Pierre des crapauds, Pierre du vertige… On prétend que les plus vieux et les plus gros crapauds possèdent dans leur tête la crapaudine, une pierre fabuleuse très convoitée par les jeteurs de sorts. Pour s'emparer de ce joyau qui guérit de tous les maux, les sorciers enveloppent l'animal, à l’exception de la tête, d’un drap rouge et l’exposent à toute l’ardeur du soleil dans un pot. Tourmenté par la chaleur et la soif, la pauvre bête expulse alors sa pierre enchantée. Toutefois, certains disent qu’elle ne se trouve pas dans la tête du crapaud mais qu’elle naît parmi les pierres et les rochers à la manière des champignons. Les anciens la mettaient au rang des pierres précieuses tant elle est rare et difficile à trouver. Très estimée, ils lui accordaient de grandes propriétés et enchâssaient la crapaudine dans des bagues pour éloigner la peste et les maladies malignes. Semblable à la couleur sombre du crapaud, on dit qu’elle est propre à résister à toutes sortes de venins. Ainsi, près du poison, elle change de couleur ! On assure qu’elle est très utile pour soigner certaines maladies, en particulier les vertiges. Broyée, mise en poudre et frottée doucement sur la peau, elle dissipe aussi les enflures causées par les morsures des bêtes venimeuses. Un secret pour éprouver une crapaudine : présentez-la devant un crapaud. Si l’animal entre en grande excitation et saute pour l’enlever, c’est un signe évident qu’elle est véritable !
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Les deux pères Capucins Aignan et Rousseau, qui élaborèrent un certains nombres de remèdes doux et bienfaisants dans le laboratoire du Louvre, inventèrent une eau merveilleuse d’un si beau vert, qui lui a fait donner le nom d’eau d’Emeraude. La formule secrète était préparée à partir du miel et d’une fermentation alcoolique composée d’herbes fraîches et odorantes et d’esprit de vin rectifié. La belle couleur verte de l’eau d’Emeraude était due à la macération des plantes fraîches qui la composait. On coupait grossièrement des Feuilles et tiges d’Angélique, des feuilles de grande Absinthe, de Calamente des montagnes, de Laurier, de Sauge, de Thym, de Menthe des jardins, de Persil et de Romarin. Puis on versait dessus les esprits de Lavande et de Romarin. Le tout macérait dans l’alcool rectifié pendant plusieurs jours dans un vase à col long et étroit appelé matras, que l’on bouchait bien. Ensuite la préparation était filtrée et bien gardée à l’abri de la lumière. On disait, autrefois, quel'eau d'Emeraude qui sentait si bon, possédait des propriétés calmantes, apaisantes et purifiantes. En friction, elle contribuait à délasser les jambes lourdes et fatiguées et elle était souveraine dans les évanouissements, les syncopes et les défaillances. On l'employait aussi avec beaucoup de succès pour les chutes, les foulures, les contusions et les plaies. Selon Madame de Sévigné, qui en faisait un grand usage, cette eau d'Emeraude si agréable, guérissait, consolait et sentait divinement bon !
Par Henri de Montbazon Rousseau, 1708.
zimzimcarillon ne recommande évidemment pas de tester ni les méthodes
ni les recettes de ce texte. A vos risques et périls !
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Certains sorciers malveillants jettent des sorts quand d’autres les lèvent. Souvent, ils réalisent l’envoûtement avec des préparations redoutables composées de plantes aux vertus maléfiques qui croissent dans les ruines et les tombeaux. Ordinairement, ces herbes sont cueillies à la faveur d’une nuit sans lune ou à la lueur des éclairs de l’orage en prononçant des paroles magiques. Pour ajouter à l’efficacité de la mixture, le tout est mêlé d’écume de crapaud, de restes d’animaux hideux et sinistres comme le corbeau, le hibou, le serpent et le loup… Puis, avec du sang de chauve-souris, le nom de leur victime est écrit sur un morceau de tissu refermé avec une aiguille diabolique qui sert à coudre le linceul des morts. Pour faire disparaître tous leurs pouvoirs, neutraliser leur magie et vous garantir de leurs noirs maléfices, portez autour du cou un petit sachet rempli de sel, jour et nuit. Pour démasquer une sorcière, jetez une noix sous sa chaise, elle ne pourra plus bouger ni se lever, ou présentez-lui un bouquet d'Aigremoine ; si les fleurs se fanent dans l'instant, vous êtes sûrement en présence d’un suppôt de Satan ! Pour les empêcher d’entrer dans votre maison, placez un balai en travers de votre porte d’entrée, les brindilles vers le haut et jetez une poignée de sel dans la cheminée. Une croix de branches de laurier garantit efficacement contre les sortilèges. Aussi, avec de la chaux, tracez une croix blanche sur votre porte pour les éloigner les mauvais esprits et les démons. Pour retourner un sort jeté par un sorcier : enfoncez trois aiguilles à tricoter dans un cœur de bœuf et faites-le cuire ainsi percé, le sorcier souffrira comme si son propre cœur cuisait, il vous suppliera de lever le sort. Contre les créatures de la nuit qui se gorgent du sang des vivants, portez un collier d’ail tressé en nombre impair de gousses. Pour repousser les monstres nocturnes qui tourmentent le sommeil des petits enfants, déposez au pied du berceau un rameau d’Aubépine ou un brin d’Angélique. On prétend que le son des cloches a la vertu de conjurer les esprits malfaisants et de déjouer les plans des sorciers qui nous tourmentent cruellement. N’oubliez pas d’accompagner le tout de quelques conjurations magiques : « Esprit de l’air, de la terre et de la mer, libérez nous de ce démon et renvoyez le en enfer! Que les sorcières dont l’âme est si noire soient privées de tous leurs pouvoirs ! Esprits malins, démons et malédictions, sortez de l’ombre et repartez dans l’autre monde, Vade retro Satanas ! Que la lumière que je porte en moi ait raison de toi, créature mortifère retourne sous terre ! Emportez leurs âmes dans le néant et dispersez tous les esprits malfaisants à travers l’espace et le temps ! Qu’il en soit ainsi ! »…
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Le 6 Octobre, "Jardin d'Automne" sera de retour au Château de la Chapelle à Châteauneuf de Gadagne. Nous travaillons activement au projet depuis plusieurs mois et beaucoup de chose se concrétise avec bonheur. Coté botanique, nous aborderons cette année, les plantes de la Bible, les Jardins de curé, les plantes maléfiques et les jardins des sortilèges...
