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21 juin 2013

L'Eté

Aujourd’hui, l’aimable déesse du Printemps laisse place à L’Eté bienfaisant. Cette période faste où les jours sont les plus longs de l’année, démarre au solstice d’été. C’est le temps des semailles, des foins et des mûres, les terres sont labourées et les herbes coupées. Dans le ciel azuré, le soleil déverse sa clarté et enrichit la terre de moissons dorées. Les raisins, les plantes et les fruits rougissent sous les rayons solaires, tout éclot et devient radieux. Mais parfois, pendant cette brillante saison, le jour pâlit et le ciel s'assombrit de nuages orageux d’où s’échappent des éclairs et des torrents de pluie. L’astre du jour tempère alors ses feux et rend à la terre sa plus belle parure en la couronnant d’une guirlande de blés mûrs !

Cérès vers 1660, Giovanni Francesco Romanelli.


MAGIE VERTE, les herbes et les arbres enchantés


Ces œuvres sont protégées par une certification CLEO qui confère à son auteur une date de création certaine sur son œuvre. Une signature numérique atteste de cette antériorité. Elle est soumise aux dispositions du Code de la Propriété Intellectuelle. Toute reproduction ou représentation totale ou partielle doit faire l’objet d'une demande d'autorisation auprès de l’auteur. Concept et titres déposés et enregistrés à l'INPI : Institut National de la Propriété Industrielle.

15 février 2013

La métamorphose d'Actéon en cerf

Actéon, fils d’Aristée et petit fils de Cadmus, était un chasseur habile et intrépide. Un jour, après une longue chasse fructueuse sur le mont Cithéron couvert du sang et du carnage des animaux, Actéon rappela ses compagnons hors d’haleine, dispersés sur les sentiers escarpés et les invita à poser les armes et à se reposer. Actéon, quant à lui, s’engagea dans un bois, laissant ses pas incertains le guider dans ces lieux inconnus. Là, s’étendait une vallée couverte de pins et de cyprès consacrée à Diane. Dans l’épaisseur de la forêt, s’ouvrait un antre ombragé, lieu cher à la divine chasseresse, arrosé d’une source aux eaux limpides, aux rives verdoyantes, où elle aimait délasser ses attraits en compagnie des nymphes qui l’entouraient. Actéon entraîné par la destinée, parvint à l’endroit où Diane se baignait. L’imprudent pénétra dans le temple de la déesse et vit ce que nul mortel ne devait voir. Les nymphes, honteuses de leur nudité, remplirent la forêt de hurlements et se pressèrent autour de la chaste déesse pour cacher sa vertu en faisant un rempart de leurs corps. Mais Diane plus grande qu’elles, les dominait encore. Exposée ainsi au regard de cet homme, son teint pris la couleur pourpre de l’aurore. Elle détourna son visage en songeant à son arc et ses flèches rapides laissés sur la rive. Soudain, elle s’arma de l’eau qui coulait sous ses yeux et la jeta au visage de l’audacieux en disant ces mots : « Fuis maintenant et va dire, si tu le peux, que tu as vu Diane paraître sans voile sous tes yeux ! ». Sans le menacer davantage, elle donna à l’indiscret une tête de cerf aux larges bois. Son cou s’allongea, son corps se couvrit d’un beau pelage tacheté, ses mains se changèrent en pieds et ses bras en jambes effilées. A ces changements, Diane ajouta la crainte et lui laissa la raison. Le chasseur effrayé prit la fuite et s’étonna de sa légèreté et de la rapidité de sa course. Dans le miroir des eaux, il vit sa forme nouvelle et cria sa peine, mais sa voix se perdit dans un gémissement plaintif. Au loin, il entendit d’innombrables abois, une meute impitoyable se lançait à sa poursuite emportée par l’ardeur de la proie. Actéon ne savait plus où aller et fuyait les siens qui ne pouvaient le reconnaître. Il tomba à genoux et d’un ton suppliant dit : « Je suis Actéon votre maître ! », mais ses paroles n’étaient pas celles d’une voix humaine. Les chiens qui l’encerclaient maintenant, plongèrent leurs dents dans le corps de leur maître et le mirent en lambeaux. La témérité d’Actéon, due au hasard, fut sans nul doute trop punie. Cependant, quand il exhala son âme, on dit que son châtiment fut digne de la vengeance et de l’austère chasteté de Diane ! 

 

La métamorphose d'Actéon en cerf, planche 24 - Fables choisies tirées des Métamorphoses d'Ovide, 1878.
Gravure : Bernard Picart.


MAGIE VERTE, les herbes et les arbres enchantés


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3 avril 2014

L'Anémone et la Violette

L'anémone, au port orgueilleux, 
Jetait un regard dédaigneux 
Sur la modeste violette
Celle-ci n'était point coquette ; 
Sans faste elle exhalait la plus suave odeur, 
Premier grief aux yeux de la superbe fleur. 
Elle osait vivre sans envie 

Et n'étalait qu'une couleur,  
Autre grief ; et puis elle était, fi ! L’horreur ! 
En liaison avec l'ortie.  
Précisément, le maître du jardin  
Vint ce jour-là visiter son domaine ;  
L'anémone lui plut, il la cueillit sans peine. 
Guidé par un parfum divin, 
Vers l'autre fille du matin 
Il croit son approche facile, 
Et médite un nouveau larcin ; 
Mais piqué par l'ortie, il retira sa main, 
Et laissa l'humble fleur au fond de son asile. 
L'anémone aussitôt reconnut son erreur, 
Et dit ce que dit tout bon cœur : 
« Point d'ami qui soit inutile, 
Nous fût-il même inférieur ! » 

Gauldrée De Boileau. 

Viola gracilis, plate 8541 in: Curtis's Bot. Magazine, vol. 140, (1914).

Anemone coronaria, gouache on vellum, in: Gottorfer Codex, 1649/1659.

