zimzimcarillon
26 janvier 2014

Les quatre éléments et le peuple élémentaire

Les génies présidant aux quatre éléments sont des créatures merveilleuses plus belles et plus parfaites que l’homme. Ces êtres invisibles qui réunissent la vertu, la grâce et la légèreté sont formés des atomes les plus purs des éléments où ils vivent. Les salamandres environnées de flammes habitent la région du feu, les sylphes animent le vague des airs où volent les oiseaux, les gnomes résident dans les entrailles de la terre au milieu des trésors souterrains et les ondines peuplent le fonds des eaux comme les naïades. Leur âme est mortelle, mais ils vivent fort longtemps. L’amour les unis parfois à l’homme, ils deviennent alors immortels et jouissent des biens de l’éternité. Ces êtres fantastiques qui habitent des sphères mystérieuses se montrent parfois à nos yeux. Dociles et doués d’un bon caractère, ils secourent les humains qui ont besoin de leur ministère pour les garantir des périls. Cependant, prenez garde car ils provoquent parfois des tremblements de terre, le débordement des eaux, les tourbillons, les orages et le tonnerre ! Pour se concilier la bienveillance de ces génies et les avoir à ses ordres, sachez qu’il faut observer quelques mystérieuses oraisons et cérémonies !

 

La conjuration des quatre. Oraisons des Sylphes, des Gnomes, des Ondins et des Salamandres, article

Les Quatre Éléments. Gravure de l'ouvrage Daniel Stolz von Stolzenberg, Viridarium chymicum (1624) représentant de gauche à droite les quatre éléments : la Terre, l'Eau, l'Air et le Feu. Les sphères du bas indiquent leur représentation en alchimie.

 


MAGIE VERTE, les herbes et les arbres enchantés


Ces œuvres sont protégées par une certification CLEO qui confère à son auteur une date de création certaine sur son œuvre. Une signature numérique atteste de cette antériorité. Elle est soumise aux dispositions du Code de la Propriété Intellectuelle. Toute reproduction ou représentation totale ou partielle doit faire l’objet d'une demande d'autorisation auprès de l’auteur. Concept et titres déposés et enregistrés à l'INPI : Institut National de la Propriété Industrielle.

8 février 2012

La sorcière aux secrets diaboliques et aux remèdes empiriques !

Mystérieuse et inquiétante, la Sorcière tire tous ses pouvoirs de vieux grimoires et d'une baguette ensorcelée animée par le diable en personne. Elle connaît des secrets magiques et diaboliques et des remèdes empiriques. Vêtue de haillons, elle est accompagnée d'un fidèle crapaud, d'un chat noir, d'un corbeau et d'une araignée qui se faufile là où elle ne peut aller. Penchée au-dessus de son chaudron où fument d'étranges brouets aux parfums nauséabonds, elle prépare des potions et de merveilleux poisons. Dans cette marmite, elle mélange des herbes maléfiques, de la bave de crapaud, des plumes de corbeau, des gouttes de sang, du venin de serpent, des écailles de dragon et des cornes de démons ! Après s'être frottée le corps d’un onguent dont elle a le secret, elle vogue dans les airs sur son balai. Cheveux au vent, elle rejoint le sabbat et invoque les forces du mal jusqu'à une heure matinale. Pour repousser les sorcières et leurs maléfices, accrochez sur votre porte une croix de branches de laurier et jetez une poignée de  sel  dans la cheminée !

La sorcière avec le hibou, 1895 - Heinrich Vogeler - Galerie Bassenge

 


MAGIE VERTE, les herbes et les arbres enchantés


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28 octobre 2014

Halloween, la nuit qui précède la Toussaint

Sorciers et sorcières préparez vos balais !

Lors de cette nuit magique, fantômes, elfes, lutins et sorcières, dansent et parcourent librement les airs. Pour effrayer ces farandoles d’esprits tapageurs et turbulents, petits et grands se griment affreusement et s’accoutrent d’habits terrifiants pour chasser de leur maison démons et malédictions ! Il y a bien longtemps, les druides parcouraient les campagnes en s’éclairant de lanternes faites dans des navets, où une braise, tirée d’un feu sacré, était placée. Aujourd’hui, pour repousser les esprits malfaisants, on place une bougie au centre d’une citrouille grimaçante que l’on pose sur le seuil de sa porte. Entre prédictions, sortilèges et visions, n’oubliez pas d’illuminer votre maison et d’éteindre vos bougies avant minuit, ou vos citrouilles prendront vie et avaleront tout cru le premier passant venu !

 

Halloween est la contraction anglaise de All Hallows’ even qui signifie : Veille de la Toussaint. Cette nuit qui précède la Toussaint correspond dans le calendrier Celte à la grande fête de Samain qui marque la fin de l’été et la fin de l’année.

The witches Sabbath, 1880, by Luis Ricardo Falero.

MAGIE VERTE, les herbes et les arbres enchantés


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5 décembre 2013

Cauchemars, incubes et succubes

Enfants de l’imagination, les cauchemars engendrent de nombreux êtres démoniaques qui rôdent pendant la nuit et se livrent à toutes sortes de maléfices sur les personnes endormies. Les anciens les ont appelés incubes et succubes, ces apparitions nocturnes malfaisantes qui invitent à la luxure et troublent le sommeil en provoquant une sensation d’écrasement. Ces esprits imaginaires pressent fortement sur la poitrine du dormeur, l’épuisent d’une étreinte charnelle en lui dérobant la respiration et la parole pour l’empêcher de crier et de s’éveiller. Ce corps pesant et immonde laisse au réveil un sentiment d’effroi et de malaise. L’incube tourmente les femmes et profite de leur sommeil pour les abuser et les féconder tandis que le succube apparaît aux hommes sous l’apparence d’une femme. Cette espèce particulière de rêve, aux effets étranges, était, disait-on, provoquée par le diable et les diablesses qui inspirent des songes lascifs aux humains. Parfois, le cauchemar était considéré comme une sorcière qui passait par le trou de la serrure dans les maisons pour venir se coucher sur l’endormi et l’étouffer. Aussi, la déesse Hécate, souveraine de la magie, des spectres et des terreurs nocturnes, des ombres et de la lune, tourmente le sommeil des mortels qui ont provoqué son courroux. Quand l’astre lunaire est dans son déclin, surgissent alors les Hécatées, fantômes effrayants qui épouvantent l’âme des mécréants. Aujourd'hui, toutes ces vieilles croyances et superstitions ont été rejetées. Cependant, prenez garde et placez sous votre oreiller neuf feuilles de chêne pour éloigner les cauchemars. Car lorsque l’homme se livre au sommeil, l’âme veille mais l’imagination s’égare facilement en prenant la forme d’un génie malfaisant. Toutefois, quand le réveil surgit, l’illusion enfantée par la nuit en un clin d’œil s’évanouit !