« Que faites-vous là, ma bonne femme ? dit la Princesse. - Je file, ma belle enfant, lui répondit la vieille qui ne la connaissait pas. - Ha ! que cela est joli, reprit la Princesse, comment faites-vous ? Donnez-moi que je voie si j'en ferais bien autant. » Elle n'eut pas plus tôt pris le fuseau, que comme elle était fort vive, un peu étourdie, et que d'ailleurs l'Arrêt des Fées l'ordonnait ainsi, elle s'en perça la main, et tomba évanouie...
La belle au bois dormant est blessée d'un fuseau, instrument de la Parque Clotho qui tient le fil des destinées humaines.
La Belle au bois dormant sur le point de se piquer le doigt, un conte de Charles Perrault, illustration de Gustave Doré, 1897.
Clytie et Leucothoé étaient les filles de la belle océanide Eurynome et du roi Orchame de Babylone. La tendre Clytiedélaissée par le Soleil qui lui préféra sa sœur, n'en finissait pas de gémir et de soupirer le regard tourné vers le ciel. Se voyant ainsi abandonnée et trahie, elle alla le cœur empli de fureur se plaindre à son père et dénoncer sa sœur. Apprenant le déshonneur de sa fille, ce roi cruel et sans pitié fit enterrer toute vive Leucothoé, la recouvrant d’un sable lourd, pesant sur son corps élancé. Ainsi ensevelie, elle trouva la force de lever les bras vers le ciel pour implorer le Soleil de la ramener à la vie. Le dieu de lumière tenta par la chaleur de ses rayons de réchauffer le corps glacé de son amante figé sous le poids de la terre, en vain. Ne pouvant la soustraire à ce terrible châtiment, il versa un nectar doux et parfumé sur le sable et changea l'infortunée Leucothoé en arbre qui porte l'encens, un arbre élégant à la floraison blanche subtilement odorante. Accablé de douleur, le Soleil reprit sa course dans le ciel, abandonnant Clytie à sa peine. Enveloppée d'un voile de tristesse, la pauvre nymphe resta neuf jours et neuf nuits à verser des larmes. Lentement, son corps s'enracina, ses membres délicats se changèrent en feuilles et son doux visage mouillé de larmes devint une fleur aux reflets d'or qui suit chaque jour la lumière qu'elle adore. On assure aujourd'hui encore, que les tournesolsplantés près des arbres qui portent l'encens, font mourir ces derniers et dépérissent eux-mêmes peu de temps après !
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Diplômée de l'École Les Gobelins Paris et nominée cette année pour le Renaissance Photography Prize 2012, la photographe Cécile Decorniquet fait partie de la jeune génération de portraitistes français. Elle s'exprime dans cette interview sur sa passion pour la peinture, et sur sa vision du portrait contemporain.PHOTOGRAPHIE.COM
PHOTOGRAPHIE.COM : Vous avez décidé très tôt de consacrer votre travail au portrait. Pourquoi avez-vous fait ce choix et quelles sont les thématiques qui vous intéressent particulièrement ?
J'ai choisi le portrait… car le visage ne ment pas, alors que le corps peut mentir. Ce qui m’intéresse est l’intériorité de la personne que je photographie. Un laisser-aller, une perte de conscience de l’image que l’on projette aux autres. C’est cet abandon que je recherche chez mes modèles et cela se passe du côté du visage, du regard...