 


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18 octobre 2012

Pégase, cheval mythique source de l'inspiration poétique

Sauvage et rapide comme le vent, Pégase était un cheval céleste aux ailes extraordinairement puissantes qui le portaient par-delà le firmament. Aussitôt né du sang de la tête tranchée de Méduse, il s’envola au séjour des immortels sur la montagne des muses et fit jaillir d’un seul coup de sabot l’Hippocrène, une source merveilleuse et nouvelle. Symbole de l'inspiration et de l’imagination, ce cheval mythique évoque la liberté et la vitalité. Bellérophon, héros réputé pour son adresse à mener les chevaux, rêvait de dompter Pégase. Grâce au charme et au mors magique recouvert d’or que la déesse Athéna lui donna, il approcha le cheval qui se laissa brider docilement. Chevauchant sa nouvelle monture, il se transporta dans les airs et partit combattre l’horrible Chimère. Plus rapide que les flammes inextinguibles du monstre qui ravageait la région de Lycie, Pégase permit à son cavalier d’affronter la Chimère qui succomba sous ses flèches enduites de plombs. Cependant, saisi d’orgueil par son exploit, le héros voulut défier l’éternité en réclamant sa place parmi les divinités. Irrité par tant d’orgueil et de vanité, Zeus envoya un taon géant, piquer le cheval. Sous le coup de la douleur Pégase se cabra et désarçonna son cavalier qui se tua dans sa chute. Le roi de l’Olympe accueillit Pégase dans les écuries célestes où il fut chargé de porter la foudre et les éclairs. A la fin de sa longue vie et de ses bons et loyaux services, Pégase s’envola vers les cieux et fut changé en astre par les dieux !

Bellérophon, aidé par Mercure, dompte Pégase au moyen d’une bride d’or
Pegasus by Jan Boeckhorst, 17ème siècle.

 


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4 avril 2013

Le miel, nourriture des dieux

Bienfait de la nature, don du Ciel, sirop de vie, nectar divin, rosée des astres, liqueur dorée… Par sa nature solaire, sa douceur et sa vertu à guérir les mortels, le miel évoque la sagesse divine et la vie éternelle. Il était réputé autrefois comme une substance merveilleuse et l’abeille comme une créature sacrée. Fort estimé chez les anciens, le miel était considéré comme une panacée, un baume salutaire purifiant l’âme et l’esprit qui prolongeait la vie et adoucissait les sentiments. La cire d’abeille servait d’emplâtre, on l’employait pour soigner les tumeurs et les plaies. Le miel entrait dans un grand nombre de préparations et dans la fabrication de l’hydromel, une boisson excellente qui fortifiait l’estomac et apportait santé et joie. On dit que le miel est un nectar divin qui confère l’immortalité. Première nourriture de Zeus, il était donné en offrande aux dieux et aux morts pour les honorer. Les libations dédiées à Hadès, souverain du sombre empire, étaient composées de miel. Quant aux abeilles, bonnes et diligentes ouvrières au corps brillant et au dard fort piquant, elles sont des messagères ailées, transportant dans un vol céleste, l’âme des défunts vers l’autre monde...


Plusieurs choses contribuent à faire un miel doux et savoureux ; la chaleur et la pureté de l’air, la nature des fleurs, la bonté des abeilles et leur admirable labeur !

Illustration du Tacuinum sanitatis XIVème siècle - Une ruche.

 


MAGIE VERTE, les herbes et les arbres enchantés


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6 avril 2019

Le Bouleau, un arbre élégant à l’écorce d'argent

Dame des bois, Arbre de la sagesse, Bois blanc, Arbre à balais, Sceptre des maîtres... Arbre gracile et mystérieux le Bouleau est un symbole de sagesse et de renouveau. Sa sève,  appelée « sang de Bouleau », et ses feuilles sont employées pour leurs nombreuses vertus thérapeutiques. Il y a bien longtemps, son écorce blanche, fine et résistante était ramassée les nuits de pleine lune pour y inscrire des incantations et des sortilèges d'amour. Au moyen-âge, prisonniers et aliénés étaient fouettés avec des branches de Bouleau pour exorciser les démons qui les habitaient et le corps des défunts était recouvert de ses rameaux pour éclairer leur passage vers le monde souterrain. Des branches de Bouleau brûlées le jour des noces, portent bonheur aux jeunes mariés. On prétend que les berceaux en bois de Bouleau sont visités par les fées qui assurent longue vie et protection aux nouveau-nés. Arbre élégant à l'écorce d'argent, le Bouleau est de toutes les fêtes du printemps !

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30 juillet 2013

Le Hérisson, une créature qui ne manque pas de piquants !

Cet animal qui sait se défendre sans combattre, fait fuir tous ceux qui le tourmentent grâce à l’armure épineuse invulnérable dont la nature l’a dotée. Seuls le renard et le loup osent braver ses pointes acérées. Le Hérisson habite volontiers nos jardins mais se retire le jour dans le creux des vieux arbres, à l’abri des ronces, des buissons ou sous un amas d’herbes sèches et de mousse qu’il affectionne particulièrement. Au crépuscule, il part en chasse à la recherche d’insectes, de petits rongeurs, de reptiles, d’oiseaux et parfois de crapauds. Aussi, il se nourrit de serpents qu’il peut détruire en nombre et ne craint pas de loger dans les lieux où ils abondent. On dit que le Hérisson a une adresse toute particulière pour monter aux arbres et s’emparer des fruits en se servant de la pointe de ses piquants pour les transporter. Quand le raisin est mûr, il entre dans les vignes et grimpe sur le pampre pour en manger à satiété. Puis, il se roule sur les grains tombés à terre qu’il perce de ses épines pour les emporter dans sa demeure et les conserver. A l’arrivée du froid, il se roule en boule et tombe en léthargie dans son nid jusqu’au retour des beaux jours. Autrefois, le hérisson était connu pour prédire le temps. Quand il sortait de son terrier, le printemps était arrivé, mais s’il retournait se coucher l’hiver durait encore quelques semaines. Cependant, ce petit mammifère épineux avait très mauvaise réputation chez les anciens qui le qualifiaient de bête immonde. On prétendait que le hérisson tétait aux pis des vaches, qu’il les vidait de tout leur lait et qu’il empêchait même ces dernières de vêler. On l’accusait également de s’introduire la nuit dans les poulaillers pour s’attaquer aux poules, les étrangler et les saigner par le croupion. De plus, il dévorait les poussins sous l’aile de leur mère et volait les œufs pour en déguster le jaune. Les jeunes filles qui avaient le malheur de mettre un pied sur lui pendant leurs menstruations tombaient enceinte et, quelques mois après, accouchaient d’un plein panier de bébés hérissons ! Jadis, sa peau était préparée en décoction ou réduite en cendre pour soigner l’incontinence d’urine et enrayer la calvitie. Manger son œil droit frit dans du lin permettait de voir la nuit. Son foie était très estimé dans les maux de reins et sa peau bardée de piquants servait à lainer les étoffes. Symbole de la gourmandise et de l’avarice, le Hérisson était considéré au moyen-âge comme malfaisant, voleur, sournois et gourmand. Pourtant, c’est un animal inoffensif et paisible malgré ces petits larcins dans les vergers, les vignobles et les potagers. Mais il est vrai que ce petit quadrupède solitaire, que l’on ne peut toucher sans se piquer, n’a pas toujours bon caractère et grogne quand on le dérange sur son territoire ou quand il dort. Qui s’y frotte s’y pique !