 

Ces démons du sommeil que l’on appelle ordinairement cauchemars, se nomment aussi selon les régions : cauquemaire, cauquemare, cauquevieille, mara, appesant, appesard, chauche-vielle, chauche-paille, chauche-poulet, chauco-vieillo, chauceur, foulon, nigthmare…

Le Cauchemar, 1781 - Johann Heinrich Füssli.
 

Le Cauchemar de Johann Heinrich Füssli, illustre une rêveuse et l’emprise qu’exerce sur elle l’apparition nocturne malfaisante pressant sur sa poitrine pendant son sommeil. Le cheval qui apparaît aux côtés du démon est ordinairement un messager de la mort. 
En raison de la popularité de son œuvre, Füssli a peint un certain nombre d'autres versions, dont le tableau ci-dessous datant de 1790/1791.

 

MAGIE VERTE, les herbes et les arbres enchantés


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15 septembre 2011

Où trouver des graines de Mandragore ?

Sur le site : Graines Baumaux dans la catégorie « Graines aromatiques et officinales » où vous trouverez une grande variété de semences à acheter en ligne.

Article : "La mandragore, l'herbe magique entre toute"

Belladone, Mandragore : Gravure du XIXè siècle, extraite de Flore Médicale, édition postérieure à 1818, décrite par FP Chaumeton, Chamberet et Poret peinte par Mme E. Panckoucke et par JF Turpin. 
 

MAGIE VERTE, les herbes et les arbres enchantés


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28 septembre 2012

La nymphe Aréthuse métamorphosée en une source aux ondes profondes

Aréthusevouée toute entière à la déesse Artémis, préférait sans compter les plaisirs de la chasse aux peines de l’amour. Cette nymphe libre et habile, fatiguée de lancer ses filets et ses appâts, rencontra un jour en Elide une onde claire et limpide et s’y baigna. Le dieu fleuve Alphée la vit, l’accueillit dans les bras de ses eaux fraîches et vives et dans l’instant l’aima. Tandis qu’elle plongeait et nageait avec délice, elle entendit un murmure et sentit un léger frémissement sur son corps, qui la remplit d'effroi. Apercevant une ombre, elle s’échappa nue sur la rive et se lança dans une course craintive à travers bois. Alphée, sous les traits d’un chasseur, la poursuivit et crut la saisir. Mais dans sa fuite la nymphe implora le secours d’Artémis qui l'entoura d’une épaisse nuée, dérobant ainsi à la vue d’Alphée sa vertu et sa nudité. Cependant, porté par son amour, le dieu fleuve continua sa poursuite effrénée. La naïade essoufflée frémit et sentit ses forces la quitter. Soudain, sa chevelure humide se distilla en une multitude de gouttes de rosée, son corps fondit et l’onde naquit sous ses pieds. Aréthuse se transforma en une source profonde. La déesse Artémis ouvrit alors la terre pour que la naïade suive son cours sous la mer et rejaillisse en fontaine dans une île lointaine. Alphée reprit sa forme de fleuve et suivit le cours de la nymphe. Roulant ses flots sous l'Océan, sans prendre d'amertume, il s’unit et se mêla à l'onde douce et pure de la belle naïade. On prétend aujourd’hui encore, qu’un morceau de bois ou des fleurs jetés dans l'Alphée en Grèce réapparaissent dans la fontaine d'Aréthuse en Sicile !

La nymphe Aréthuse par Charles Alexandre Crauk, 4e quart du 19ème siècle.
 

La nymphe Aréthuse rencontre la majestueuse Déméter

Pendant son long voyage au cœur de la Terre, Aréthuse rencontre la majestueuse Déméter en proie à une immense douleur. Errante et vagabonde, la déesse de la terre et des moissons cherche sa fille Perséphone et la pleure depuis neuf jours et neuf nuits déjà. Voyant cette mère désespérée, la naïade lui révéle la destinée de sa fille devenue l'épouse d’Hadès au royaume des ombres...

 

Article : "l'hiver, symbole du désespoir de Déméter et la naissance des saisons"

Ceres and Arethusa. Arethusa pleads for earth and mankind, which Ceres is cursing. In the background dying cattle and peasants. Engraving by Vincenz Grüner, 1791.


MAGIE VERTE, les herbes et les arbres enchantés


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5 janvier 2014

La métamorphose de Philomèle et Progné

Voici la tragique et sanglante histoire de Philomèle et Progné, filles de Pandion et de la naïade Zeuxippe. Donnée en mariage à Térée, roi de thrace, Progné devint mère d’un fils nommé Itys. Après quelques années, elle désira revoir sa jeune sœur Philomèle et pria son mari d’aller la chercher à Athènes. Pendant le voyage, Térée s’éprit des charmes de sa belle sœur. Ne songeant qu’à assouvir sa passion, il lui fit subir les derniers outrages. Philomèle cria, pleura et implora sa sœur, en vain. Pour l’empêcher de dénoncer son odieux crime, Térée lui trancha la langue et l’enferma dans un château. Puis, en versant des larmes trompeuses, il annonça à Progné la mort de sa sœur dévorée par des animaux sauvages. Un an se passa. Cependant, Philomèle captive et condamnée au mutisme, tissa une toile où elle broda avec son aiguille le sacrilège de Térée. Lors des fêtes de Bacchus, la tapisserie parvint enfin à Progné. Furieuse et ne songeant qu’à punir le coupable, elle délivra sa sœur Philomèle et l’emmena secrètement dans son palais. Les deux femmes unies dans leur colère, ourdirent une terrible vengeance, un crime affreux. C'est ainsi que Progné tua son propre fils Itys qu’elle avait eu de Térée. L’infortuné tomba sous les coups de poignards de sa mère. Elle servit ensuite les chairs cuites et les membres déchiquetés du pauvre enfant à la table de son père, qui engloutit ses propres entrailles. Pendant l’horrible festin, Térée chercha partout son fils. Progné lui annonça avec joie son malheur : « Celui que tu demandes est avec toi ! ». Soudain, Philomèle surgit et jeta sur la table la tête sanglante d’Itys. Repoussant la table avec des cris d’horreur, Térée transporté de rage et pris de folie poursuivit les filles de Pandion l’épée à la main. Mais pendant leur fuite les deux sœurs s’élevèrent dans les airs. Pour les soustraire à la terrible colère de Térée, les dieux les métamorphosèrent en oiseaux. L’une fut changée en hirondelle et l’autre en rossignol*. Au même instant, Térée se vit transformer en Huppe, un oiseau au vol pesant, armé d’un bec aigu et de plumes menaçantes. Quant au pauvre Itys il fut changé en chardonneret. Selon les poètes, ces créatures au plumage encore taché de sang font entendre, parfois, un chant triste et plaintif, évoquant la douleur et les regrets. On prétend aussi que le rossignol est un oiseau solitaire qui cache sa honte et ses malheurs dans les bois tandis que l’hirondelle* qui fréquente nos maisons, marque l’inquiétude de Progné cherchant sans fin le fils qu’elle a massacré !