Elles président aux arts, à l’éloquence et à la poésie, chantent les merveilles de la nature et réjouissent la cour céleste par la douceur de leurs mélodies. Elles célèbrent les louanges des dieux et les exploits des héros. On peint les Muses, jeunes, belles et modestes, agréablement vêtues et couronnées de fleurs. Elles se plaisent dans la solitude des lieux élevés. Leurs demeures favorites sont le Parnasse, le mont Hélicon et le Pinde. Dans ces lieux, environnés de palmiers et de lauriers, elles puisent l’enthousiasme et le génie dans le frémissement des sources et des fontaines aux eaux argentées qui leur sont consacrées. Apollon, dieu de la lyre, préside à leur assemblée, l’Amour et les Grâces habitent à leurs côtés. On prétend que le cheval ailé Pégase leur servait de monture. Ce coursier merveilleux fit jaillir d’un seul coup de sabot l’Hippocrène une source limpide où les poètes, dit-on, viennent chercher l’inspiration. Cependant, quiconque se hasardait à les défier dans leur art était sévèrement puni. C’est ainsi que les Sirènes furent toutes dépouillées de leur beau plumage par les Muses pour avoir osé témérairement leur disputer le prix du chant. Privées du don de voler, elles se réfugièrent dans la houle ténébreuse, non loin des écueils de Charybde et Scylla. Les orgueilleuses Piérides, neuf sœurs fières de leur nombre et de leurs talents, osèrent se comparer aux Muses et les défier au prix du chant. Vaincues, elles s’emportèrent en invectives contre leurs rivales. Les dieux les changèrent aussitôt en Pies. Sous cette forme nouvelle elles gardèrent leur incessant bavardage et leur vanité. Les anciens croyaient vivement à l’origine divine des élans d’inspirations poétiques et vouaient à ces divinités, si célèbres chez les poètes, un culte particulier. On les invoquait au début et à la fin de chaque chant. Aussi, des sacrifices leur étaient offerts dans plusieurs endroits de la Grèce, qui consistaient en libations d’eau, de miel et de lait. Ces filles de Zeus et de Mnémosyne, déesse de la Mémoire, étaient surnommées aussi Mnémosynides. On compte ordinairement neuf Muses :
Uranie la savante, est la muse de l’astronomie et de l’astrologie. Le front ceint d’un diadème au croissant argenté, elle est vêtue d’une robe d’azur parsemée d’étoiles brillantes. On lui donne un compas et un globe qu’elle semble mesurer, des instruments de mathématiques sont épars à ses pieds. Elle est assistée des Ouranies, les nymphes célestes.
Dans son rapide essor, Uranie à nos yeux,
Dévoile la nature et le secret des dieux.*
Calliope est la muse de l’éloquence et de la poésie héroïque. Le front ceint d’une couronne d’or, d’une main elle tient une trompette et de l’autre un poème épique. A ses pieds on peut voir l’Iliade, l’Odyssée et l’Enéide. Calliope est la mère d’Orphée, poète et musicien qui subjuguait les plus insensibles et les choses inanimées par ses poésies et sa lyre enchantée. Les bêtes sauvages suivaient ses mélopées envoûtantes, les fleuves arrêtaient leur cours pour l’écouter et les Dryades quittaient leurs arbres qui, eux-mêmes, se penchaient pour entendre l’ivresse des accords qui sortaient de son instrument.
Calliope accordant sa lyre avec sa voix,
Eternise en ses vers d’héroïques exploits.
Clio, couronnée de lauriers, préside à l’Histoire. Elle tient dans ses mains une trompette et un livre. Elle tient parfois le plectre et le luth. Elle conserve le souvenir des actions des héros et des grands hommes.
Des empires divers, Clio chante la gloire ;
des rois, des conquérants elle assure la mémoire.
Thalie préside à la comédie à l’épigramme et à la joie. Couronnée de lierre elle a l’air folâtre. Chaussée de brodequins, elle tient un casque à la main. Quelquefois un singe se tient à ses côtés, symbole de l’imitation satirique.
D’un spectacle agréable employant l’artifice,
Thalie en badinant, sait démasquer le vice.
Melpomène préside à la tragédie, elle chante des vers héroïques. Superbement vêtue, et chaussée de cothurnes, elle apparaît l’air sérieux tenant dans une main des sceptres et des couronnes et de l’autre des poignards.
Melpomène avec pompes étalant ses douleurs, Nous charme en nous forçant de répandre des pleurs.
Erato préside aux poésies légères, aux chansons amoureuses et à l’élégie. Près d’elle se tient l’Amour avec une torche allumée. Couronnée de myrtes et de roses, elle tient dans sa main une lyre et de l’autre un archet.
Erato des amours célèbre les conquêtes, Se couronne de myrte et préside à leurs fêtes.
Euterpe préside à la musique, inventrice de tous les instruments à vents, couronnée de fleurs, elle tient dans la main une flûte. A ses pieds sont posés des partitions de musique et des objets de son art.
Euterpe a de la flûte animé les doux sons,
Aux plaisirs innocents consacré ses chansons.
Polymnie préside à la poésie lyrique, au dithyrambe et aux chansons et passait pour avoir inventé l’harmonie. Vêtue de blanc et couronnée de pierreries, la main droite comme pour imposer le silence et la gauche armée d’un sceptre.
Polymnie a du geste enseigné le langage,
Et l'art de s'exprimer des yeux et du visage.