Detail of a miniature of hedgehogs rolling on grapes, sticking them to their spines to carry back to their young; British Library Royal 12 F xiii; folio 45r.

 


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29 mars 2015

Les terribles chevaux de Pluton

Noir comme l’Erèbe, ce quadrige infernal attelé au char de Pluton erre dans le sombre empire, semant sur son passage le Sommeil, l’Oubli et la Mort. Le sol tremble et mugit sous les pas de ses terribles chevaux et leurs hennissements horribles font frémir. On dit qu'ils exhalent un souffle impur qui noircit l’air et que leur écume infeste la terre. Elevés dans d’éternelles ténèbres, ils s’abreuvent dans les eaux croupissantes du Léthé et se nourrissent dans les pâturages bordant le Cocyte. Alecton* a pour mission d’atteler les fougueux coursiers et de les guider dans les sinuosités les plus obscures de la terre. Le premier se nomme Ethon l’enflammé, qu’aucune flèche ne peut atteindre. Le second, Orfnée le sombre, est doté d’une robe d’un noir foncé, quand à Alastor l’indompté, il est marqué du sceau des Enfers par Pluton. Nictée, le ténébreux est le dernier. Ces fameux chevaux contribuèrent à l’enlèvement de Proserpine. Pluton, animé par l’amour, conduira ses redoutables coursiers pour ravir la fille de Cérès. Il fendra les rochers en frappant la terre de son sceptre et sortira de ses noirs abîmes pour emporter la belle Proserpine. Toutes les puissances infernales viendront rendre hommage à leur nouvelle reine dans le pâle et inquiétant royaume du monarque des Enfers.

A lire : "L'enlèvement de Proserpine", poème inachevé de Claudien (il est l'un des derniers grands poètes latins de l'Empire romain.
*Alecton : la première des Furies, fille d’Achéron et de la Nuit. Elle est chargée de purifier les morts et de les conduire au séjour qui leur est destiné.

Cyane and Pluto - Johann Wilhelm Bauer 1659Cyane and Pluto - Johann Wilhelm Bauer, 1659.


Magie Verte, les herbes et les arbres enchantés


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10 juin 2014

Thétis, une néréide à la chevelure et aux pieds d’argent

Cette néréide d’une grande beauté, avait les soupirants les plus illustres de l’Olympe à ses pieds. Zeus, Poséidon et Apollon courtisaient et se disputaient vivement cette nymphe magnifique à la chevelure et aux pieds d’argent. Cependant, Thémis, déesse de la Justice, de la Loi et de l'Equité, prédit que Thétis enfanterait un fils à la gloire plus grande que son père. Devant cette prophétie, les dieux la délaissèrent et décidèrent de l’unir à un mortel. Pour que la prédiction s’accomplisse sans être détrôné, Zeus la proposa en mariage à Pélée, roi de Phthie en Thessalie. Après avoir eu les plus grands dieux pour amants, Thétis, désespérée de cette union avec un mortel, s'enfuit et se refugia dans une grotte de la côte de Magnésie. Pélée partit à sa recherche avec l’aide du centaure Chiron et la trouva endormie dans son antre caché au milieu d'un bois de myrtes et d'oliviers. Cependant, Thétis prit différentes formes pour lui résister. Elle se métamorphosa en eau rapide, en feu étincelant, se changea en oiseau et prit l'apparence d'une créature effrayante pour lui échapper. Désemparé et effrayé, Pélée implora les divinités de l'aider. Protée, vieillard de la mer, qui possédait une grande connaissance de l’avenir et du passé, sortit alors du fond des eaux et conseilla à Pélée de garder Thétis captive dans ses bras jusqu'à ce qu'elle reprenne sa forme originelle. Lasse de se défendre, elle se rendit et se soumit à l'alliance humaine qu’on lui imposait, car les décisions de Zeus sont souveraines, il faut suivre ses volontés. Les noces eurent lieu sur le mont Pélion avec beaucoup de magnificence. Les dieux de l'Olympe les honorèrent de leur présence et comblèrent les époux de cadeaux. Toutefois, au beau milieu de la joyeuse assemblée, surgit, dans un sombre et ténébreux nuage, la perfide Eris, déesse de la discorde que l’on n’avait pas conviée. Pour se venger de cet affront, l'infernale divinité au front hérissé de serpents venimeux, jeta une pomme d’or sur laquelle était écrit : « A la plus belle ! ». Les déesses en présence ; Héra, Aphrodite et Athéna ne tardèrent pas à se disputer, chacune prétendant que la pomme lui revenait. On demanda alors à Zeus de les départager. Le dieu prudent s’en remit au jugement d’un mortel, Pâris, prince troyen, pour choisir la plus belle. Le beau jeune homme offrit la pomme de la discorde à Aphrodite qui lui avait promit en récompense l’amour de la plus belle femme du monde, Hélène, épouse de Mélénas Roi de Sparte. Pâris enleva Hélène, ce qui provoqua la terrible et longue guerre de Troie, entraînant sa perte et celle de sa patrie. Thétis et Pélée eurent sept enfants dont le célèbre Achille. Mais on prétend qu'à l’insu de son époux, elle plongea les six premiers dans le feu pour les débarrasser de leur essence mortelle. Une nuit, tandis qu’elle enduisait le corps d'ambroisie de son dernier né, elle fut surprise par Pélée horrifié qui retira l'enfant des flammes. Indignée d'avoir été découverte, Thétis s'en retourna dans les eaux près de ses sœurs les néréides. Pélée confia l'éducation de son fils au centaure Chiron qui lui apprit le maniement des armes et l'art de la chasse. On dit aussi que Thétis trempa Achille dans les eaux noires et glaciales du fleuve Styx au pouvoir de rendre immortel celui qui s’y baigne. Il devint un héros invulnérable, sauf au talon, l'endroit par lequel sa mère le tenait. A la mort de Patrocle, le fidèle compagnon d'Achille, et la perte de ses armes, Thétis monta au ciel pour prier Héphaïstos de lui fabriquer des armes divines. Mais l'intrépide Achille fut tué par une flèche qui l'atteignit au talon, une flèche tirée par Pâris et guidée par le dieu Apollon. A sa mort, Thétis sortit des eaux pour pleurer son fils accompagnée de ses sœurs les néréides. Leurs sanglots furent si profonds et leurs lamentations si lugubres que les Muses descendirent de l'Hélicon le cœur empli de tristesse, pour faire honneur à la douleur de la déesse. Dans un vase d'or offert par Dionysos et forgé par Héphaïstos qui fut gardé près de la mer dans un tombeau, Thétis déposa les cendres de son fils défunt avec celles de son ami Patrocle. On dit que Poséidon sortit du fond des ondes et s’approcha du rivage pour promettre à la déesse que son fils vivrait éternellement parmi les dieux et non dans les Enfers d'Hadès. Thétis s’en retourna avec ses sœurs dans les profondeurs de la mer le cœur un peu plus léger, en songeant au dieu qui accomplira sa promesse !