* Progné (ou Procné) est changée en rossignol et Philomèle en hirondelle ou le contraire suivant les auteurs. Cependant, c'est le nom de Philomèle qui restera attribué au rossignol. Térée est changé en huppe par certains poètes ou en épervier par d'autres...
Philoméle & Progné par Jean de la Fontaine

Philomèle et Progné, 1861 - William-Adolphe Bouguereau.

Les Métamorphoses d'Ovide, tome 2, traduites en vers par M. Desaintange et ornées des Estampes gravées au burin sur les dessins des meilleurs peintres de l'Ecole française, Moreau le jeune et autres.


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1 septembre 2013

Les Parques, inexorables fileuses des destinées humaines

Filles de l’Erèbe et de la Nuit, les Parques règlent de destin du monde et filent l’existence de chaque mortel par des lois éternelles. Inflexibles et sourdent aux plaintes de tous, leurs arrêts sont irrévocables, même les dieux sont soumis à leur puissance et ne peuvent défaire ce qu’elles ont entreprit. Vêtues d’une tunique blanche ourlée de pourpre, ces trois sœurs blêmes, au visage sévère, ont le front ceint d’une couronne de flocons de laine blanche entremêlée de narcisses. Elles tiennent dans leurs mains, une quenouille, un fuseau et des grands ciseaux remis par le Destin. Cette triade mystérieuse symbolise la naissance, la vie et la mort. Toutes trois filent en silence la laine dont la couleur désigne le sort de chacun. Clotho, la plus jeune des trois, préside à la naissance des hommes. Elle tient une quenouille et tire un fil léger de ses doigts habiles. Lachésis tourne le fuseau en tissant la destinée et les jours de la vie. Elle ourdit des fils de laine blanche pour une existence heureuse et longue et des fils noirs pour une histoire courte et des jours malheureux. Le plus souvent, elle mêle les deux fils pour une vie faite de bonheur et de malheur. Cependant vers la fin, elle ne file plus qu’une laine sombre. Quand à la redoutable Atropos enveloppée de ténèbres, elle coupe de son ciseau perfide le fil de la vie. On dit que rien ne peut adoucir ces ministres du Destin et que toutes prières et remèdes sont vains. L’immuable volonté de ces déesses fatidiques règle l’univers. Ces terribles filandières tiennent entre leurs mains le commencement, la durée et la fin !

Quelques célèbres filandières :
La métamorphose d'Arachné en araignée

L'Araignée, une prédatrice habile et rusée

Les Moires, divinités du Destin. Miniature extraite du Livres des échecs amoureux d'Evrard de Conty. Vers 1496-1498. Bibliothèque nationale de France (BNF). Cote : Français 143, Folio 14v.


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15 janvier 2012

Chevaux mythiques et légendaires

Il y a fort longtemps, Neptune, dieu des eaux douces et amères régnant en maître sur les océans, créa devant tous les dieux réunis, le premier cheval, en frappant la terre avec son trident. Né des entrailles de la terre, on dit que cet animal indompté, à la crinière flottante et ébouriffée, incarne les vagues déferlantes frémissantes d’écume qui font trembler les rivages sous les assauts du vent. Fougueux, le cheval piétine le sol de ses sabots retentissants et se cabre furieusement quand le dieu des eaux agite son trident. Aussi, Neptune, qui aime se métamorphoser en cet animal, est le père d’Arion aux crins verts et l’aïeul de Pégase. De race divine, ces chevaux au souffle ardent traversent l’espace et le temps avec la rapidité du vent. Courageux et intrépides, les chevaux contribuèrent souvent à la victoire de leur maître en semant la terreur et la fuite dans les combats, et les plus illustres guerriers leur portèrent un attachement singulier. Mais par-delà les temps, cet animal se distingue par sa couleur. Le cheval blanc représente la lumière, la pureté et la fertilité, il est la monture des rois, des héros et des princes charmants. Doté de pouvoirs extraordinaires, il vole dans les airs comme Pégase ou repousse le mal comme la merveilleuse licorne qui purifie l’eau de tout poison. Certains sont doués de parole et de clairvoyance, d’autres sont les montures des divinités, comme les chevaux du Soleil écumant du feu divin. Le cheval noir quant à lui, symbolise la destruction, les maux et l’affliction. Enfin ceux à la robe pâle sont liés à la mort, à l’au-delà et au passage entre les deux mondes. Leur mission est de guider les âmes vers le royaume des ombres. Mais prenez garde aux chevaux blêmes qui apparaissent parfois pendant les nuits de pleine lune ! Ensorcelés et animés par des forces diaboliques, ils se transforment en créatures ombrageuses et effrayantes pour tourmenter le sommeil des hommes. Ailés, aquatiques, maléfiques ou doués de pouvoirs magiques, ces chevaux légendaires qui guident les âmes vers le monde souterrain ou accompagnent les dieux et les humains, fascinent notre imaginaire !

 

Autrefois, les chevaux étaient couronnés de guirlandes de fleurs et exempts de tout travail pendant les Neptunales célébrées en l’honneur du dieu de l’empire des eaux. Pendant ces fêtes, les chevaux profitaient alors d’un repos mérité que personne n’osait troubler.

 

Les chevaux de Neptune - Walter Crane
Les chevaux de Neptune de Walter Crane, 1893.

 

* Le cheval est un animal psychopompe comme le corbeaul'hippocampe, le dauphin, le phoque, le chien, la chouette, le moineau et le le loup... Ils ont la tâche de transporter l'âme des défunts vers l'autre monde.