Terpsichore vive et enjouée, préside à la danse. Couronnée de guirlandes, elle tient dans sa main une harpe ou un tambour au son duquel elle dirige ses pas en cadence.
Terpsichore excitée au bruit des instruments, Joins à des pas légers de justes mouvements. Agile, et surtout leste, elle embellit la danse,
Et se plaît d’en régler les pas et la cadence.
* Précis de mythologie grecque et romaine, contenant des quatrains par Georges Verenet, 1859.
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Pomme épineuse, Herbe aux sorciers, Endormeuse, Châtaigne puante, Chasse-taupe, Herbe aux fous, Herbe du Diable, Trompette des anges, Concombre zombi... Le Datura stramoine qui affectionne les terres incultes et ensoleillées, est orné de larges feuilles à l'odeur nauséabonde et de fleurs blanches ou violacées en forme de trompette qui ne s'ouvrent qu’à la nuit tombée. Cette plante possède des fruits hérissés de piquants nommés « Pommes du Diable », renfermant de nombreuses graines toxiques que l'on dispersait autour des maisons pour se protéger des envoûtements et des démons. Les propriétés hallucinogènes du Datura stramoine étaient employées au moyen-âge pour calmer la folie et soigner la mélancolie. Sorciers, enchanteurs et magiciens préparaient des philtres et des breuvages magiques aux extraits de cette herbe maléfique pour rejoindre le sabbat. En infusion ou en fumigation, le Datura plonge dans un sommeil profond proche de la mort, mais entrouvre, dit-on, les portes de la perception !
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Grande éclaire, herbe aux hirondelles, herbe aux verrues, herbe à la jaunisse, herbe aux poireaux, herbe de Saint-claire, arondelière... Cette plante à l’odeur désagréable et aux fleurs jaunes disposées en grappe, pousse dans les vieux murs, les friches et les décombres. Jadis, la chélidoine était employée pour ses diverses propriétés médicinales, en particulier pour ses vertus à soigner les yeux. Quelques gouttes du suc orangé contenu dans sa tige versées dans un collyre, ont le pouvoir d'aiguiser la vue. En infusion, mélangée avec de l'hydromel et du miel, elle soigne la jaunisse entre autres maladies du foie. Les alchimistes du moyen-âge usaient de la chélidoine dans l’élaboration de la Pierrephilosophale pour changer le plomb en or et en extraire un élixir de vie éternelle. Une ancienne et jolie légende prétend que les hirondelles frottaient les yeux de leurs petits avec un brin de chélidoine, pour leur permettre de voir plus clair et de s’envoler allègrement dans les airs !
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La cérémonie de gui de chêne, qui était le plus solennel des actes de religion chez les druides, se faisait la sixième nuit du solstice d’hiver au commencement de chaque année. Vêtu de blanc et couronné de feuilles de chêne, un druide montait sur l’arbre désigné par la faveur des dieux et coupait le gui divin avec une serpe d’or. Tout en prophétisant, les autres druides recueillaient le gui sacré dans un drap blanc sans qu’il ne touche jamais terre pour qu’il conserve toutes ses vertus. On prétendait que ce végétal apportait fécondité, chassait les malédictions et purifiait les âmes. Il était aussi un remède à tous les maux et un antidote pour les poisons les plus redoutables. Jadis, le gui de chêne se vendait, disait-on, au poids de l'or. Mais ce qui est remarquable, c'est qu'on ne trouve que rarement le gui sur le chêne. Cette rareté faisait que cette plante était, autrefois, en profonde vénération et qu’on lui attribuait des pouvoirs extraordinaires pour la guérison des maladies, qui donnait lieu aux grandes cérémonies druidiques. Aujourd’hui, le gui, qui a perdu de son antique renommée, est tombé en désuétude et n’est plus guère employé. Cependant, cette plante parasite qui enlace les arbres mais dédaigne la terre, enorgueillit les arbres de son éclatante verdure et de ses fruits quand le rude hiver attriste toute la nature. Le gui reste un grand mystère mais il fait partie descharmes de l’hiver!
La Druidesse par Alexandre Cabanel, 1868.
"The Chief Druid" from "Mona Antiqua Restaurata", 1723.
