés pendant leurs jours critiques, enterrés avec du fumier et échauffés par l’ardeur du soleil, se transforment en serpents au début du printemps. On disait autrefois que les cheveux souples et blonds mêlés de brun étaient des chevelures nobles. Ceux qui étaient fins, blonds et doux marquaient un tempérament délicat. Ceux longs et plats annonçaient un caractère ordinaire. Les cheveux bruns, épais et noirs dénotaient peu d’esprit mais de l’assiduité et l’amour de l’ordre. Au moyen âge, les cheveux roux évoquaient un odieux commerce avec le diable ! Dans l’antiquité les cheveux blonds étaient regardés comme les plus beaux et les jeunes garçons consacraient leurs cheveux à Apollon. On prétend que la magicienne Médée fut la première à inventer l’art de se teindre les cheveux. Pluton, souverain des Enfers, avait les cheveux noirs et les divinités infernales coupaient un cheveu à celui qui devait mourir. Couper ses cheveux était un signe de deuil que l’on offrait aux âmes disparues. Achille déposa sa blonde chevelure sur la tombe de son ami Patrocle. La chevelure de Méduse dont elle se glorifiait tant, fut changée par Minerve en affreux serpents. Aussi, la seule vue d’une boucle de Méduse mettait tous les ennemis en déroute. Bérénice offrit aux dieux ses beaux cheveux lumineux pour qu’ils accèdent à son vœu. Enchantés, ces derniers s’empressèrent de les suspendre aux cieux, formant ainsi une nouvelle constellation dans le firmament… Tous ces récits merveilleux et la vive imagination de nos aïeux souvent frappée par la peur des sortilèges, semblent parfois, un peu tirés par les cheveux !

 

Pour un sortilège d’amour :
il vous faudra trois cheveux de l’être aimé, trois de vos cheveux que vous lierez avec un fil de laine rouge. Brûlez le tout avec trois feuilles de laurier à la faveur de la pleine lune en prononçant ces mots : « J’invoque le pouvoir supérieur pour apaiser mon cœur. Que l’amour que je porte en moi, ait raison de toi ! » Qu’il en soit ainsi.

Young Girl Fixing Her Hair - Sophie Gengembre Anderson, 1823/1903.


MAGIE VERTE, les herbes et les arbres enchantés


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