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5 mars 2012

L’eau de Mélisse des Carmes

Considérée par certains comme une panacée universelle, l’eau de Mélisse, aux excellentes propriétés, remonterait aux premiers temps de l’histoire de la Gaule, et les Carmes, qui se disaient les descendants des Druides, auraient hérité des derniers secrets de sa composition. Connue depuis le moyen âge et peut-être même depuis l’antiquité, l’eau des Carmes, dont les religieux ne dévoilèrent jamais l’exacte composition, était souveraine dans les vertiges, les syncopes, les apoplexies, le mal de mer, la mélancolie, le Choléra et les maux d’estomac… Ce cordial, ou potion, à l’ancienneté et à la réputation séculaire, était un stimulant pour le cœur, un tonique contre les migraines et délivrait des spasmes. Il existait, jadis, plusieurs recettes de l’eau de Mélisse. Mais on dit que la véritable eau de Mélisse des Carmes était un alcoolat qui pouvait se composer de quatorze plantes comme la mélisse officinale, l’angélique, le muguet, le cresson, le citron, la marjolaine, la primevère, la sauge, le romarin, la lavande, l'armoise, la sarriette, la camomille romaine et le thym et de neuf épices qui la parfumaient comme la coriandre, la cannelle, la girofle, la muscade, l’anis vert, le fenouil, le santal, la racine d'angélique et la racine de gentiane, le tout étant arrosé d’un litre de vin blanc généreux et d’un litre d’Esprit de vin rectifié. Cette eau bienfaisante, aux effets merveilleux et aux vertus surprenantes qui guérissait de tant de maux, avait une telle réputation que l’on peut dire qu'autrefois, l’empirisme dominait la science !

Chromolithographie, Cordial de Mélisse des Carmes xixe siècle, 1840.

 

zimzimcarillon ne recommande évidemment pas de tester ni les méthodes
ni les recettes de ce texte. A vos risques et périls !

 


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27 juin 2013

La Poule noire et le Pacte avec le Diable

La poule noire à un secret propre à faire apparaître le diable à volonté pour obtenir richesse, pouvoir et faire parler les morts. Lié aux démons, cet animal est indispensable dans les maléfices des sorciers et son sacrifice était, autrefois, synonyme d’invocation satanique. Pendant les nuits de pleine lune, les sorcières immolaient une poule noire en poussant d’horribles cris pour appeler les esprits qui apparaissaient sous les formes les plus immondes. Les magiciens et les devins cherchaient à lire l’avenir dans ses entrailles. On se rendait invisible en portant le cœur d’une poule noire sous le bras droit. Avec son sang, on écrivait le vœu souhaité sur un petit morceau de papier, puis on enterrait le tout à un pied de profondeur. Certains onguents s’appliquaient avec une plume de poule noire. Pour obliger le diable à paraître et faire alliance avec lui, il convient de saisir une poule noire qui n’a jamais pondu et qui n’a jamais vu le coq. Cependant, prenez garde de ne pas la faire crier, vous risqueriez de rompre le charme et de devoir recommencer. Puis, sans jamais regarder derrière vous, rendez-vous à minuit à un carrefour où quatre chemins forestiers aboutissent. A l’aide d’un rameau de coudrier, tracez un cercle en faisant trois fois le tour à reculons en récitant le Pater à rebours. Depuis le centre du cercle, répandez le sang de la poule que vous venez d’égorger en répétant à haute voix les termes de votre marché. Invoquez le diable avec des paroles magiques en criant trois fois : « Poule noire à vendre ! » ou neuf fois : « Robert ! ». Alors, dans un silence pesant, le vent se lèvera, la foudre éclatera en déchirant le ciel et le diable se présentera soudain à vous, éclairé par la lune. Jetez-lui votre pacte signé de votre propre sang, il apposera sa signature et disparaîtra dans un nuage de vapeurs sulfureuses. A ce moment ou neuf jours après, le prince des ténèbres offrira en présent une poule aux œufs d’or que vous seul devrez nourrir et qui couvera votre argent en le doublant le jour suivant ! On prétend que ce pacte avec le démon assure richesse et bonheur pendant vingt ans. Cependant, au terme de cet engagement, il exigera votre corps et votre âme et vous serez voués à son service éternellement !

 

Il est possible de se défaire de ce pacte en le cédant à une autre personne qui s’engage alors solidairement pour vingt ans. Le Diable attend parfois des milliers d’années avant de récupérer l’âme qu’il a achetée !

Second part of the pact allegedly signed between Urbain Grandier and the Devil. This half is also signed by Satan, Leviathan, Astaroth, and a number of other demons. This image is from Dictionnaire infernal by Collin de Plancy (1826).

 


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18 avril 2013

La Belette, un petit animal rusé doué de pouvoirs magiques

Petite belle, Dame belette, Petite marraine, La jolie bête, Belle dame, Petite fiancée… Fort vive et rusée, la belette est un petit mammifère carnassier au museau pointu et à la fourrure roussâtre qui mène une vie très active. Son corps fin et sa légèreté lui permettent de se faufiler par les fissures les plus étroites. Véritable fléau des basses-cours, elle vole les œufs et emporte les poussins un par un après les avoir mordu d’un coup de dents. Les poules sont pétrifiées de terreur quand elles entendent la belette. En hiver, elle habite ordinairement les greniers, les étables et les granges. En été, elle parcourt les champs et les prairies à la recherche de petits rongeurs à dévorer qu’elle poursuit jusque dans leur terrier. Grimpeuse agile, elle monte sur les arbres pour piller les nids et se cache dans les buissons pour attraper les petits oiseaux et les chauves-souris dont elle suce le sang. Parfois, elle est si hardie qu’elle s’attaque aux animaux plus gros qu’elle comme le chat avec qui elle se bat. On prétend aussi qu’il y a beaucoup d’antipathie entre la belette, le corbeau et la corneille parce qu’elle mange leurs œufs. Depuis l’antiquité la belette fait l’objet de beaucoup de croyances et de superstitions. Née d’une métamorphose, elle se nommait autrefois Galanthis. Suivante d’Alcmène, elle facilita les couches de sa maîtresse par une ruse mensongère, permettant ainsi la naissance d’Héraclès. Pour cette perfidie, Héra la changea en belette, la condamnant à faire ses petits par la bouche, instrument de son mensonge. Les anciens croyaient que son souffle était venimeux et qu’il faisait enfler la tête et le ventre des bêtes. On raconte encore aujourd’hui qu’elle vole la voix, que son regard fascine les lièvres et qu’elle vient manger le linge dans les armoires. Douée de pouvoirs magiques, elle use d’une herbe mystérieuse dont elle a le secret, qui lui permet de retrouver la santé et de résister aisément au venin des reptiles et des crapauds. Grâce à cette herbe enchantée, connue d’elle seule, la belette serait capable de redonner la vie et de combattre le dangereux Basilic au regard pétrifiant, créature mythique, mi-coq mi-serpent ! Animal de mauvais augure, sa rencontre serait un présage funeste autant que le chat noir. Si une belette vous coupe la route et part vers la gauche, elle annonce une mort prochaine. Jadis, sa chair était employée contre les poisons et les morsures de serpent. Son foie pris en poudre guérissait les vertiges, son cœur séché, mêlé à un peu de cire soulageait les maux de tête et sa cervelle soignait l’épilepsie. A la fois symbole de vie et créature maléfique, la belette a été de tous temps crainte et respectée par les gens superstitieux, de peur de s’attirer la vengeance de ce petit animal rusé et malicieux !