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Fille de la fée Prussine et d’un roi d’Albanie, Mélusine fut condamnée par sa mère, pour une faute ancienne, à se métamorphoser en serpent dans la partie inférieure de son corps un certain jour de la semaine, et d’être fée jusqu’au jugement dernier. Cette malédiction ne pouvait être levée que si elle trouvait un homme qui consentit à l’épouser et qui ne puisse jamais la voir sous cette forme. Dans une forêt, près de la fontaine des fées, le Chevalier Raimondin rencontra Mélusine. Sa beauté lui fit forte impression et il lui déclara son amour et sa passion. L’enchanteresse enchantée l’épousa en lui faisant promettre de ne jamais chercher à la voir le samedi du lever au coucher du soleil. Ils eurent une grande et illustre famille et c’est de Mélusine que tous les seigneurs du château de Lusignan tireront leur origine. Un jour pourtant, tourmenté par le démon de la curiosité, Raimondin oublia son serment. Il pénétra dans l’endroit secret où Mélusine prenait son bain et découvrit sa longue queue de serpent. Epouvanté devant ce prodige, Raimondin vit Mélusine qu’il aimait tant, s’élancer dans les airs et disparaitre à tout jamais sous la forme d’un serpent. La malédiction maternelle s’accomplit, Mélusine restera mi-femme, mi-serpent et fée pour l’éternité. Cependant, on assure qu’elle fait des apparitions funestes sur la plus haute tour du château de Lusignan qu’elle avait bâtit d’un coup de baguette magique. Ainsi, on entend les soupirs lugubres et les cris effroyables de Mélusine trois jours avant le trépas qui menace ses descendants. On raconte encore aujourd’hui qu’au milieu des nuits orageuses, on peut apercevoir l’ombre de Mélusine et entendre ses pleurs quand elle vient revoir son antique et belle demeure. Depuis ce temps, on attribue à cette aimable fée la production des orages et des nuées. Quand le vent souffle en tempête la nuit, c’est Mélusine qui pleure ses enfants !
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Parées de voiles ornés d’étoiles, les Hespérides étaient les nymphes du couchant. Filles de la vénérable déesse de la Nuit, elles habitaient un jardin ravissant au milieu des brûlantes contrées de l’extrême Occident. Gardiennes terrestres unies aux divinités célestes, les Hespérides furent désignées par Héra pour veiller, avec le dragon ladon, sur l'arbre aux pommes d'or qu’elle avait reçu en présent de Gaïa le jour de ses noces avec Zeus. Ces fruits ardemment convoités, étaient sous la bonne garde du gigantesque reptile pourvu de cent têtes d’où sortaient d’horribles sifflements. Son corps enlaçait farouchement l’arbre sacré ployant sous les précieux trésors sans cesse renaissants. On dit que ces pommes aux reflets d’or possédaient des vertus surprenantes. Ainsi, la rapide et légère chasseresse Atalante, impossible à battre à la course, fut vaincue par Hippomène qui laissa tomber dans l'arène les trois pommes d’or qu’Aphrodite lui avait données. Curieuse, la jeune fille s'arrêta pour les ramasser et fut devancée à l'arrivée. C'est aussi avec l'un de ces fruits venus du jardin des Hespérides que la Discorde brouilla les déesses Héra, Aphrodite et Athéna, en jetant une pomme d’or dans la joyeuse assemblée des noces de Thétis et Pélée.Douées de métamorphoses soudaines et extraordinaires, les Hespérides aux voix admirables, accompagnées d’un cygne blanc, font retentir dans leur divin jardin les plus doux chants !
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Canape, Filasse, Herbe de Manille, Chanvrisse, Cannebisse… Cette plante très odorante, aux pouvoirs narcotiques et aux vapeurs enivrantes est connue depuis l’antiquité. Originaire de Perse et transportée en Europe, son usage est renommé pour la confection des cordages. Apéritive, résolutive et adoucissante, elle est utile pour la jaunisse et calme la toux quand on la fait bouillir dans du lait. Ses semences sont une nourriture excellente très recherchée par les oiseaux. Employée en fumigation par les sorciers ou mêlée dans les onguents, elle permet à ces derniers de préparer de puissants philtres et enchantements, de parler aux esprits et se rendre au sabbat. Mélangée à d’autres herbes dont ils ont le secret, elle sert à prédire l’avenir et à réunir en un instant les esprits élémentaires. Des breuvages enivrants sont préparés avec les feuilles et les sommités fleuries macérées. Mais prenez garde, car l’abus de cette boisson rend hébété ! Ainsi, la graine de chanvre mêlée aux aliments remplit la tête de fumée et provoque des étourdissements. Si on en mange trop, elle excite le délire et dérange le cerveau. Cependant, le Chanvre a le pouvoir de dissiper la colère et de faire oublier le chagrin. On prétend que les anciens récoltaient cette herbe en chantant, pour que les filandières ne s’endorment pas en la filant !
Cannabis sativa (modified). Prof. Dr. Otto Wilhelm Thomé Flora von Deutschland, Österreich und der Schweiz 1885, Gera, Germany.
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Inule des campagnes, Belle Hélène, Œil-de-cheval, Panacée de Chiron, Lionne, Plante aux escarres, Astre de chien, Plante aux infirmières, Herbe de Saint Roch... Née des larmes versées par la belle Hélène, fille de Zeus enlevée par Pâris, l’Aunée croît naturellement dans les lieux frais et ombragés et les bois humides. On la cultive aussi dans les jardins pour la beauté de ses fleurs et l’ornement des parterres. Dans l’ancienne médecine et dans les officines, on faisait un grand usage de sa racine charnue à la saveur amère, appelée Inula campana, qui exhale une forte odeur aromatique. Précieuses et incontestables, ses vertus médicinales étaient préconisées, autrefois, dans de nombreuses maladies. Ordonnée fraîche ou sèche, on la réduisait en poudre dans les décoctions, les infusions d’eau ou de vin, les onguents et les lotions pour ses propriétés stimulantes, apéritives, diurétiques et ses vertus bienfaisantes dans les affections du poumon et de l’estomac. Cependant, certains lui conféraient des qualités surnaturelles. Cueillie la veille de l’Assomption pendant sa fleuraison et mêlée à la verveine, on l’employait dans les rites de protection pour se garantir de la foudre et de la grêle, éloigner la peste, le choléra et préserver le bétail des maladies et des maléfices du Diable. Réduite en poudre et brûlée sur des charbons ardents, l’Aunée dégage des vapeurs entêtantes qui stimulent l'esprit et favorisent les rêves prémonitoires. Pilez l’Aunée avec la Rue, il en sortira un jus au pouvoir de guérir les rompus !