The Judgment of Paris, Lucas Cranach the Elder circa 1512.

 


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2 janvier 2014

La Lunaire, une plante semblable à l'éclat de la lune

Herbe aux écus, Monnaie du Pape, Herbes aux lunettes, Passe-satin, Bulbonac, Médaille de Judas,  Médaillon, Satin blanc… On la cultive dans les jardins moins pour l’élégance de ses fleurs purpurines, disposées en bouquet au sommet de la tige, que pour l’effet brillant de ses fruits de forme arrondie qui leurs succèdent. En effet, la Lunaire doit son nom à ses capsules nacrées qui offrent à la vue des disques d’un blanc argenté très luisant, semblables à des pièces de monnaie ou à la lune quand elle est dans son plein. Autrefois, ses feuilles au goût âcre et amer étaient vantées en médecine pour leurs propriétés apéritives, diurétiques, antiscorbutiques et antiépileptiques et sa racine bulbeuse connue sous le nom de Bulbonac se mangeait en salade. En magie, elle repousse les créatures de la nuit qui envahissent les campagnes et les apparitions fantomatiques planant au-dessus des eaux troubles entre le coucher du soleil et le lever du jour. Aujourd’hui, la Lunaire est tombée dans l’oubli. Cependant, cette plante qui conserve toute sa beauté après sa mort sert d’ornement et compose des bouquets chatoyants et délicats évoquant la lune dans tout son éclat !

Månviol, Lunaria annua L. (modified), entre 1917 et 1926, «Images de North Flora» Stockholm par Carl Axel Magnus Lindman.


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30 novembre 2013

La fourmi, symbole de la minutie et de l’économie

On ne tarit point d’éloge sur cet animal et beaucoup s’émerveillent de son ardeur pour le travail, de sa prévoyance et de son génie industrieux. En effet, il règne l’ordre le plus grand dans sa société. Les ouvrières sont les maîtres de la maison et commandent aux mâles et aux autres femelles. La construction du nid est leur principale occupation. Les fourmis creusent le sol et de profonds terriers en portant au loin les matériaux qu’elles déblaient. Certaines se font même un toit de brindilles, de paille et de buchettes disposées avec art, qui recouvrent tout le nid. Le sommet de ces amas est ouvert pendant le jour mais comme les fourmis dorment la nuit, elles ferment la porte au coucher du soleil ou par temps de pluie. Les fourmis remplissent leur grenier à la belle saison au temps des moissons mais elles sont inactives l’hiver et sombrent dans l’engourdissement. Carnassières, elles dissèquent les charognes avec la plus grande propreté, amassent des fruits et des grains qu’elles rapportent à la fourmilière. Elles ont une grande passion pour tous les aliments sucrés et pénètrent dans nos maisons pour piller nos provisions ! On dit que les fourmis ont du sentiment mais aussi de l’esprit et qu’elles reconnaissent les membres de leur société en se touchant les antennes ce qui leur permet aussi de parler, de prendre des nouvelles, de tenir un conseil et d’échanger leurs idées. Quand l’une d’elles est blessée, la première qui passe lui porte secours et la transporte au nid mais les fourmis étrangères sont traitées en ennemies. Ainsi, des combats sans merci peuvent apparaître entre familles d’une même espèce. On dit qu’elles prédisent les vents et le mauvais temps et que les hommes honnêtes et polis se transforment en fourmis après leur mort. Remède contre la paresse, les fourmis ont des propriétés curatives et on les retrouve dans de nombreuses préparations de la médecine ancienne. Elles étaient excellentes pour réparer les forces abattues et ranimer les esprits. On les recommandait aux femmes stériles, aux vieillards et dans les maladies du cerveau, les vertiges, la paralysie et les tremblements. Macérées vivantes dans du vin ou de l’eau au bain-marie, elles guérissaient la lèpre et la surdité. Broyées et utilisées en cataplasme, elles soignaient rhumatismes et névralgies. On prétendait que les fourmis ailées avaient des vertus aphrodisiaques. Infusées dans de l’huile de sureau, elles n’avaient pas leur pareil pour stimuler l’amour. Savantes, sages et prudentes, on ne trouve point dans la nature de créatures si petites pouvant porter des charges aussi lourdes en proportion de leur poids. Cependant, n’accordons-nous pas trop de qualités merveilleuses à ces fourmis modèles de toutes les vertus ? N’oublions pas que ces insectes sont très incommodes au jardinier et qu’ils portent au derrière un aiguillon piquant qui cause douleur et démangeaison. Et même si ces laborieuses et ingénieuses fourmis surpassent en force tous les autres animaux, elles ne sont pas très prêteuses ; c’est là leur plus grand défaut !

 

Auprès de vos fruitiers et de vos rosiers semez de la ciboulette
pour empêcher les fourmis d’y grimper.

from Aesop's Fables - by Milo Winter, 1886/1956.

Isopet, atelier de Richard de Montbaston
Paris, vers 1330
Paris, BNF, département des Manuscrits, Français 15123, fol. 36v.