Image from page 149 of journal Die Gartenlaube, 1870.

 


MAGIE VERTE, les herbes et les arbres enchantés


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29 juin 2013

Le grimoire, un ouvrage précieux rempli de secrets merveilleux !

Le grimoire est un livre de magie chargé de signes sacrés écrits avec du sang de chauve-souris, où sont consignées des formules secrètes et mystérieuses pour composer des potions, des philtres amoureux, des élixirs, des enchantements, des remèdes pour guérir certains maux, trouver les trésors cachés, fabriquer des amulettes et des talismans et se rendre invisible. Il contient tous les arts de la magie et de vieux mystères y sont révélés. Fermé par un anneau doré, cet ouvrage ancien en parchemin, appartient ordinairement à un sorcier ou un magicien, avec lequel il fait des prodiges. Cependant, certains grimoires sont maléfiques et remplis de sorcellerie. Ecrits avec le sang du diable en personne, ils renferment des mots et des signes funestes capables de faire périr les animaux, de troubler les saisons, de renverser le cours naturel des éléments, de répandre des maladies et toutes sortes de maléfices. On y trouve aussi comment jeter des sorts, traverser les airs à volonté, soumettre les mauvais génies, les morts et les démons, convoquer toutes les puissances infernales et même forcer le diable à paraître armé de ses cornes sur la tête, le visage rouge et le corps tout couvert de poils noirs ! On dit de ces terribles grimoires qu’ils résistent aux flammes, sentent le souffre et la fumée et qu’il est impossible de s’en débarrasser. Aussi, leur lecture comporte des risques, car certains redoutables secrets ne doivent pas tomber dans des mains inaptes à les recevoir. Bien sûr, nous ne sommes pas obligés de croire à ces œuvres de très haute curiosité, au diable, aux sorcières, aux magiciens et à tout ce qui est du ressort des sortilèges et des enchantements. Nous laisserons le soin aux lecteurs de décider de la question !

Le Petit Albert est un grimoire de magie, inspiré par les écrits de saint Albert le Grand.
Il est imprimé en France pour la première fois en 1668, puis réédité de façon continue.

 


MAGIE VERTE, les herbes et les arbres enchantés


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11 novembre 2014

Le chat noir, une créature mystérieuse et diabolique

Entouré d’une aura de mystère, le chat noir, aux yeux luisants comme des diamants, est un animal maléfique qui se déplace avec aisance dans les ténèbres. Doué de pouvoirs magiques, il possède neuf vies et conspire avec le diable. Créature de mauvais augure et compagnon des sorcières, il fait l’objet de croyances particulières. Le chat noir peut appartenir à neuf propriétaires mais il emportera l’âme du dernier tout droit en enfer ! On affirme que le démon revêt les formes les plus diverses pendant les nuits de pleine lune et qu’il apparaît sous la forme d’un chat noir aux carrefours des chemins isolés. Quant aux sorcières, elles ont le pouvoir de se changer neuf fois en chat et de se faire transporter dans les airs sur son dos hirsute d’où s’échappent des étincelles. C’est pourquoi, autrefois, on coupait la moitié de la queue ou l’oreille de son chat pour l’empêcher d’aller au sabbat. On lui attribue le pouvoir de prédire le temps, les séismes, les tempêtes et les vents. Aussi, il fait pleuvoir quand il passe sa patte derrière l’oreille. Cependant, il fut longtemps la victime idéale des sacrifices et seuls les chats porteurs d’une tâche blanche, la marque de l’ange, pouvaient échapper aux feux de la Saint-Jean. On prétendait que les os du chat, celui de la tête ou celui du tibia, avaient la propriété de rendre complètement invisible quand ils étaient bouillis dans un brouet d’herbes magiques. Quelques gouttes de sang tirées de sa queue soignaient certaines maladies ou servaient à écrire des charmes pour éloigner les maléfices. Les sorciers composaient un collyre avec les yeux de chat qui permettait de voir les ombres des démons. Il existe un chat noir sorcier que l’on nomme Matagot qui ne chasse pas la souris mais enrichit son maître par une pièce d’or qu’il rapporte tous les matins. Toutefois, en échange de ses bienfaits, il exige d’être nourri avec la première bouchée de chaque plat et de boire le lait des nourrices. Maltraiter cet animal entraîne sa terrible vengeance. D’ailleurs, on dit que même mort ce chat ne l’est vraiment jamais tout à fait. Diabolisé ou sacralisé, le chat est animal domestique infidèle entièrement libre que rien ne peut retenir. Ennemi de toutes contraintes, on dit qu’il a une malice innée, un penchant pour la petite rapine et qu’il se dérobe habilement au châtiment. Pourtant, cet animal rusé, adroit, souple et voluptueux à des talents de prédateur bien utiles. Il connaît toutes les retraites des rats et des souris, les passages et les issues les plus étroites et donne, parfois, la chasse aux crapauds et aux serpents avec ruse et dextérité. Mystérieux et énigmatique, ce chasseur de rongeurs, nous délivre des nuisibles de récoltes et nous préserve des maladies. On assure que tous les chats noir on un poil blanc. Si vous trouvez ce poil dans son épaisse fourrure, votre chat noir se changera sur le champ en un merveilleux talisman !

Ci-dessus à gauche, un chat noir assistant les trois sorcières de Macbeth. Illustration d'Eugène Le Roux, 1807/1863. Gravure ancienne.fr le premier Salon virtuel permanent consacré aux estampes et gravure anciennes.