Les anglophones la nomment : Elecampane, Elfdock, Horse-heal, Marchalan…
Inula helenium (modified), plate 572 in: Otto Wilhelm Thomé: Flora von Deutschland, Österreich u.d. Schweiz, Gera (1885).
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Bois de la Sainte-Baume, Ifreteau, Bois de doigt, Smilax de jardin, Bois d'Espagne... Cet arbre au feuillage vert sombre orné de fruits rouges vifs, habite les bois humides et les forêts des montagnes. Son bois souple et imputrescible recouvert d’une écorce d'un rouge vineux, est très apprécié des ébénistes, des sculpteurs et des luthiers. On le dit excellent pour la fabrication des arcs et des flèches. Hautement toxique pour les hommes et les animaux, l’If est lié aux rites funéraires. Selon le mythe, cet arbre hante les rives ténébreuses du Styx, fleuve aux eaux noires et glacées qui entoure neuf fois par ses méandres les Enfers. Nos ancêtres plantaient des Ifs près des cimetières pour empêcher les bêtes sauvages de déterrer les morts. On disait de cet arbre funeste et de mauvais augure, qu’il ne fallait jamais s’endormir sous son ombre délétère au risque de ne jamais se réveiller. Essence d'immortalité et d'éternité, l’If veille sur l’âme des défunts et défie la mort par sa longévité !
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La chevelure flottant au gré du doux Zéphyr, Daphné arpentait les forêts, méprisant les hommes et leurs désirs. Apollon, rempli d’orgueil de sa victoire sur le terrible serpent Python, rencontra sur son chemin Cupidon armé de son arc et se moqua de son pouvoir et de son empire. Mais la gloire d’Apollon est bien inférieure à celle de Cupidon, car dans son carquois se trouve des traits cruels qui repoussent l’amour tandis que d'autres, en or, troublent l’esprit et la raison. Pour se venger de cet outrage, l'Amour lança du haut de son nuage dans le cœur d'Apollon un trait doré et Daphné reçut dans l’âme un trait de plomb. Ne pouvant modérer ses ardeurs en voyant la belle naïade, Apollon se lança à sa poursuite. Insensible, Daphné l'évita en prenant la fuite. Cependant, la nymphe épuisée par cette course insensée, implora son père, dieu du fleuve Pénée, de la sauver. Soudain, les pieds de la naïade s’enracinèrent, son corps s'engourdit d'une écorce légère, ses bras tendu vers le ciel devinrent de tendres rameaux et ses longs cheveux se changèrent en un feuillage au vert éternel qui ne fane jamais. Apollon détacha alors une branche qu’il tressa en souvenir de son premier amour et consacra le laurier à la gloire des plus fameux guerriers et le réserva aussi, aux talents et aux génies. On prétend que cet arbre fait voir en songe la vérité. Depuis, les devins mâchent les feuilles du laurier avant de prophétiser !
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Cyprès d’Italie, Cyprès toujours vert, Cyprès des cimetières… Cet arbre à la forme pyramidale qui aime naturellement les montagnes peut atteindre des dimensions phénoménales et traverser les siècles. Son bois parfumé, réputé imputrescible, exhale une bonne odeur d’encens qui apaise le chagrin. Consacré à Hadès, Perséphone et Hécate, il guide l'âme des défunts vers le repos éternel et veille sur les morts. Selon la légende, le Cyprès était autrefois un jeune garçon appelé Cyparisse chéri des dieux et des hommes, qu’Apollon aimait tendrement. Cet adolescent d’une grande beauté tua par mégarde le cerf*auquel il était fort attaché. Il exprima son amère douleur et ses regrets dévorants en priant les dieux de rendre sa peine perpétuelle et ses larmes éternelles. Apollon affligé de la perte de son ami, le changea en un Cyprès qui devint l’emblème du deuil, de la mort et de la mélancolie. Depuis, cet arbre funeste qui élance ses tristes rameaux vers le ciel est l’ornement des bûchers, des ombres et de nos tombes !