La Cigale, une créature musicale et estivale, article

 


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11 novembre 2013

Les Vents, terribles puissances de l'air

Moins léger que le feu, mais plus léger que l'onde,
Le fluide des airs environne le monde.
C'est là qu'il suspendit les nuages mouvants,
La foudre, effroi de l'homme, et l'empire des vents.
Mais celui qui des airs leur a livré les plaines,
Asservit à des lois leurs bruyantes haleines ;
Et rendant leur discorde utile à l'univers,
Relégua chacun d'eux en des climats divers.
L'impétueux Borée envahit la Scythie ;
L'Eurus oriental régna sur l'Arabie :
Les bords où le soleil éteint ses derniers feux,
Echûrent à Zéphyr ; et l'Autan nébuleux
Souffla sur le Midi la pluie et les orages.
Par-delà le séjour des Vents et des nuages,
S'étend dans l'empyrée un espace azuré
Où nage de l'Ether le fluide épuré.

Les métamorphoses d'Ovide, livre premier, Les Vents.

Kupferstich (1795) von Tommaso Piroli (1752 – 1824) nach einer Zeichnung (1793)
von John Flaxman (1755 – 1826).
 

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Ces œuvres sont protégées par une certification CLEO qui confère à son auteur une date de création certaine sur son œuvre. Une signature numérique atteste de cette antériorité. Elle est soumise aux dispositions du Code de la Propriété Intellectuelle. Toute reproduction ou représentation totale ou partielle doit faire l’objet d'une demande d'autorisation auprès de l’auteur. Concept et titres déposés et enregistrés à l'INPI : Institut National de la Propriété Industrielle.

5 septembre 2013

Lille3000, Invitation au vernissage des expositions le 6 sept. 2013

L'exposition SFR Jeunes Talents / Rencontres d'Arles 2013 s'exporte à Lille à la Gare Saint Sauveur dans le cadre de Lille3000 du 6 septembre au 3 novembre 2013. Vernissage demain à partir de 18h30.

Lille3000 - Invitation

Cécile Decorniquetphotographe, lauréate du concours jeunes talents SFR –Rencontres d’Arles, pour sa série « Ladies »

Cécile Decorniquet photographe

http://www.franceculture.fr/emission-la-vignette-cecile-decorniquet-2013-07-08

16 juin 2013

La souris, symbole de la vie souterraine

Timide, agile et curieuse, la souris mène une vie nocturne très active. Elle court avec une grande rapidité mais le moindre petit bruit la fait déguerpir. Son ouïe fine et son odorat sont exquis et il n’y a pas d’endroit où elle ne puisse se faufiler. Douée d’une grande fécondité, elle pullule dans tous les lieux abondants en grains et en provisions ; rien n’est à l’abri de sa gourmandise. Elle pénètre partout et ronge même les étoffes, le papier, le bois et les meubles. L’hiver, elle loge dans les trous dans la terre, les vieilles murailles et dans les planchers pour que le froid ne l’engourdisse pas. La souris a beaucoup d’ennemis auxquels elle ne peut échapper et une foule d’animaux s’en nourrissent ; les chats, les oiseaux de rapine, les belettes et les hérissons lui font une guerre sans merci. On dit qu’elle est sensible à la musique et qu’elle prend un grand plaisir à se déplacer sur les touches d’un piano laissé ouvert. Porteuse de présages, elle est un symbole de la vie souterraine et des ténèbres. La souris est gardienne des trésors enfouis. Autrefois, on prétendait que les souris qui s’enfuyaient d’un bûcher enflammé étaient l’âme des sorcières. Aussi, son cri était de très mauvais augure. En s’installant dans les maisons elle annonce une mort prochaine et déserte souvent le lieu dès que la personne est décédée. Pour chasser les souris on enfermait un crapaud dans une cruche à l’endroit où elles viennent. On affirme qu’il ne faut jamais filer le jour du Carême-prenant, de peur que les souris ne mangent le fil toute l’année. On croyait aussi que les souris rôties ou bouillies soignaient les enfants de la coqueluche et de l’intempérance d’urine et que la fiente de souris mêlée avec du miel faisait revenir le poil lorsqu’il était tombé ! Inoffensive, la souris, aux mœurs douces et joyeuses, fuit les lieux inhabités et suit l’homme partout. Les enfants qui affectionnent particulièrement les souris, leur offrent leur dent de lait en échange d’une pièce apportée pendant la nuit. Cependant, ses apparitions surprises sont fort incommodes et inspirent l’horreur aux humains qui cherchent à s’en débarrasser par le poison et les pièges. Pourtant, malgré ces petits larcins et méfaits, certains s’attachent à ce rongeur qui devient un animal de compagnie. Il ne faut pas oublier que sa curiosité et son effronterie sont égales à son insatiable appétit !

The Garden of Earthly Delights, central panel - Detail man with mouse (lower left)
Hieronymus Bosch, 1450/1516.

 


MAGIE VERTE, les herbes et les arbres enchantés


Ces œuvres sont protégées par une certification CLEO qui confère à son auteur une date de création certaine sur son œuvre. Une signature numérique atteste de cette antériorité. Elle est soumise aux dispositions du Code de la Propriété Intellectuelle. Toute reproduction ou représentation totale ou partielle doit faire l’objet d'une demande d'autorisation auprès de l’auteur. Concept et titres déposés et enregistrés à l'INPI : Institut National de la Propriété Industrielle.

9 juillet 2013

Rencontre avec la photographe Cécile Decorniquet sur France Culture, émission La Vignette

Cécile Decorniquet, Photographe,
lauréate du concours jeunes talents SFR –Rencontres d’Arles, pour sa série « Ladies »,
exposition au parc des Ateliers aux Rencontres d’Arles jusqu’au
22 septembre 2013.

http://www.franceculture.fr/emission-la-vignette-cecile-decorniquet-2013-07-08

Lady 4, 2008 © Cécile Decorniquet

Lady 4, série Ladies, 2008/2012 © CÉCILE DECORNIQUET
LES RENCONTRES D'ARLES, JEUNES TALENTS SFR.