 


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31 octobre 2014

Le Chaudron, instrument antique et magique

Le chaudron était, il y a bien longtemps, un instrument de sacrifice et de divination. On prédisait les destinées et les événements futurs selon la couleur de la mixture ou de son évaporation, et parfois même, selon la coagulation du sang des pauvres victimes. Depuis, les sorcières usent de cet objet magique pour leur cuisine maléfique et leur ragoût diabolique. C’est ordinairement dans une marmite de fer, de cuivre ou de fonte posée sur trois pieds qu’elles composent un brouet nauséabond fumant à gros bouillon pour accomplir toutes sortes de malédictions. Sur un feu ardent, à la lueur des éclairs, elles agitent l’infâme liquide avec de longues cuillères de fer et mêlent des herbes magiques, des crapauds gonflés de venin, des plumes de hibou, une aile de chauve-souris, des papillons de nuit, des entrailles de loup, des cornes de démons et mille autres horreurs encore ! Pour ensorceler le redoutable breuvage, elles entonnent une noire et mystérieuse prière au son du tonnerre et tournent autour de la chaudière en invoquant Hécate, la terrible déesse de la nuit et des arts de la magie. Apparaissent alors, dans les épaisses vapeurs, des spectres terrifiants et des esprits malfaisants aux formes étranges qui rejoignent l’horrible festin. Puis, dans une course folle, les sorcières quittent leur cuisine infernale pour s’envoler dans l’horreur de la nuit qui se remplit de monstres et de mauvais génies. Chevauchant leur balai, elles se rendent au sabbat et se livrent à leurs ébats jusqu’à une heure matinale avec tous les esprits du mal !

Cuisine des sorcières - Jacques de Gheyn le jeune, 1565/1629.

 


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4 octobre 2013

La Libellule, l’Aiguille du Diable

On la nomme Demoiselle à cause de son allure délicate, de la finesse de son corps orné d’agréables couleurs et de ses grandes ailes irisées, ouvragées comme de la dentelle. La Libellule se déplace dans les airs avec une rapidité extraordinaire. Virevoltante, elle anime les eaux calmes et dormantes des étangs par ses acrobaties aériennes étonnantes. Elle parcourt les jardins, les prairies, longe les ruisseaux, danse autour des roseaux et plane au-dessus de l’onde en se nourrissant de mouches, de moustiques et d’éphémères, qu’elle attrape sans jamais ralentir son vol. Cependant, il ne faut pas oublier que c’est une grande carnassière aux inclinations meurtrières, qui mène une guerre sans merci aux autres insectes ailés. Armée d’une forte mâchoire aux dents acérées, elle fond sur ses victimes comme un oiseau de proie. On prétend que ses ailes sont tranchantes comme un couteau et que sa piqûre est mortelle. Porteuse de présages, la Libellule qui entre dans les maisons annonce une visite mais celle qui vous touche le front augure une mort prochaine. Attrapez-là et vous vous marierez dans l’année sans l’avoir cherché ! Certains l’employaient en décoction avec des feuilles d’acacias pour soigner le mal d’oreilles. La Libellule était considérée autrefois comme une proche alliée de l’araignée. Les anciens lui accordaient le pouvoir de se changer en mauvais esprit et la surnommaient Sorcière, Aiguille du Diable, Crève-œil, Flèche du Diable, Tire zyeux, Couturière ou bien encore Cheval du Diable car ce dernier chevauche une Libellule pour se rendre au sabbat. A la nuit tombée, on dit qu'elle se transforme en aiguille pour percer les oreilles, crever les yeux des humains et coudre la bouche des enfants menteurs ! Pourtant, cette chasseresse rapide et gracieuse des mares et des marais est bien utile et tout à fait inoffensive pour l’homme. Toutefois, prenez garde à ces élégantes Demoiselles aux ailes de tulle qui planent dans les airs au crépuscule !

A Dragon-fly, Two Moths, a Spider and Some Beetles, With Wild Strawberries, 17th century – Author: Jan van Kessel, senior - Ashmolean Museum, Oxford; Bequeathed by Daisy Linda Ward, 1939.

 


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15 février 2012

La Salamandre, un reptile légendaire

Esprit élémentaire du feu au pouvoir venimeux, la Salamandre habite les profondeurs de la terre près des volcans. Symbole de pureté et d'invincibilité, ce reptile légendaire se nourrit des flammes et vit plusieurs milliers d'années. La Salamandre apparaît sous la forme d’un dragon ou de petits serpents jaillissant des flammes. Pendant les nuits d’orages, on peut l'apercevoir au cœur des éclairs et de la foudre sous les traits d'une belle jeune femme. Gardienne du feu divin et animal à sang froid, la Salamandre a le pouvoir d'éteindre les brasiers sans se brûler. On prétend qu'une étoffe faite de poils de Salamandre ne peut se consumer ! Mais prenez garde car la morsure de cet animal peut tuer et sa seule présence peut empoisonner l’eau des puits et les arbres fruitiers. Crépitante de vie et de lumière, la Salamandre au regard brillant, illumine et embrase à la nuit tombée, les orages et les cheminées. Dans l'obscurité j’invoque le feu sacré, que jaillisse des cendres une flamboyante Salamandre !

 

article : Oraison des Salamandres

The Garden of Earthly Delights, central panel.
Detail Man riding a salamander (upper left), Jérôme Bosch.

 


MAGIE VERTE, les herbes et les arbres enchantés


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5 novembre 2013

Les Songes, enfants du Sommeil

Selon les poètes, on entre au pays des Songes, environné de pavots, de mandragores, de hiboux et de chauve-souris, par la porte du Sommeil. La Nuit qui nous libère de l’emprise du Jour, emplit notre repos d’une multitude de songes. Nonchalamment étendus aux côtés du Sommeil ou voltigeant dans les airs, ils nous apparaissent sous mille formes fantaisistes et légères. Morphée, le premier des songes, est le seul qui annonce la vérité. Habile à revêtir les traits et la voix des mortels, il soigne les maux et répare les forces épuisées par la fatigue. Le terrible Phobétor, quant à lui, épouvante par les formes d’animaux féroces qu’il prend et inspire la terreur tandis que Phantase, divinité trompeuse au don de se métamorphoser en tout ce qui est inanimé, est nimbé d’une foule de mensonges ailés produisant les illusions les plus étranges. Qu’ils soient vrais, prophétiques, vains, trompeurs ou plein d’horreur, les Songes qui animent le Sommeil, laissent au réveil une impression d’étrangeté et de douce torpeur !

La Vision de Tondal, 1520/1530 - Hieronymus Bosch. Museo Lázaro Galdiano. Madrid.