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Joli-bois, Lierre des poètes, Bourreau des arbres, Guérit-tout, Dame des bois, Herbe de Bacchus... Le Lierre aux tiges rampantes et grimpantes et aux racines munies de crampons, pousse sur les haies, les murs et les buissons. En automne, ses fleurs jaunes au nectar abondant sont visitées par une multitude d’insectes butinant. Après la floraison, des baies noires très toxiques poussent sur la plante, qui nourrissent tout l'hiver les oiseaux et les petits mammifères. Le Lierre qui peut vivre jusqu’à mille ans est un symbole d’éternité par sa longévité et d’amour étouffant par son développement envahissant. Autrefois ses usages médicinaux étaient nombreux. Aujourd’hui ses vertus sont employées en cosmétique et dans la composition de sirops pour la toux. Il y a bien longtemps, Bacchus, dieu des extases, de l'ivresse, du vin et des débordements sans fin, apparaissait avec son turbulent et joyeux cortège en tenant dans sa main un thyrse orné de Lierre, de pampre et d'une pomme de pin !
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Nés du doux vent Zéphyr et de la harpie Podarge aux pieds rapides, Xanthe et Balios furent enfantés dans une verte prairie, près d’un fleuve aux eaux célestes, en Arcadie. Ces deux chevaux immortels et éloquents furent offerts par Poséidon aux brillantes noces de Thétis et Pélée. Par la suite, ils devinrent les montures du célèbre Achille pendant la longue et terrible guerre de Troie. Xanthe et Balios étaient doués de la parole et du don de prophétie. Ils prédirent à leur maître le funeste destin qui l'attendait en lui annonçant, d'une voix humaine que la déesse Héra leur prêta, sa mort prochaine. Automédon, le fameux cocher d'Achille, avait pour mission d'atteler et de conduire d'une main habile les coursiers à la bouche écumante sur le char du valeureux guerrier. Piaffant et hennissant, ils s'élançaient avec fougue dans la bataille emportant l'intrépide héros impatient de combattre. Mais les jours d'Achille étaient comptés et les prédictions de Xanthe et Balios s'accomplirent. Accablés, les vaillants chevaux que ni la mort ni la vieillesse ne guettaient, pleurèrent longtemps la perte de leur maître si brave et si jeune. Inconsolables et indignés par la mort de leur courageux cavalier, ils frappèrent de rage le sol de leurs sabots et déclarèrent qu'ils ne souhaitaient plus vivre parmi les mortels. En voyant les larmes et l'immense chagrin des chevaux divins, Zeus pris de compassion, transporta les deux nobles bêtes aux Champs Elysées, là où les héros goûtent un repos bien mérité !
Automédon ramenant les coursiers d'Achille des bords du Scamandre par Henri Regnault, 1868, musée d'Orsay.
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Enclin à la malice, le renard passe pour un animal espiègle, flatteur et fourbe, jouant de très mauvais tours aux animaux et aux humains. Il vit ordinairement à la lisière des forêts et dans les bois, non loin des habitations de l’homme. Habile, il creuse avec art sa tanière pour abriter ses petits et se cacher de ses ennemis. Terreur du lapin et du lièvre, il fait entendre des glapissements d’épouvante pour les obliger à fuir. Il mène une guerre sans merci aux petits rongeurs, dévore les reptiles, guette les perdreaux dans les champs de blés et déniche les lapereaux et les levreaux dans leur terrier. Parfois, il se promène le long des ruisseaux pour y trouver des grenouilles. Friand de raisin, il se régale aussi d’œufs, de fruits et de miel. Pendant la nuit, il dévaste les basses-cours en tuant sur son passage toutes les volailles qu’il trouve pour les emporter une par une et les cacher. Quand la faim le tourmente, le renard a une infinité de ruses pour attraper ses proies. On le dit capable de simuler la mort en se roulant dans la terre rouge pour paraître tout ensanglanté et de se coucher sur le dos en retenant son souffle, les yeux révulsés et la langue pendante pour dévorer les oiseaux qui s’approchent de lui sans méfiance. On prétend aussi qu’il se sert de sa queue pour faire une ligne et pêcher les poissons ! Jadis, on lui prêtait des qualités surnaturelles et la capacité de changer de forme. Il était vu par certains comme la réincarnation du Diable. Le renard est moins fort que le loup mais bien plus astucieux, c’est le plus rusé de tous les animaux. Méfiant, il se joue de tous les pièges et a plus de mille finesses pour les éviter. Le renard, que l’on nommait autrefois goupil*, a inspiré de nombreux auteurs depuis l’antiquité qui l’ont représenté dans les contes et les fables. Qu’il soit malfaisant, plein d’esprit, d’habileté ou de perfidie, « Renart*, le goupil » et ses ruses extraordinaires sont un véritable enchantement !
* Le renard était appelé goupil jusqu'à la fin du XIXè. Il faut savoir que « renard » est une déformation orthographique du mot « Renart », un nom propre donné à un goupil particulièrement rusé dans Le roman de Renart. Le nom goupil disparut laissant place à « Renart » qui s'orthographia « Renard » et passa dans le langage courant.
Detail of a miniature of a fox, which lures in its prey by playing dead;
folio 26v. Late 1200s.