31 juillet 2012

Le Vampire, une créature mortifère

Cette créature démoniaque au regard envoûtant, s’incarne dans le corps d’un mort et se gorge du sang des vivants pour prolonger son existence indéfiniment. Le vampire est une malédiction et sa victime est condamnée à une existence d'errance dans les ténèbres. Ce mort malfaisant règne sur l'obscurité et les ombres et visite en songe ses proies endormies en prenant la forme qu’il désire. Doué d'une puissance mystérieuse, le vampire commande à la lune et aux animaux et déclenche par la seule puissance de sa pensée la fureur des éléments. Cependant son pouvoir cesse dès les premières lueurs de l’aube car il fuit la lumière du jour qui a le don de le réduire en poussière. Pour le chasser, portez un collier d'ail tressé en nombre impair de gousses autour cou et brandissez une croix devant ses yeux. Pour le vaincre à tout jamais et lui donner le repos éternel, enfoncez-lui un pieu d'aubépine dans le cœur pendant son sommeil. 

 

Que la lumière que je porte en moi est raison de toi, créature mortifère retourne sous terre !

The Vampire, 1893/1894, Edvard Munch Nasjonalgalleriet at Oslo.

 

Musée des vampires et monstres de l'imaginaire

 


MAGIE VERTE, les herbes et les arbres enchantés


Ces œuvres sont protégées par une certification CLEO qui confère à son auteur une date de création certaine sur son œuvre. Une signature numérique atteste de cette antériorité. Elle est soumise aux dispositions du Code de la Propriété Intellectuelle. Toute reproduction ou représentation totale ou partielle doit faire l’objet d'une demande d'autorisation auprès de l’auteur. Concept et titres déposés et enregistrés à l'INPI : Institut National de la Propriété Industrielle.

23 mai 2012

La métamorphose de la nymphe Syrinx en roseau

Fille du dieu fleuve Ladon et compagne favorite des hamadryades, Syrinx se consacrait toute entière à l'exercice de la chasse auprès de la déesse Artémis. Les bras armés de son arc d’ivoire et de son carquois, elle parcourait les forêts verdoyantes et les monts enneigés de l’Arcadie. Cette nymphe chaste d’une éclatante beauté, qui n'éprouvait ni l’amour ni ses charmes, était sans cesse pourchassée par les divinités des bois et des vergers. Mais son pas vif et agile lui permettait de résister aux désirs de tous et de leur échapper. Un jour pourtant, le dieu Pan aperçut la naïade, la désira et lui avoua son amour avec empressement. Syrinx, effrayée par ces ardeurs le repoussa et prit la fuite à travers champs. Arrêtée dans sa course folle par les eaux, elle supplia ses sœurs les naïades de la transformer en roseau. Aux abords de la rive, Pan crut saisir la belle mais n’enlaça qu’une brassée de joncs agités par les vents. Penché au-dessus de l'onde, le dieu soupira et entendit dans le murmure des eaux, un son mélodieux et charmant. En exhalant son âme et ses derniers sanglots, la triste nymphe fit naître un air nouveau ! Le dieu Pan assembla alors, avec de la cire d'abeille, sept roseaux de longeurs inégales résonnant des plaintes de Syrinx et créa un nouvel instrument !

Pan et Syrinx, 1722/1724 - Jean-François de Troy


 

MAGIE VERTE, les herbes et les arbres enchantés


Ces œuvres sont protégées par une certification CLEO qui confère à son auteur une date de création certaine sur son œuvre. Une signature numérique atteste de cette antériorité. Elle est soumise aux dispositions du Code de la Propriété Intellectuelle. Toute reproduction ou représentation totale ou partielle doit faire l’objet d'une demande d'autorisation auprès de l’auteur. Concept et titres déposés et enregistrés à l'INPI : Institut National de la Propriété Industrielle.

22 avril 2012

Joel-Peter Witkin, "Enfer ou Ciel"

La BnF (site Richelieu) met à l'honneur le photographe américain
Joel-Peter Witkin, jusqu'au 1er juillet 2012. 

Joel-Peter Witkin «Prudence» - Paris - 1996

La BnF fait dialoguer les œuvres du photographe avec celles qui l'ont inspiré, la peinture de Bosch, les gravures de Goya, Rembrandt, Ensor ou Picasso, la mythologie ou la Bible. L'artiste saupoudre le tout d'un érotisme très débridé... Ames sensibles s'abstenir !


Exposition Joel-Peter Witkin. Enfer ou Ciel

BnF Richelieu, 5, rue Vivienne, 75002.
Du mardi au samedi de 10 h à 19 h, le dimanche de 12 h à 19 h.

Egalement à la Galerie Baudoin-Lebon, 8, rue Charles François-Dupuis, 75003. Jusqu’au 19 mai.


Découvrez l'univers de la photographe Cécile Decorniquet


 

16 novembre 2011

Vernissage/Exposition "Créatures"

L'exposition se déroulera du 4 au 30 novembre dans le cadre des Rencontres Photographiques du 10ème arrondissement de Paris.

Immix Galerie - Espace Jemmapes116 Quai de Jemmapes - 75010 Paris
Du lundi au vendredi de 9 h à 22 h 30 - Samedi de 13 h à 22 h 30
http://galerie.immix.free.fr/

Immix Galerie2

D’étranges créatures se déploient sur les murs de l'Immixgalerie (même les murs extérieurs !). Il en est de si proches de nous qu’elles dégagent une inquiétante étrangeté, d’autres secouent et dépoussièrent les mythologies ; il y a celles qui posent sagement, celles qui bondissent, celles qui sont recousues comme la créature du docteur Frankenstein. Références à la peinture classique, esthétique du tatouage, portraits victoriens, affichage sauvage, les images s’entrechoquent.

« Alors, l’incroyable se produisit (…). Ces morceaux de chairs étrangères les unes aux autres, sous l’impulsion de l’énergie créatrice, se mirent à trembler, à s’animer, à être parcourus par un flux vital qui les réunit en un corps unique, monstrueux (…). 
La créature prenait vie. »
Mary Shelley, Frankenstein

La créature, ce n’est pas seulement le sujet représenté dans cette exposition, c’est aussi une manière pratiquer les arts en jouant sur l’hybridité des médiums pour les assembler en un seul corps d’image.
Sur le balcon extérieur de la galerie, des gibbons se balancent, ensauvageant la ville, prêts à grimper et envahir l’espace d’exposition. C’est une œuvre du collectif Neozoon (Paris / Berlin) dont les installations prennent place dans l’espace public des grandes métropoles européennes. Les silhouettes acquièrent une matérialité propre puisqu’elles sont crées en recyclant de vrais manteaux de fourrure jetés à la poubelle. Elles questionnent notre rapport à l’animal et à cet état d’animalité qui, toujours, fait retour en nous.