MAGIE VERTE, les herbes et les arbres enchantés


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5 janvier 2025

La digitale, une fleur au charme fatal

Dé de couleuvre, Chasse-loup, Gants de Notre Dame, Doigt de bergère... La digitale pourpre doit ses multiples surnoms à ses fleurs en forme de cloche allongée qui rappellent un doigt de gant ou un dé à coudre. Elle aime l'ombre légère des sous-bois et accompagne les promeneurs sur les chemins forestiers au début de l'été. Les fleurs de la digitale contiennent un poison violent nommé digitaline. Liée au cœur, cette plante à des vertus médicinales qui renforcent et accélèrent les palpitations. Autrefois, on la plantait dans les jardins pour chasser les loups et les sorcières. De ses feuilles, on extrayait une sombre teinture qui servait à peindre des croix sur le seuil des maisons pour éloigner esprits malfaisants et les démons. On dit que cette plante mystérieuse attire particulièrement les insectes et les oiseaux, mais aussi les elfes et les fées qui aiment se coiffer de ces jolies clochettes. Somptueuse empoisonneuse, la digitale à la beauté fatale, incline ses fleurs béantes et ensorcelantes!

Photo : ceciledecorniquetstudio

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Magie Verte, les herbes et les arbres enchantés

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24 juin 2013

La Saint-Jean d'été

Venue de nos ancêtres et de tous temps respectée, la fête de la Saint-Jean d’été et ses feux de joies scintillent de toutes parts dans la nuit la plus courte de l’année. C’est un jour animé où l’on danse et chante autour des bûchers. Suspendu entre printemps et été, ce moment est propice aux vœux, aux serments et aux sacrifices. Autour des feux sacrés, les âmes des trépassés viennent se réchauffer pendant que les vivants se purifient de tous leurs tourments. Les plantes cueillies lors de cette nuit remplie de mystères ont des vertus toutes particulières, des sucs et des saveurs extraordinaires. Certaines garantissent contre les éclairs, d’autres protègent des maladies et repoussent les mauvais génies. On prétend que ces herbes ramassées entre l’aube et le lever du soleil ne flétrissent jamais contrairement à celles cueillies les autres jours de l’année. Cependant, pour garder toutes les propriétés magiques des plantes, il faut accomplir cette tâche à main nue et ne jamais couper les herbes au moyen d'un couteau ou d’un ciseau. A la clarté des flambeaux, des couronnes de fleurs sont tressées que l’on porte sur le front pour éloigner les mauvais sorts et les démons. Aussi, avant le lever de l'astre du jour, il est recommandé de se rouler dans la rosée et de recueillir les gouttelettes scintillantes de mille feux dorés pour guérir de certains maux. A la fin de la cérémonie, chacun récupère un tison qu’il emporte dans sa maison et les cendres sont jetées au vent, emportant au loin tous les malheurs et désagréments. Aux alentours de minuit, on peut rencontrer la mythique fougère qui confère le don d’invisibilité en ouvrant sa fleur au milieu des esprits endiablés. Autrefois, sorciers et magiciens, enchanteurs et devins jetaient dans les bûchers les herbes récoltées, en prononçant des conjurations et quelques mystérieuses oraisons. Parfois, des animaux vivants étaient donnés en offrande aux flammes, comme les chats, les crapauds, les araignées et les serpents qui environnent le diable. Pour élaborer de puissants philtres et enchantements, cherchez un trèfle à quatre feuilles à la faveur de la nuit de la Saint-Jean et cueillez-le avec les dents !

A Midsummer Night's Dream - Gustave Doré, 1832/1883.

"Midsummer"  par la photographe Cécile Decorniquet

 


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17 mai 2020

Le Sceau de Salomon, une herbe très réputée dans l'ancienne médecine

Faux muguet, Guéritout, Herbe aux panaris, Grenouillet… Cousine du muguet, cette plante aux fleurs blanches légèrement verdâtres disposées en grappes, s’épanouit au mois de mai dans les bois humides et les lieux ombragés. Très réputée dans l’ancienne médecine, sa racine était récoltée au printemps et employée en infusion comme remède antigoutteux. En cataplasme, elle soignait les contusions les panaris, les hernies, les plaies et les abcès. On lui attribuait aussi des vertus cosmétiques qui embellissaient et rafraichissaient le teint. Cependant, les baies bleuâtres et molles provoquent des vomissements et la décoction de ses feuilles à la saveur âcre et amère cause des nausées. Cette plante tire son nom de sa racine charnue, tordue et noueuse qui, coupée transversalement, offre aux yeux des lignes où l’on croit voir l’empreinte mystérieuse du sceau de Salomon, un anneau magique qui permet de parler aux animaux et de commander les génies et les démons !

 

Photo © ceciledecorniquetstudio

 

Sceau de SalomonLe sceau de Salomon/Polygonatum multiflorum - Illustration from Deutschlands Flora in Abbildungen, by Johann Georg Sturm, (Painter: Jacob Sturm), 1796.