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Cet oiseau se distingue par la couleur de son bec, le tour de ses yeux cerclés d’un beau jaune d’or et sa robe d’un noir profond nullement altéré par des reflets, comme celle de la corneille ou du corbeau. Le Merle aime la solitude et habite de préférence les bois sombres et épais plantés d’arbres toujours verts, comme le genévrier et le sapin. Toutefois, l’hiver on l’aperçoit souvent dans nos jardins. C’est un oiseau qui chante fort bien et même quand tous les autres oiseaux se taisent, il fait retentir dans les airs un sifflement éclatant bien avant les beaux jours du printemps. Capable de retenir les chants qu’on lui apprend et d’imiter les sons de différents instruments, il sait contrefaire la voix de l’homme et des animaux. Il se nourrit de baies, d’insectes, de vers et des fruits du sorbier dont il est particulièrement friand. Difficile à approcher, le Merle est un oiseau fin et rusé qui découvre les chasseurs de très loin, grâce à sa vue perçante. On dit que la chair des jeunes Merles est bonne à manger quand ils sont engraissés de raisins au temps des vendanges. L’huile où l’on fait cuire ces oiseaux est recommandée pour la sciatique et leur fiente dissoute dans du vinaigre fait disparaître les rousseurs du visage et les tâches de la peau ! Pour faire avouer tous ses méfaits à une personne endormie, mettez le cœur d’un Merle sous son oreiller. Dans la mythologie celtique ce volatile est lié à la magie et à l’Autre Monde. Aussi, Merlin l’Enchanteur aime se transformer en cet animal pour voyager dans le passé et l’avenir. On raconte qu’il existe un Merle blanc gardé dans une grotte par deux terribles dragons ; cet oiseau merveilleux plus léger que l’air a le pouvoir de rajeunir celui qui s’en empare. Mais prenez garde car le diable se montre parfois sous la forme d’un Merle. Cependant, on prétend que cet oiseau plus noir que le corbeau ne vit pas très longtemps parce qu’il a pour coutume de dormir cul au vent !
Blackbird by Johann Daniel Meyer, miniature Mahler in Nuremberg; Volume 2; Nuremberg, 1752. (image modified)
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Instrument antique destiné aux rituels, le balai était employé par les prêtresses pour nettoyer les lieux sacrés de toutes impuretés. Depuis, il est la monture favorite des sorcières pour voyager dans les airs. Le manche est ordinairement en bois de frêne, la brosse est faite de brindilles de bouleau ou de bruyère, le tout est lié par une longue tige de saule. Mais parfois, les sorcières usent d’essences variées comme le noisetier, l’aubépine, le sureau, le sorbier, le genêt ou le prunellier. Cependant, le balai est incapable de voler s’il n’est pas enduit de l’onguent magique de vol dont elles ont le secret. Pendant les nuits de pleinelune, elles mélangent dans un brouet nauséabond, la jusquiame, l’aconit, la belladone, la mandragore, le datura, la ciguë, la morelle noire, le nénuphar et d’autres horreurs encore qu’il est interdit de révéler. Dans cette marmite remplie d’herbes maléfiques, elles préparent le baume diabolique en prononçant à travers d’inquiétantes vapeurs, des paroles magiques. Quand le balai est bien graissé et frotté, il se met en mouvement et transporte les sorcières jusqu’au sabbat. A califourchon sur leur bâton, elles ordonnent alors du haut des sombres nuages : « Bâton blanc, bâton noir, mène-moi là où tu dois, de par le diable ! ». Puis, emportées par une rafale de vent, elles crient : « Ici et là ! Ici et là ! ». On prétend que seul le tintement des cloches d’églises a le pouvoir d’arrêter les balais volants en les clouant au sol dans l’instant. Symbole du voyage nocturne, le balai est aussi un objet de protection. Pour empêcher les sorcières et les démons d’entrer dans votre maison, placez votre balai en travers de la porte, les brindilles vers le haut, sans oublier de jeter une poignée de sel dans la cheminée !
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Les Lubins (ou Lupins) sont des animaux fantastiques qui, la nuit, se tiennent debout le long des murs et hurlent à la lune. Ils sont très peureux, et si quelqu'un vient à passer, il s'enfuient en criant : Robert est mort, Robert est mort !
Lithographie des "Légendes rustiques" de George Sand, 1858, Paris, bibliothèque des Arts décoratifs.
Illustration de Maurice Sand
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Espinasse, Jonc marin, Grand Ajonc, Sainfoin d’hiver, Bois-jonc... L'Ajonc est un arbuste épineux qui recouvre et illumine les broussailles et la lande de ses petites fleurs d’un jaune doré, fleurissant toute l’année. Cette plante que l’on nomme « lumière de la terre », symbolise l’équilibre entre le jour et la nuit et le passage incertain de la clarté vers les ténèbres. Les terres recouvertes d'Ajonc sont des lieux inquiétants où fourmillent, sous les rayons de lune, des bataillons d’esprits malicieux et turbulents. korrigans, fées, elfes, lutins et farfadets errent et se bousculent en horde joyeuse sur les landes embrumées. Jadis, pour empêcher ces génies sautillants et tapageurs de s’introduire dans les maisons, portes et fenêtres étaient calfeutrées de tiges d’Ajonc et une haie de ces buissons hérissés de piquants était dressée autour des habitations. Pour vous délivrer des sorcières et de leur cortège de démons, agitez au-dessus de votre tête des bouquets épineux d'Ajonc !
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