Quel type de créatures sommes-nous devenus ? C’est aussi l’interrogation qui sous-tend les photographies de Pascal Mirande. Peut-être sommes-nous entrés dans une sorte de représentation éternelle, soutenus par de fragiles échafaudages, figés dans quelques archétypes de l’Histoire de l’Art. Le travail de Pascal Mirande s’élabore ainsi : des figures, des postures qui font écho (à l’histoire humaine comme à l’histoire des formes) rencontrent à l’intérieur du cadre des architectures modestes, élaborées par un peuple de lilliputiens : avec l’échelle de la représentation, nous perdons un peu plus nos repères.

Hybrides sont les créatures nées sous la main de Dominique Pouzol. Sa mythologie personnelle est peuplée de monstres fantastiques qui se déploient dans une esthétique tantôt rageuse, tantôt minutieuse, quelque part entre la bande dessinée underground, le manga et le dessin de tatouage.

Marchant dans les traces du Docteur Frankenstein, Alexis Courbière a, lui aussi, empoigné son nécessaire à couture et son matériel chirurgical pour assembler ses créatures de photo et de papier. C’est toute une vie biologique qui se dessine alors : du fil grossièrement brodé trace un corps cellulaire, deux fruits pourrissants en sont les noyaux. Dans cette tête incertaine, des pensées s’agitent nerveusement : un univers aux couleurs presque naïves dans lequel le rire d’enfant et la gravité se télescopent en douceur.

Restent les enfants sages de Cécile Decorniquet. Sages ? Il est vrai que l’on emploie parfois l’expression « petits monstres » à propos de nos chérubins. Mais ici, que craindre de ces Ingénues qui posent dans leurs robes victoriennes ? Peut-être leur regard un peu trop mûr, une attitude prémonitoire, un détail troublant qui instille dans ces portraits une beauté inquiétante et vénéneuse.

Bruno Dubreuil / Immixgalerie
30 juin 2020

Le sanglier, un animal impétueux et vaillant !

Animal de compagnie des divinités de la fécondité, le sanglier était de loin le mammifère le plus honoré chez les Celtes et le plus estimé chez les Gaulois qui lui prêtaient d’admirables qualités. De nature ardente et prolifique, cette créature puissante et farouche symbolise le courage et l’invincibilité. Il était l’attribut des guerriers. Lié à de nombreuses légendes, on le considérait jadis comme un gibier noble, on le respectait aussi pour sa force et son courage. Très recherché par les guérisseurs et les sorciers, on prétend qu’il connaît l’avenir et le passé et qu’il symbolise la connaissance et le pouvoir spirituel. Cependant, le sanglier tant admiré autrefois est devenu, vers la fin du moyen âge, une bête diabolique. Ses mœurs nocturnes, la noirceur de son pelage hérissé de pointes et ses « cornes dans la gueule » qui semblaient jeter des étincelles, ses yeux rougeoyants, ses cris terrifiants et son odeur insupportable, le faisaient ressembler à une créature infernale tout droit sortie des gouffres de l’enfer ! On l’affublait des plus grands vices et péchés comme la saleté, la gloutonnerie, la paresse et la lubricité… Pourtant, le sanglier était l’animal sacré des druides où il figurait en bonne place dans les cérémonies du culte druidique comme symbole de l’autorité spirituelle des Gaulois. On se nourrissait de sa chair, c’est à dire de la connaissance et de la spiritualité. La nourriture favorite du sanglier est le fruit du chêne, l’arbre par excellence des druides. Qu’il soit dieu ou démon, cet animal impétueux et vaillant, capable de déjouer les ruses des hommes, est perçu comme une force de la nature primordiale depuis la nuit des temps !

Tacuinum sanitatis (14th century) Aliments froids et secs : Glands (glandes) Nature : froids au second degré, sec au troisième degré.

 


MAGIE VERTE, les herbes et les arbres enchantés


Ces œuvres sont protégées par une certification CLEO qui confère à son auteur une date de création certaine sur son œuvre. Une signature numérique atteste de cette antériorité. Elle est soumise aux dispositions du Code de la Propriété Intellectuelle. Toute reproduction ou représentation totale ou partielle doit faire l’objet d'une demande d'autorisation auprès de l’auteur. Concept et titres déposés et enregistrés à l'INPI : Institut National de la Propriété Industrielle.

23 mai 2017

Les Mousses, une source infinie d'émerveillement !

Ces petites plantes dépourvues de racines qui poussent dans les endroits les plus divers, sont une source infinie d'émerveillement quand on les observe de près. Certaines se répandent sur les murs des maisons et les toits ou tapissent les vieilles pelouses et les sous-bois. D’autres s'épanouissent dans les lieux les plus inhospitaliers. Mais les Mousses préfèrent les habitats humides et ombragés où elles absorbent l'eau de pluie, la brume et la rosée. Elles protègent les jeunes pousses et les racines des arbres des rigueurs de l’hiver en formant une couverture impénétrable à la gelée tout en offrant aux hommes un tapis de verdure doux et léger. On prétend qu’un petit peuple de minuscules fées habite dans le creux des arbres à l’écorce rugueuse là où les mousses aiment se répandre. Cachés dans les souches, ces petits êtres tissent et filent de magnifiques vêtements d'herbes douces, de brindilles et de Mousses aux couleurs les plus variées dont ils se recouvrent et se camouflent !

Photo © Cécile Decorniquet, Photographe - Cécile Decorniquet Studio


MAGIE VERTE, les herbes et les arbres enchantés


Ces œuvres sont protégées par une certification CLEO qui confère à son auteur une date de création certaine sur son œuvre. Une signature numérique atteste de cette antériorité. Elle est soumise aux dispositions du Code de la Propriété Intellectuelle. Toute reproduction ou représentation totale ou partielle doit faire l’objet d'une demande d'autorisation auprès de l’auteur. Concept et titres déposés et enregistrés à l'INPI : Institut National de la Propriété Industrielle.