MAGIE VERTE, les herbes et les arbres enchantés


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21 juin 2012

L’Eté, allégorie

L'Eté 2011 © Cécile Decorniquet
L'Eté © Cécile Decorniquet Studio


L'Eté qui enrichit la terre de moissons dorées, article


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27 février 2012

Charybde et Scylla, monstres marins du détroit de Messine

Scylla était autrefois une nymphe aimable qui inspirait de tendres sentiments à une foule de soupirants. Cependant, elle préférait se retirer dans son antre et se divertir en compagnie des néréides qui la chérissaient. Glaucus simple pêcheur, déposa, un jour de prise abondante, ses poissons sur le gazon du rivage. Aussitôt à terre, les poissons s'en retournèrent promptement dans la mer. Etonné de ce prodige, il goûta quelques brins de l'herbe enchantée et se sentit subitement attiré par l’onde profonde. Son corps se couvrit alors d'algues, se dépouilla peu à peu de son essence mortelle et se dota d'une queue de poisson. Glaucus prit l’aspect d’un vieillard à l'épaisse chevelure blanche et à la barbe humide. Ce nouvel habitant des eaux fut accueillit par Poséidon qui le compta parmi les divinités de l'Océan. Un jour pourtant, Glaucus aperçut la belle Scylla près de son rocher et l'admira. Touché par une indicible passion, il lui déclara son amour. Insensible, la nymphe le méprisa et s’enfuit dans son antre. Furieux et blessé, il se rendit au palais de Circé en implorant la déesse de rendre Scylla sensible à sa tendresse. Cependant, la redoutable magicienne s’enflamma pour ce nouveau dieu de la mer et lui conseilla d’oublier Scylla, mais Glaucus resta sourd aux avances de Circé. La déesse offensée se vengea cruellement en versant un poison dans l'eau où Scylla avait coutume de se baigner. A peine la nymphe mit-elle un pied dans la mer que tous ses attraits soudain disparurent. Son corps s’arma de douze bras aux griffes acérées. Sa taille s’entoura de six têtes de chiens aux gueules béantes pourvues de dents pointues et sanguinolentes. Effrayée d'elle-même, Scylla se précipita dans la mer et se transforma en un dangereux rocher où les vagues déferlent et s’écrasent dans un bruit assourdissant. Depuis ce jour, elle devint un terrible fléau qui épouvante les dieux et les mortels et fait trembler les nautoniers les plus chevronnés. Du creux de son rocher, elle sort ses horribles têtes et avale tous les vaisseaux et matelots qui passent près d’elle ! En face du rocher de Scylla, se trouve un abîme tumultueux nommé Charybde. Cette fille de Poséidon et de Gaia, fut foudroyée et métamorphosée en gouffre par Zeus pour avoir oser dévorer quelques bœufs du troupeau d’Héraclès. On dit que dans sa soif sans cesse renaissante et son appétit sans fin, la divine Charybde engloutit l’onde noire qui s'enfonce dans son abîme tournoyant, pour la vomir dans de terribles mugissements. Ces deux monstres marins qui habitent de part et d'autre du détroit de Messine entre Sicile et Italie, évoquent les courants impétueux des marées qui s’engouffrent en tourbillons rapides entre les rochers de cet étroit passage si célèbre par ses naufrages. Les marins qui s'aventurent sur ces périlleux rivages et tentent avec effroi d’échapper au gouffre écumant de Charybde, tombent assurément dans les bras dévorants de Scylla !

 

Le proverbe Tomber de Charybde en Scylla, usité chez les anciens, signifie tomber d’un péril dans un autre.

Glaucus et Scylla - François Chauveau - 3e quart 17e siècle 


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16 janvier 2013

Les Filles de Minée changées en chauves-souris

Habiles à faire de beaux ouvrages et ardentes au travail, les Filles de Minée étaient au nombre de trois : Alcithoé, Leucippé et Arsinoé. Cependant, elles méprisaient le culte de Bacchus et osaient lui contester sa naissance immortelle. Un jour, pendant que tous les Thébains se rendaient à la fête pour rendre honneur à Bacchus, le prêtre qui présidait à la cérémonie nouvelle, leur annonça que ce dernier se vengerait sans pitié. Mais, à l’ombre de leur toit, les Minéides continuèrent à tisser sans relâche de leurs doigts agiles, refusant d’abandonner leurs travaux. Soudain, des bruits de flûtes, de tambours et de trompettes parvinrent à leurs oreilles et une odeur de myrrhe et de safran embauma toute la pièce, ce qui les étonna vivement car elles ne virent personne. Puis, tout à coup, ce qui parut incroyable, leurs trames devinrent peu à peu verdoyantes comme le lierre, leurs fuseaux s’entourèrent de pampre laissant place au thyrse et le fil prit la teinte pourpre du raisin. Tandis que le jour finissait, que la nuit étendait sur la nature son voile gris et que l’air s’emplissait d’horribles hurlements, elles virent briller de toute part des torches flamboyantes éclairant les murs d’ombres terrifiantes. Fuyant devant la lumière, les sœurs sacrilèges cherchèrent les lieux les plus secrets pour se cacher. Pendant leur fuite, leurs membres se rétrécirent et une fine membrane enveloppa leurs bras, leurs corps devinrent noirs et velus. Sans le secours d’un plumage, elles s’élevèrent vers le plafond où elles restèrent suspendues. Elles voulurent exprimer leur douleur mais leurs voix ne furent plus qu’un son aigu. Les filles rebelles de Minée autrefois si fières se changèrent en d’ignobles créatures ennemies du jour. On dit que les chauves-souris n’aiment point les forêts comme les autres oiseaux et ne volent qu’à la tombée de la nuit en fuyant la lumière qu’elles ont en horreur. Depuis, elles hantent les toits de nos maisons, le creux des vieux murs et les antres sombres et mystérieux. Pour avoir filé un jour de fête, ces filles obstinées et impies furent changées en chauves-souris !

 

Compagnes du nocturne Vesper, on les nomme aussi Vespérides. Ce dieu préside au matin, sous le nom de Lucifer ; et au soir, sous le nom de Vesper. Vespertilio est un genre de chauves-souris.

 

Article : La chauve-souris, créature de mauvais augure

Les Filles de Minée - Illustration de Jean-Baptiste Oudry

Gravure réalisée par Jacques Ménil d'après un dessin de Jean-Baptiste Oudry représentant la fable Les filles de Minée (fable 28 du livre XII). Cette gravure est parue dans l'édition complète des fables de La Fontaine, parue en quatre tomes chez l'éditeur Desaint & Saillant, rue saint Jean de Beauvais à Paris, 1755-1759.


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13 septembre 2011

Les Ménades exaltées

Dans l'empire joyeux de Dionysos, la raison se perd sous les flots de vin qui trouble les sens et engendre la folie. D'une main, ce dieu buveur, turbulent et impétueux, tient une coupe et de l'autre un thyrse, orné d'une pomme de pin, d'où il fait jaillir la vigne, le lierre et des fontaines de vin. Vêtues de peaux de tigre, les ménades, escortent le dieu des débordements les plus extravagants pendant les fêtes et les cérémonies étranges qui lui sont consacrées. Emportées par l'ivresse mystique, elles se livrent aux plaisirs libertins en s'abreuvant abondamment du nectar divin. Puis, soudain saisies de frénésie, elles vagabondent les cheveux entremêlés de pampre, les yeux égarés et la bouche écumante, en faisant retentir dans les plaines des cris de joie insensés ! Mais parfois, quand leur chevelure se dresse et s'entortille de vipères venimeuses, l'âme des ces prêtresses s’empare d'une humeur de tigresse. Au son des tambours battants, retentissent alors leurs terribles hurlements. Enhardies par une ivresse funeste et pénétrées d’une aveugle rage, elles lacèrent leurs victimes qu’elles dépècent cruellement, répandant, dans les campagnes et les champs rougies par leur crime, les restes sanglants. Dieu des extases et des mystères, Dionysos veille sur les trésors de l’automne et annonce les vendanges et le vin nouveau. Les Dionysies étaient des fêtes qui invitaient à la joie, aux festins et à l'oubli !

The Youth of Bacchus, 1884 - William-Adolphe Bouguereau.


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