25 avril 2012

Le cercle des fées et les ronds de sorcières

Au printemps, les fées mènent des rondes folâtres au clair de lune sur des airs enivrants qui sont un véritable enchantement ! Elles dansent dans les sous-bois sans effleurer le moindre petit brin d’herbe, mais là où elles ont dansé, des cercles parfaitement ronds apparaissent. On dit que la terre qu’elles foulent des pieds profite d’une grande fécondité, où les fourmis travaillent en foule. Dans les lueurs du matin, on trouve les vestiges de leur danse. L’herbe y est souvent aride en dehors du rond qu’elles ont formé et d’un vert printanier perlé de rosée en dedans. Mais quelquefois, l’herbe est toute roussie au milieu du cercle et plus verte et fraîche sur le contour que partout ailleurs dans la prairie. Ces anneaux magiques sont souvent formés de nombreux champignons dont les fées se servent pour se reposer après leurs danses effrénées. Parfois, on les appelle ronds de sorcières, ceux que les diablesses tracent pour s’ébattre dans de lugubres sabbats. Traversant les airs sur leur balai, les sorcières se retrouvent en foule à l’intérieur de ces cercles magiques environnés de brouillard où elles peuvent appeler les démons et s’adonner à des danses infernales. Cependant, ces mystérieuses traces circulaires sont-elles dues au tourbillon des vents, aux sillons de la foudre ou bien aux esprits nocturnes et aux magiciens qui se livrent aux plaisirs de la danse dans les clairières des bois ? Rappelons toutefois, que ni le vent, ni la foudre ne peuvent tracer de circonférence si parfaite. N’entrez à aucun moment dans ces lieux hantés par les esprits et les fées sans y être invité, vous risqueriez de rester prisonnier ou de disparaître à tout jamais !

Magic Circle - John William Waterhouse, 1886.
 

MAGIE VERTE, les herbes et les arbres enchantés


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27 juin 2014

Le Serpent de mer, un monstre naufrageur de bateaux

Surgissant des abysses de l’océan dans un tourbillon d’écume et de vent, le gigantesque Serpent de mer fait chavirer les navires pour dévorer impitoyablement les marins qui sont dedans ! Depuis la nuit des temps, les navigateurs racontent d’effroyables histoires de marins et de pêcheurs se retrouvant aux prises avec ce monstre. Ils décrivent une créature immense aux yeux rutilants comme des flammes, dotée d’écailles acérées sur le dos. Cette bête malfaisante, enroule son corps de reptile garni d’algues gluantes, autour des plus gros navires pour les broyer. Après avoir englouti l'équipage, le Serpent de mer plonge en soufflant bruyamment et disparaît dans les profondeurs de l’océan. On dit que ce naufrageur de bateaux d’une longueur incroyable, peut entourer la terre de son corps et manger sa queue. Pendant les nuits de pleine lune, le Sepent de mer sort des eaux pour aller dévorer sur terre agneaux, veaux et pourceaux ! 

Sea serpent from Hart Nautical Collections - Monsters of the Sea. Robert Hale Ltd.

A sea serpent from Olaus Magnus' book Historia de Gentibus Septentrionalibus
(History of the Northern Peoples, Rome, 1555).

 


MAGIE VERTE, les herbes et les arbres enchantés


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10 octobre 2012

Les Lavandières de nuit, la plus sinistre des visions de la peur !

Voici, selon nous,
la plus sinistre des visions de la peur. C’est aussi la plus répandue ; je crois qu’on la retrouve en tous pays.

Autour des mares stagnantes et des sources limpides, dans les bruyères comme au bord des fontaines ombragées dans les chemins creux, sous les vieux saules comme dans la plaine brûlée du soleil, on entend, durant la nuit, le battoir précipité et le clapotement furieux des lavandières fantastiques... 

"Légendes rustiques" George Sand

 

A la pleine lune, on entend parfois, près des lavoirs abandonnés ou de quelques vieilles mares oubliées, des murmures et des chants lugubres venant d’étranges silhouettes pâles. Ce sont les Lavandières de nuit, âmes des mères infanticides qui chantent et lavent sans fin les langes mortuaires des enfants qu’elles ont tués. Ces créatures fantomatiques qui n’apparaissent qu’aux hommes, hantent les campagnes entre le coucher et le lever du soleil. Elles sont condamnées à blanchir les suaires de leurs petites victimes dans l'attente d’être libérées. Gardez-vous bien d’observer ou de déranger ces sinistres laveuses. Cependant, si vous vous laissez subjuguer par leur chant, elles vous obligeront alors à tordre leur linge blanc qui s'enroulera autour de votre corps et le videra de tout son sang. Si vous refusez, vous serez noyés dans le lavoir à grands coups de battoirs. Pour rompre le maléfice, tordez le linge dans le sens opposé à celui des Lavandières de nuit. Il vous faudra lutter jusqu'aux premières lueurs du jour pour échapper à la mort !

Lithographie des "Légendes rustiques" de George Sand, 1858, Paris, bibliothèque des Arts décoratifs. 
Illustration de Maurice Sand

 


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7 mars 2015

La Tourmentine, plante d'égaremement

Herbe de l’oubli, Plante d’égarement... Cette herbe mystérieuse et malveillante qui hante notre imaginaire, pousse dans les bois et les forêts enchantés. On prétend que cette plante maudite par la déesse Flore, ressemble à une vilaine touffe d’herbe revêche pourvue de gros yeux à ras de terre et d’un corps racine recouvert de radicelles qui s'enfoncent profondément dans le sol. Certains affirment qu’elle se nourrit d’insectes et d’elfes nains. Selon la légende, cette herbe maléfique et diabolique, attend patiemment qu’un marcheur insouciant pose par mégarde un pied sur elle pour le faire disparaître et le transporter hors du temps ! Perdu et désorienté, l'infortuné reviendra en vain sur ses pas sans jamais retrouver son chemin. Seules les petites graines rouges de la Parisette dispersées par les oiseaux ont le pouvoir de rompre le maléfice et d'indiquer la bonne direction. Gare à la Tourmentine des forêts lutines qui par enchantement fait oublier le temps aux passants imprudents !

Photo © Cécile Decorniquet Studio


MAGIE VERTE, les herbes et les arbres enchantés


Ces œuvres sont protégées par une certification CLEO qui confère à son auteur une date de création certaine sur son œuvre. Une signature numérique atteste de cette antériorité. Elle est soumise aux dispositions du Code de la Propriété Intellectuelle. Toute reproduction ou représentation totale ou partielle doit faire l’objet d'une demande d'autorisation auprès de l’auteur. Concept et titres déposés et enregistrés à l'INPI : Institut National de la Propriété Industrielle.

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